09 juillet 2021 - 16:23 |

La Malaisie sous la pression des Etats-Unis pour le travail forcé

Les Etats-Unis accentuent la pression sur le travail forcé en Malaisie, notamment dans l’industrie de la fabrication des gants en caoutchouc et le secteur de l’huile de palme. Le dernier rapport annuel du département d'État américain sur la traite des personnes ("Trafficking in Persons”), publié le 2 juillet,  a rétrogradé la Malaisie au niveau trois pour ne pas avoir respecté les normes minimales pour l'élimination de la traite et ne pas entreprendre des efforts importants pour le faire. La Malaisie rejoint plus d'une douzaine d'autres pays dont la Chine, la Russie et la Corée du Nord.

La Malaisie figurait depuis trois ans sur une liste de surveillance. Les Etats-Unis avaient déjà pris des mesures l’année dernière pour interdire les importations des produits du premier fabricant mondial de gant en caoutchouc, Top Glove, ainsi que ceux des géants des plantations de palmiers à huile FGV Holdings Berhad et Sime Darby en raison d’allégations de travail forcé.

Le rapport américain considère que la Malaisie continue de confondre traite des êtres humains et trafic de migrants, ce qui a entravé les efforts d'application de la loi contre la traite et d'identification des victimes Il estime aussi que la Malaisie n’a pas traité de manière adéquate ou poursuivi pénalement les allégations crédibles de trafic de main-d'œuvre, notamment dans l'industrie de la fabrication du caoutchouc et le secteur de l'huile de palme.

Le gouvernement malaisien a rapidement réagit et affirmé qu’il s’engageait à prendre des mesures pour éliminer le travail forcé.  Le ministre des Ressources humaines, Murugan Saravanan, a déclaré que le gouvernement prenait le déclassement au sérieux et avait intensifié ses efforts pour lutter contre la traite des êtres humains, notamment en augmentant les poursuites contre les entreprises impliquées dans le travail forcé. Il a ajouté que le gouvernement étudiera les coûts imposés par les agences de recrutement pour s'assurer qu'il n'y a pas de frais cachés qui pourraient conduire à l'exploitation des travailleurs et à la servitude pour dettes. Pour améliorer le bien-être des travailleurs, les employeurs devront désormais payer la sécurité sociale pour toutes les aides domestiques. Il a également précisé que pour lutter contre le travail forcé, le gouvernement avait mis en place depuis le mois de mai une application mobile Working for Workers pour permettre aux travailleurs étrangers de porter plainte directement auprès des bureaux du travail. Jusqu'à présent, 4 636 plaintes ont été déposées, dont 3 502 ont fait l'objet d'une enquête et des mesures ont été prises.

En outre, des travaux sont menés conjointement  avec  l’Organisation internationale du travail (OIT)  pour élaborer un plan d'action visant à résoudre le problème du travail forcé et du travail des enfants d'ici le quatrième trimestre de cette année.

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