09 décembre 2009 - 21:59 |

Paris espère convaincre l'Egypte de revoir critères d'importation sur le blé

Le nouveau système pénalise les exportations françaises selon FranceAgriMer


(09/12/09) Les acteurs de la filière française céréalière comptent rencontrer prochainement l’acheteur principal de blé de l’Egypte, le Gasc, pour le convaincre de revoir le dernier durcissement en date de son cahier des charges, à savoir le chargement de la marchandise dans un seul port.
”Nous avons un travail de fond à faire pour éviter que le cahier des charges (égyptien) mette la France hors jeu”, a indiqué le 9 décembre Christian Vanier, directeur des filières de FranceAgriMer lors d’une conférence de presse.
Le Gasc, acheteur princpal du premier importateur mondial de blé, l’Egypte, a durci ces derniers mois son cahier des charges pour l’achat de blé à la suite d’une série de livraisons défectueuses de blé russe notamment au printemps dernier.
Les dernière exigences en date concernent l’agréage de la marchandise qui doit désormais avoir lieu au port d’embarquement ainsi que celle de ne plus charger que des bateaux de 60 000 tonnes dans un seul port.
En France deux ports seulement répondent à cette dernière exigence, le port de Dunkerque dans le Nord et celui de la Pallice sur la côte Atlantique. Cela exclut le premier port d’exportation français, Rouen, en raison de son faible tirant d’eau.
Mobiliser de grosses quantités de blé à Dunkerque est plus difficile qu’à Rouen situé au coeur du “grenier à blé français” et des expéditions au départ de la Pallice coûtent historiquement plus cher.
”Nous comprenons leur besoin de sécurité (des égyptiens). Mais la question est de savoir en quoi le chargement dans un seul port est une sécurité”, a indiqué Patrice Germain, directeur de la division internationale de FranceAgriMer.
Patrice Germain a précisé que la concertation impliquait tous les acteurs de la filière, du syndicat des exportateurs (Synacomex) à France export céréales (FEC) et FranceAgriMer. ”L’exigence d’un chargement dans un seul port est pénalisant pour le blé français”, a-t-il noté.
Pour les responsables de l’Office, les craintes des égyptiens portent principalement sur le manque éventuel d’homogénéité des lots embarqués si les chargements ont lieu dans deux ports.
”Il veulent la traçabilité des marchandises embarquées. C’est à nous de construire un dialogue pour les amener à une vision plus large du cahier des charges”, a ajouté Christian Vanier en estimant que la venue sur place d’inspecteurs égyptiens serait déjà “une occasion d’établir de meilleures relations”.
L’Egypte s’est déjà procurée 3,5 millions de tonnes de blé russe, américain, français, canadien et allemand depuis le début de l’année fiscale le 1er juillet.
Depuis les derniers durcissements du cahier des charges, la Russie est devenue leader avec 43% des parts de marché soit un volume de près de 1,5 million de tonnes contre 1,2 million pour la France.
Fin novembre et début décembre, l’Allemagne a vendu un volume inhabituel de 115 000 tonnes de blé au Caire à la faveur d’un resserrement de la prime qualitative du blé allemand par rapport au blé français en raison de la faiblesse de la demande internationale pour le blé de haute qualité.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +