11 mars 2008 - 22:53 |

La production africaine de caoutchouc va exploser d'ici 2 à 3 ans

Le kilo de latex à FCFA 380 contre 150 il y a deux ans

(11/03/08)

« Dans 2 à 3 ans, la production africaine de caoutchouc va exploser », prévoit Yves Roland qui se déclare « planteur d’hévéa à titre privé » en Côte d’Ivoire. Il est aussi producteur de coton, impliqué dans le riz et le sucre, chargé des activités agro-industrielles du groupe Aga Khan en Côte d’Ivoire et président du conseil d’administration de la Banque Atlantique.
La flambée des cours ces dernières années s’est répercutée sur les planteurs qui ont résolument misé sur cette production en Côte d’Ivoire, numéro un africain. Pas tant les 5 grosses sociétés d’hévéas qui ont 3 000 à 4 000 ha, que les petits producteurs qui disposent chacun de 5 à 10 ha, poursuit-il. Ce sont ces derniers qui, à 70%, vont faire doubler la production ivoirienne de caoutchouc ces prochaines années, production qui devrait atteindre 400 000 t, soit le double des volumes actuels. Car aujourd’hui, le kilo de latex se vend FCFA 380 contre 150 francs il y a deux ans. Rien d’étonnant que les planteurs se soient engouffrés dans la filière.
« Ce sont surtout les plantations villageoises qui se sont fortement développées sous l’effet mécanique de l’augmentation des cours. Les charges n’ont pas tellement augmenté à ce niveau là et le planteur d’hévéa s’est trouvé avec un prix multiplié pratiquement par deux et demi. En outre, c’est une spéculation qui n’est pas annuelle : chaque mois, elle procure un revenu », explique M. Roland.
Au Sicom, le marché à terme de Singapour, le kilo de caoutchouc se traite à 285 cents contre 122 en mars 2005. « A ce niveau de prix, l’incidence du dollar n’est pas catastrophique », remarque l’opérateur.
Le caoutchouc africain n’est quasiment jamais évoqué lorsqu’on parle du marché mondial car elle ne représente qu’à peine 5% de la production mondiale. Toutefois, la quasi totalité (95%) est exportée, à l’état brut pour l’essentiel. Un caoutchouc de très bonne qualité. La qualité ivoirienne est aujourd’hui exportée partout à travers le monde, en Europe pour environ 40% des volumes totaux mais aussi et de plus en plus en Chine. Toutefois, le prix élevé du fret lamine la compétitivité du caoutchouc africain sur ces marchés distants d’Asie.

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