12 octobre 2021 - 16:55 |

Chute de 22% des exportations de bananes d’Afrique en 2020

Les exportations mondiales de bananes, à l'exclusion de la banane plantain, sont demeurées stables en 2020, aux niveaux records atteints en 2019 soit quelque 21,5 millions de tonnes (Mt). Ceci « suggère que les chaines d’approvisionnement de la banane étaient beaucoup plus résilientes en 2020 que ce à quoi l’on s’attendait au démarrage de la crise de la Covid-19, notamment en termes de volumes mondiaux agrégés d’exportation », selon le rapport Banana Market Review publié par le groupe intergouvernemental sur la banane et les fruits tropicaux de la FAO. A noter que cette stabilité des exportations mondiales rompt avec l'expansion rapide du commerce mondial de la banane observée entre 2017 et 2019.

Le chiffre global d’exportation en 2020 occulte, comme souvent, des différences régionales. D’une part, la FAO a noté la hausse de 3,7% à 16,5 Mt des expéditions d'Amérique latine et des Caraïbes tirées par l’Equateur dont les ventes ont grimpé de 5,6% pour atteindre un record de 7 Mt. Ses exportations vers les Etats-Unis ont bondi de 22% ! Les exportations du Costa Roca ont augmenté de 8,6% à 2,4 Mt et celles de Colombie de 7,3% à 2 Mt suite à sa maitrise de la maladie du fusarium wilt (TR4). Quant aux Caraïbes, leurs exportations ont augmenté de 4,4% à 420 000 t dont 95% proviennent de la République dominicaine (410 000 t), 75% de ses bananes exportées étant bio.

Face à cela, le reste du monde n’a pas la banane ! Les exportations d’Asie ont chuté de 11,7% à 4,4 Mt. Rappelons que 90% de ses exportations asiatiques proviennent des Philippines qui ont été très impactées par les maladies du bananier aggravées par les restrictions de mouvements liées à la pandémie.

Quant à l’Afrique, la chute de ses ventes de bananes à l’international est brutale, de l’ordre 21,8% à 630 000 t. « La Covid-19 a induit des difficultés dans la production, la récolte et le transport des bananes, ce qui a résulté dans des coûts plus élevés et une capacité réduite à concurrencer des bananes moins chères venant d’Amérique latine

En effet, si on prend la Côte d’Ivoire, le leader africain à l’export de bananes et dont 50 à 60% des bananes sont à destination du marché français. Or, en 2020, ses expéditions, toutes destinations confondues, auraient chuté de 24,4% pour tomber en-dessous des 330 000 t, non seulement à cause de la Covid-19 mais aussi parce que le prix de sa banane a grimpé de 7,4% en 2020, à $ 820 la tonne. Ceci était 23% plus chère en moyenne que sa rivale de Colombie, selon la FAO.  On a donc assisté à une envolée de 360% en 2020 des commandes françaises de bananes de Colombie, pour atteindre 50 000 t et, par effet de balancier, les livraisons de bananes de Côte d’Ivoire vers la France ont baissé de 14% à 210 000 t.

Il en a été de même pour le Cameroun, deuxième exportateur continental. Ses exportations de bananes vers le Royaume uni ont chuté de 37% à 23 000 t, la tonne étant importée au prix de $ 920. Rappelons, s’agissant du Royaume uni, que la Côte d’Ivoire a signé en novembre 2020 un accord de partenariat économique avec Londres, consacrant le commerce à taux zéro sur les bananes.

Côté importations, quelle a été la situation en 2020 ? Les volumes nets ont été stables par rapport à 2019, à 19,8 Mt, rompant donc avec la tendance haussière des années précédentes. A noter que cette année encore, la FAO s’étonne de l’écart entre les chiffres d’exportation (21,5 Mt) et les chiffres d’importation nettes (19,8 Mt), cet écart de 1,7-1,8 Mt représentant tout de même 8% des exportations globales, ce qui est supérieur au taux habituel de 2 à 5% d’écart lié au « rétrécissement » des fruits et aux pertes lors du transport.

Les achats européens ont grimpé de 4,8% (+4% pour la France et +7% en Italie) atteignant un nouveau pic de 5,2 Mt, notamment à cause de la baisse de 6% de la production européenne de bananes. L’UE confirme donc sa place de premier marché mondial de la banane avec une part de marché de 26%. En outre, ses achats de banane bio grimpent en flèche essentiellement de République dominicaine qui s’en est faite une spécialité. Ainsi, les importations allemandes de banane bio de République dominicaine ont bondi de 30% l’année dernière et de 20% en Belgique.

Cette forte demande européenne a provoqué une hausse des prix qui ont été en moyenne sur l’année de $ 897 la tonne, soit 2,4% plus cher qu’en 2019. Ils ont même atteint un pic en décembre 2020, à $ 920, mais avait visité un bas à $ 861 en juillet en raison de la concurrence des fruits européens de saison.

Quant aux Etats-Unis, leurs achats de bananes sont demeurés stables, à 4,1 Mt au prix moyen de $ 1 220 la tonne, soit 20% de plus que la moyenne des prix sur 10 ans ; rappelons que 40% des bananes aux Etats-Unis proviennent du Guatemala.

S’agissant de la Chine, 3ème importateur mondial, ses achats (essentiellement des Philippines) ont régressé de 10%, à 1,8 Mt, à cause des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement.

Les importations russes sont demeurées stables à 1,5 Mt, essentiellement d’Equateur, tandis que les achats du Japon ont progressé de 2,2% à 1,1 Mt, majoritairement des Philippines.

 

 

Pays: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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