14 avril 2008 - 10:38 |

Le rendez-vous Matières du jeudi

(10/04/08)

Avant la réunion du G7 de ce week-end à Washington, plusieurs institutions internationales se sont inquiétées de la flambée des prix des matières premières et de sa conséquence sur les pays les plus pauvres. Ainsi, la Banque mondiale, dans un document préparé à l’attention des pays du G7, estime que l’inflation dans le secteur agroalimentaire n’est pas un phénomène temporaire et, d’ici 2015, les cours de la plupart des matières premières devraient rester supérieurs à ceux de 2004. Les prix des denrées alimentaires devraient rester élevés en 2008 et 2009 pour décroître ensuite du fait de l’adaptation de la demande à cette augmentation, estime l’institution. Le président Robert Zoellick estime que « la communauté internationale doit faire corps, non seulement pour apporter immédiatement son soutien, mais afin d’aider les Etats à identifier les initiatives et les politiques pour réduire les conséquences sur les plus vulnérables ». Une première réponse est d’accroître l’aide financière au plus nécessiteux. Elle suggère également la baisse des taxes sur les matières premières alimentaires.

CACAO Le contrat de juillet à Londres s’est hissé à un plus haut de deux semaine le 9 avril à £1 394 la tonne soutenu par les fonds. Les ventes d’origine sont plus faibles, dans un marché tendu avec une demande robuste et une offre limitée.
Sur le premier trimestre 2008, le broyage des fèves en Allemagne s’est élevé à 102 122 tonnes, en hausse de 16,2% par rapport au 1er trimestre 2007, selon la BSDI. Selon les traders, la hausse devrait se poursuivre au second trimestre en raison des ventes soutenues de chocolat et d’un niveau élevé des exportations allemandes de produits semi-finis de cacao.
Au Nigeria, la non signature avec l’Europe des Accords de Partenariat Economique (APE), devraient nuire aux transformateurs nigérians de cacao. «Le refus du Nigeria de signer les APE nous met dans une position désavantageuse car nous ne pouvons être compétitifs avec les exportateurs de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Cameroun, pays qui ne paient pas de taxes à l’exportation » affirme Felix Oladunjoye, secrétaire général du Cocoa Processors Association of Nigeria (COPAN) dans une interview accordé à Reuters. Ainsi, les usines de transformation de cacao fabriquant du beurre, de la liqueur ou de la poudre, sont depuis janvier 2008 frappées par des taxes allant de 4,2% à 6,4%. Les broyeurs locaux perdent ainsi un minimum de $ 400 000 par mois. Un situation fragile qui devrait s’aggraver pouvant conduire, selon la COPAN, à la fermeture de la plupart des unités d’ici à deux ans.
Le Nigeria a une capacité de transformation d’environ 100 000 tonnes de cacao par an, mais la plupart des 8 unités de transformation en activité fonctionne à moins 40% de leur capacité.
Selon une estimation de Reuters, la campagne intermédiaire de cacao en Côte d’Ivoire (avril-septembre) devrait s’élever à 320 625 tonnes. En 2006/07, elle avait été de 250 000 tonnes.

CAFE : « le marché est très nerveux » souligne un courtier. A New York, le contrat mai Arabica clôturait le 9 avril à $ 1365 la livre en hausse de 3,30 cents. A Londres, le contrat juillet Robusta gagnait $55 à $ 2 298 la tonnes. Au Kenyan sur le Nairobi Coffee Echange, les prix se sont aussi appréciés face à un déclin de l’offre et suivant les mouvements sur le marché de New York. Le prix moyen a été cette semaine de $181,29 le sac de 50 kilos contre $172,70 la semaine dernière.
La principale région de production de café au Vietnam, Daklak, a révisé à la baisse sa production de café en 2007/08 à 325 000 tonnes, en baisse de 25% par rapport à la précédente campagne.
Au Brésil, les exportations de café vert s’établissent à 2,02 millions de sacs de 60 kilos en mars, en baisse de 6,5% par rapport à mars 2007.
En Indonésie, les exportations de café pourraient croître de 8% à 325 000 tonnes cette année avec l’appréciation des cours, selon l’Indonesia Coffee Exporters Association. La production devrait demeurer inchangée à 450 000 tonnes, obligeant l’Indonésie à importer 10% de plus de café à environ 200 000 tonnes pour faire face à ses besoins domestiques.

COTON Les cours du coton continuent d’ignorer les fondamentaux. Le 9 avril à New York, le contrat mai a grimpé de 1,91 cents à 73,52 cents la livre, la nouvelle récolte de décembre s’établissant à 84,53 cents, en hausse de 1,86 cents.. Le marché a fait peu de cas du rapport mensuel de l’USDA, la hausse s’appuyant sur la faiblesse du dollar, et le mouvement haussier sur les autres marchés comme les métaux, les grains et le pétrole. Pourtant le rapport aurait du donné une orientation baissière avec des prévisions de croissance tant de la production américaine de coton 2007/08 à 19,40 millions de balles que des stocks mondiaux à 59,64 millions de balles.
Le gouvernement indien envisage de réduire les taxes sur les importations de coton de 10 à 5% afin de soutenir l’industrie textile qui a vu ses marges se réduire avec la hausse des cours du coton et l’appréciation de la rupee, selon le jouranl indien The Economic Times. Les importations en provenance des pays les plus pauvres d’Afrique rentrent en Inde en franchise de droits de douane.

THE L’amélioration de la qualité du thé burundais a permis une hausse en valeur des exportations. Elles progressent de 21% à $ 2,27 millions sur le premier trimestre 2008, selon le Tea Board (OTB). En volume, elles s’établissent à 1 042 817 kilos. Au premier trimestre 2007, le Burundi avait gagné $ 1,87 million pour 1 234 394 kilos vendus. Le thé burundais a gagné en compétitivité sur le marché grâce notamment à la modernisation de 3 de ses 5 usines. Selon le l’OTB, le prix moyen de vente entre janvier et mars 20087 s’est élevé à $2,18 le kilo contre $1,52 en 2007. Les évènements postélectoraux au Kenya ont aussi contribué à l’amélioration des prix du thé burundais.
Au Kenya où les ventes se sont repliées sur le marché aux enchères de au 1er trimestre 2008, totalisant 68,49 millions de kilos contre 93,77 en 200, selon des statistiques de Africa Tea Brokers. Plus spécifiquement, pour l’origine Kenya le repli, surtout consécutif aux violences politiques, est significatif avec 51,56 millions de kilos de janvier à mars 2008 vendus contre 71,86 millions en 2007.
En Inde, les exportations de thé sur les deux premiers mois de 2008 ont chuté de 12,4% à 27,21 millions de kilos par rapport à 2007 en raison d’une demande plus faible en provenance du Pakistan et de l’Irak et d’une hausse de la consommation domestique.

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