15 février 2017 - 10:30 |
à Madrid

Espagne: le port de Las Palmas veut se positionner comme plateforme d’exportation de fruits et légumes vers l’Afrique

L’Autorité portuaire du port de Las Palmas (APLP), situé dans l’archipel des Canaries, a signé, le 9 février dernier, un « accord-cadre d’intention » avec l’Association brésilienne des producteurs et exportateurs de fruits et de dérivés (ABRAFRUTAS), en vue de réaliser une étude de faisabilité sur l’utilisation du port comme hub de distribution de fruits brésiliens vers l’Europe et l’Afrique.

La Fondation Ports de las Palmas, qui dépend de l’APLP, est en charge du  projet. Selon l’APLP, l’étude de faisabilité devrait être finalisée « avant l’été ».  

En fait, cette initiative est envisagée depuis un an et s’inscrit dans la stratégie de l’APLP qui vise à positionner le port de Las Palmas comme centre de stockage et de redistribution de produits agroalimentaires sud-américains vers le continent africain. Le président de l’APLP, Luis Ibarra, s’est rendu au cours des derniers mois en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. Une nouvelle visite a lieu actuellement en Argentine.

Un pari sur la connectivité des Canaries

Ce projet de « hub agroalimentaire » n’a pas dépassé pour l’instant le stade des discussions. Les pays d’Amérique du sud visités sont des exportateurs importants de produits agroalimentaires. Ils regardent de plus en plus vers l’Afrique subsaharienne.  Les déficits de certaines productions agricoles africaines et l’importante poussée démographique attendue d’ici 2050 incitent les gouvernements et les professionnels sud-américains à s’intéresser à ce continent.

Les Canariens veulent se positionner comme support logistique privilégié des Sud-Américains, en valorisant leurs atouts et leur expérience. Situé à une centaine de kilomètres de la côte du Maroc, le port de Las Palmas, considère qu’il a une carte à jouer. Selon les statistiques publiées par l’Organisme public des ports espagnols (OPPE), le port a traité 0,8 million de tonnes de fruits et de légumes en 2016, ce qui le place au 3e rang en Espagne pour ce type de trafics.
Le port canarien table surtout sur sa connectivité. Deux compagnies maritimes jouent un rôle clé. Boluda Lines dispose de deux lignes régulières : l’une vers Nouadhibou et l’autre vers Nouakchott, Dakar et Praia. MSC, qui a  son propre terminal de conteneurs à Las Palmas,  assure une desserte des principaux ports d’Afrique de l’ouest. Au total, le port offre 35 connexions maritimes avec les ports de cette zone et 71 avec l’ensemble du continent africain.


Coopération avec l’Afrique

Le port tente aussi de valoriser d’autres éléments. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a installé à Las Palmas l’une de ses quatre bases logistiques dans le monde. En 2015, 100 000 tonnes d’aliments ont été envoyés au titre de l’aide alimentaire, soit en vrac, soit en sacs, vers les pays africains. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dispose également d’un centre logistique (tentes de campagnes, kits, etc.).

L’APLP mène également une politique active de coopération avec les autorités portuaires africaines par le biais de la Fondation Ports de Las Palmas. Celle-ci a contribué à la création de la section régionale Canaries-Afrique de l’Ouest de l’ICHCA (International Cargo Handling Co-ordination Association), l’association internationale de la manutention portuaire. Par ailleurs, la Fondation réalise une activité intense de formation. La Fondation assure la formation  chaque année d’entre 250 et 300 cadres portuaires africains.

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