15 avril 2014 - 09:04 |

Le marché du blé au Nigeria en pleine mutation

Le manioc parviendra-t-il à détrôner le blé?

(15/04/2014)

Face à une consommation annuelle de blé de 3,8 millions de tonnes (Mt), le Nigeria ne produit que 70 000 t, selon les prévisions pour 2013/14. Une formidable opportunité de marché que ne manque pas de souligner le Département américain de l’agriculture (USDA) dans une note du Poste de Lagos du 4 avril.

La culture du blé se situe dans la ceinture céréalière du nord du pays, dans les Etats de Bornu, Yobe, Jigawa, Kano, Zamfara, Katsina, Adamawa, Sokoto et Kebbi. Mais la pluviométrie irrégulière nécessitant de recourir à l’irrigation, les maladies et la concurrence d’autres cultures ont provoqué une baisse de production.

Si la production se voit ainsi affectée, la consommation baisse également, de l’ordre de 5% cette année. La filière demeure tout de même très prometteuse, souligne l’USDA, qui entrevoit à partir de 2014/15 une hausse régulière de la consommation. En effet, les volumes de production nationale et des pays voisins de produits concurrençant le blé n’augmentent pas aussi rapidement que la population, ce qui est compensée par des importations de blé. Celles-ci augmentent régulièrement, passant de 4,1 Mt en 2012/13, à 4,2 Mt la campagne suivante et seraient de 4,3 Mt en 2014/15, dont 3 Mt sont venues des Etats-Unis ces deux dernières années.

La bonne santé de la filière est illustrée par la hausse des capacités nationales de meunerie, qui est passée de 6,6 Mt en 2011/12 à 8 Mt la campane suivante. Flour Mills of Nigeria (FMN) demeure le n°1 en terme de capacité, mais d’autres comme Dangote, Honeywell et BUA se taillent de sparts croissantes de marché. La concurrence est vive avec une prolifération de boulangeries, de toutes tailles, et indépendantes.

En effet, les modes de consommation changent vite au Nigeria avec une classe moyenne qui, de plus en plus, mange du pain au petit déjeuner, note l’USDA. Les fast food prolifèrent avec leur offre de viennoiseries très demandées ce qui contribue au dynamisme de la demande en blé: le nombre de fast food a augmenté de 10% en 2013.

Autre produit en forte demande, dans le cadre d’une forte transformation des modèles de consommation: les pâtes. Leurs importations sont interdites par le gouvernement et ce segment industriel s’est bien développé, notamment depuis l’annulation de l’interdiction d’importer de l’huile végétale, un ingrédient clé dans la fabrication de nouilles instantanées.

Le gouvernement nigérian a relevé considérablement les droits d’importation du blé en 2012 qui sont passés de 5 à 20%. En outre, cette même année, il a mis en œuvre sa politique à l’égard des meuniers afin qu’ils intègrent peu à peu de plus en plus de manioc dans leur mélange avec le blé: de 10% à 40% d’ici 2015. Mais les meuniers ont des difficultés à mettre au point un mix que les consommateurs apprécient, ce qui fait grimper le prix de la farine de blé, selon l’USDA.

Cette hausse de taxe en 2012 a fait baisser la part des Etats-Unis dans les importations de blé de 85 à 75%, les meuniers nigérians cherchant un approvisionnement moins cher que le blé américain.

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