16 juin 2021 - 15:55 |

Banque mondiale-Nigeria : revoir le taux de change sinon rien !

Si le Nigeria veut que la Banque mondiale se penche sur sa demande de prêt de $ 1,5 milliard, il faut qu’Abuja créé un système de gestion de ses devises plus clair et prévisible.

« Nous reconnaissons les efforts pour reformer les taux de change mais cela n’est qu’une partie du problème », a souligné hier Shubbam Chaudhuri, directeur pays de la Banque mondiale. Ainsi, pour la Banque, la politique de taux de change est devenue la condition n°1 pour aider le Nigeria.

En effet, depuis le contre-choc pétrolier de 2014-2016, le pays fonctionne avec plusieurs taux de change car le gouvernement ne voulait pas dévaluer la monnaie, symbole de faiblesse. Or, récemment, la Banque centrale du Nigeria a opté pour un affaiblissement graduel du taux officiel du naira, laissant penser qu’elle tendait vers une convergence avec le système de fixation autonome du taux de change nigérian, le Nafex (Nigerian Autonomous Foreign Exchange Rate Fixing).

Dans une note du 14 avril, BNP Paribas avait expliqué la situation. « Le ministre des Finances a récemment déclaré que le gouvernement allait utiliser le taux Nafex (cours de référence sur le marché), ce qui impliquerait une dévaluation du taux officiel de 7,5%. L’annonce a été démentie par le gouverneur de la Banque centrale mais la pression monte. L’unification des taux de change demeure en effet une des conditions pour débloquer l’assistance financière et donc alléger les tensions sur la liquidité extérieure générées par la chute des exportations pétrolières. Les réserves de change sont restées stables à USD 35 milliards en 2020 mais au prix d’un rationnement considérable des allocations en devises au secteur privé. En outre, la balance courante devrait rester déficitaire en 2021 malgré la remontée des cours du pétrole. Un ajustement significatif du cours de la monnaie sera également nécessaire pour corriger les déséquilibres extérieurs. L’écart entre les taux officiel et parallèle avoisine encore 30% en dépit de deux dévaluations en 2020. »

Ceci expliquerait que la croissance économique du Nigeria, bien qu’en hausse, demeure inférieure à la moyenne africaine. Ainsi, la Banque prévoit cette croissance à 1,9% cette année et 2,1% en 2022 alors que celle en Afrique sub-saharienne est attendue à 3,4% et 4% respectivement.

Rappelons que le taux de change du Nigeria et ses réserves en devises impactent considérablement le commerce des produits agricoles et agro-industriels, conduisant même à la fermeture des frontières ces dernières années (lire nos informations en septembre 2019 : Fermeture des frontières au Nigeria : quelles conséquences ?)

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