17 août 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les évènements en Egypte font grimper les matières
premières

(16/08/2013)

Les marchés des matières premières ont accusé un revirement jeudi, s’inscrivant à la hausse sur fond de violences en Egypte qui font toujours craindre des répercussions sur le canal de Suez, et de baisse du dollar. Car si les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont plutôt favorables actuellement ce qui devrait entrainer une hausse de la demande en matières premières, il semblerait que la Réserve fédérale maintiennent les taux d’intérêt bas afin, précisément, de ne pas casser cette relance. Des taux d’intérêts bas signifient un manque d’attractivité du dollar et donc une faiblesse du billet vert. Or, la plupart des matières premières étant cotées en dollars, l’affaiblissement de ce dernier est très intéressant pour tout investisseur sur les commodités. L’indice Thomson Reuters-Jefferies CRB, panier de 19 matières premières, a donc grimpé, retrouvant ses niveaux du 3 avril.

CACAO. Les conditions météorologiques très sèches en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, continuent à soutenir le prix du cacao. Il a déjà gagné 6% à Londres depuis le début du mois et 8% à New York. Mais la situation n’est pas suffisamment alarmante pour faire réellement décoller les prix.
Cette semaine, le ratio qui permet de calculer le prix du beurre de cacao a grimpé cette semaine à son plus haut en 5 ans et ce, malgré une hausse des prix de la fève à Londres. En effet, les confiseurs ont accru leur demande pour des livraisons à court terme et, parallèlement, des broyeurs ont refusé de vendre du beurre si, parallèlement, de la poudre ne leur était pas acheté. Ainsi, le ratio a atteint 2,35 à 2,4 à Londres.
Rappelons que les broyages en Asie ont augmenté de 2% durant le deuxième trimestre par rapport à la même période en 2012, à 153 792 t, selon l’Association asiatique du cacao. Mais le marché de la poudre est très mou, ne parvenant pas à sortir son prix de la fourchette $ 2000-2500 la tonne.

CAFE. La faiblesse de la monnaie brésilienne, le real, qui est tombé à son plus bas depuis mars 2009, a pesé sur les cours du café cette semaine car on s’attend à ce que les opérateurs brésiliens se portent à la vente pour bénéficier du taux de change dollar/real. Ce facteur s’ajoute à la perspective d’une récolte brésilienne pléthorique et à l’évanouissement des craintes de gelées.

COTON. La hausse des prix de nombreuses matières premières en cette fin de semaine, conjuguée à des investissements spéculatifs sur le coton et la crainte que l’offre en fibre blanche aux Etats-Unis soit restreinte, ont entrainé son prix à la hausse. Jeudi, il a touché son plus haut en près de 5 mois. Lundi, le département américain de l’Agriculture (USDA) a révisé à la baisse ses prévisions de production aux Etats-Unis car les rendements dans les régions les plus importantes seraient plus faibles qu’anticipés.
Ses 7 dernières sessions de marché, le prix de la fibre a gagné 7% à New York. Toutefois, les analystes et observateurs sont très partagés quant aux perspectives. Certes, à fin juillet 2014, le monde devrait enregistrer des niveaux record de ses stocks. Mais 60% devraient être en Chine, soit inaccessibles au reste du monde. Rappelons que Pékin a démarré en 2011 une politique gouvernementale de stockage, payant ses cotonculteurs au-delà du cours mondial afin de les soutenir. Aussi les industries textiles chinoises étaient très incitées à acheter sur le marché mondial du coton meilleur marché. Maintenant, avec la reprise des cours mondiaux, l’intérêt est moindre, souligne une étude de Commerzbank.
La Chine a importé 338 000 t de coton en juillet, soit une baisse de 16,6% par rapport à juillet 2012, selon la Commission nationale du développement et de la réforme. Sur les 7 premiers mois de l’année, les importations chinoises ont totalisé 2,75 millions de tonnes, en chute de 20,5% par rapport à la période janvier-juillet 2012.

HUILE DE PALME. Sur les marchés asiatiques, le prix de l’huile de palme a gagné 4,4%, son gain le plus fort depuis début février, réagissant au dynamisme des volumes exportés par la Malaisie. Du 1er au 15 août, ses exportations ont fait un bond de 17,7%, à 644 589 t, par rapport à la même période l’année dernière, selon la société de surveillance maritime Intertek Testing Services. La progression aurait même atteint 18,7% selon la SGS.
Cette hausse serait liée à une forte demande en biocarburants car les cours du pétrole continuent à être très fermes sur fond de violences au Proche-Orient, notamment en Egypte. A noter que la Malaisie a décidé de maintenir sa taxe à l’exportation d’huile brute à 4,5% pour le mois de septembre, soit un niveau inchangé depuis mars.

SUCRE. Si les cours du sucre roux se sont tout d’abord inscrits à la hausse sur 5 journées consécutives de cotation, atteignant 17,29 cents la livre à New York par craintes de gelées au Brésil, ils sont retombés suite notamment à l’affaiblissement du real, la monnaie brésilienne.
La Chine a importé 500 000 t de sucre en juillet, enregistrant un bond de 25,6% par rapport à juillet 2012, selon la Commission nationale du développement et de la réforme. Mais les importations sur les 7 premiers mois de l’année ont totalisé 1,77 million de tonnes, en baisse de 4,1% sur la même période en 2012.

THE. Le prix moyen aux ventes aux enchères hebdomadaires de Mombasa, au Kenya, a atteint $ 4,06 le kilo contre $ 3,58 la semaine précédente, selon Africa Tea Brokers (ATB). Les Best BP1 se sont vendus à $ 3,80-4,32 le kilo contre $ 3,12-4,04 et les Brighter Pekoe Fanning Ones (PF1s) ont oscillé dans une fourchette allant de $ 3,80-4,32 contre $ 3,12-4,04. Sur les 119 955 paquets mis en vente, 20,3% n’ont pas trouvé preneurs contre 124 032 paquets la semaine dernière et 15,3% invendus. Les acheteurs égyptiens ont été particulièrement actifs, ainsi que du Kazakhstan et de Russie.

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