18 mai 2022 - 15:28 |

Chronique Énergies renouvelables & Agriculture en Afrique de l'Ouest au 18 mai 2022

Rapport, forums, formation, investissements, conventions, tirent conjointement la sonnette d'alarme : l'urgence climatique est bel et bien là et une des solutions incontournables sont les énergeis renouvelables. L'Afrique de l'ouest a une carte maitresse à jouer et avec elle ses secteurs rural et agricole.

OMM  AFRIQUE  BÉNIN  CÔTE D'IVOIRE  GUINÉE TOGO

 

RAPPORT SUR L'ETAT DU CLIMAT MONDIAL

Face à l’évidence de l’impact dramatique du dérèglement climatique, il faut « de toute urgence » mettre en place des solutions fondées sur la transformation des systèmes énergétiques afin de sortir de « l’impasse» des combustibles fossiles, prévient aujourd’hui l’Organisation météorologique mondiale (OMM) en publiant son Rapport sur l'état du climat mondial. Il est publié aux veilles de la réunion annuelle du Forum économique modnial 2022 qui se tiendra du 22 au  26 mai à Davos et  sera l’un des documents officiels lors des négociations des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendront en Égypte cette année dans le cadre de la COP27.

Le rapport confirme que les sept dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Quatre indicateurs clés du changement climatique – la concentration des gaz à effet de serre, l’élévation du niveau de la mer, le réchauffement et l’acidification des océans – ont établi de nouveaux records en 2021. En 2020 les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records. En 2021, la température annuelle moyenne mondiale a dépassé d’environ 1,11 °C (±0,13) la moyenne préindustrielle de la période 1850-1900. Le réchauffement océanique bat des records en 2021 jusqu’à une profondeur de 2 000 mètres. Les océans absorbent environ 23 % des émissions atmosphériques annuelles de CO2 d’origine anthropique ce qui entraîne leur acidification des océans et menace la sécurité alimentaire et la protection du littoral. Le niveau moyen de la mer à l’échelle du globe a atteint un nouveau record en 2021, après avoir augmenté en moyenne de 4,5 mm par an au cours de la période comprise entre 2013 et 2021. En moyenne, les glaciers de référence de la planète ont perdu 33,5 mètres d’épaisseur (équivalent glace) depuis 1950, 76 % de cette fonte ayant eu lieu depuis 1980. L’année 2021 a été particulièrement draconienne pour les glaciers du Canada et du nord-ouest des États-Unis, avec une perte de masse glaciaire record due aux vagues de chaleur et aux incendies de juin et juillet. Sans parler des vagues de chaleur exceptionnelles, des inondations, des sécheresses. Les aléas hydrométéorologiques ont continué à provoquer des déplacements internes de populations et de l’insécurité.

Et les dix pays les plus touchés par les décès liés à la pollution sont le Niger et le Burkina Faso, aux côtés du Tchad, de la République centrafricaine, des îles Salomon, de la Somalie, de l'Afrique du Sud, de la Corée du Nord, du Lesotho et de la Bulgarie.

Les répercussions des conditions météorologiques extrêmes, qui sont la traduction au quotidien du changement climatique, ont impacté la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau et les déplacements de populations qui se sont accentuées en 2022.

Critiquant « la lamentable et récurrente incapacité de l’humanité à s’attaquer au dérèglement climatique », le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a profité de la publication de ce rapport phare de l’OMM pour proposer cinq mesures essentielles pour donner un véritable élan à la transition vers les énergies renouvelables : améliorer l’accès aux technologies et aux équipements correspondants, tripler les investissements privés et publics dans ce domaine, cesser de subventionner les combustibles fossiles qui s’élèvent à environ $ 11 millions par minute.

« Les énergies renouvelables constituent la seule solution pour parvenir à une véritable sécurité énergétique, garantir la stabilité des prix de l’électricité et créer des emplois durables. Si nous agissons ensemble, la transition vers les énergies renouvelables peut constituer un facteur majeur de promotion de la paix dans le monde au XXIe siècle », a déclaré M. Guterres.

AFRIQUE

Se tient à Kigali le Forum 2022 SEforALL organisé par l’ONG Se4ALL et le gouvernement du Rwanda. Objectif ? Accélérer une transition énergétique juste et équitable en Afrique qui est très en retard. Sur 759 millions de personnes n’ayant pas accès à l’électricité dans le monde, 570 millions sont subsahariens, soit un taux d’accès de seulement 46 %, souligne le quotidien Le soir. Or, le continent regorge de ressources qu’elles soient hydroélectriques, solaires, géothermiques ou éoliennes. « Rien que le potentiel d’énergie hydraulique du continent est estimé à 350 GW (dont 100 GW en RD Congo) et pourrait générer près de 1 200 TWh par an, soit trois fois le niveau de consommation actuelle de l’Afrique subsaharienne. Pourtant, seuls 10% de ce potentiel sont exploités aujourd’hui (et seulement 2,5% en RDC) », rapporte notre confrère belge.

BÉNIN

Une douzaine d’acteurs du système financier béninois suivent à Cotonou toute cette semaine une formation des formateurs sur le financement climatique et des énergies vertes, organisée par l’agence de coopération allemande GIZ en partenariat avec The Renewables Academy (Renac), rapporte 24 heures au Bénin. Parmi les thèmes des sessions se trouvent des modules sur le process de l’apprentissage et le rôle du formateur, comment planifier une formation efficace, comment évaluer un projet d’énergie renouvelable, les notions de rentabilité des investissements ou encore les applications décentralisées à base d’énergies renouvelables.

Pour Emilienne Tingwey, project Director Academic Programmes and Professional Training, formatrice venue d’Allemagne, la formation vise à montrer aux acteurs du système financier ce qu’est que la technologie et comment les projets en énergie renouvelable vont bénéficier aux populations, rapporte notre confrère.

Sur 135 participants inscrits, 110 à 120 suivent la formation et 80 seront retenus. Ils auront alors pour mission de former d’autres formateurs ou personnes intéressées par le financement climatique et des énergies vertes.

CÔTE D’IVOIRE

Saft, une filiale du français TotalEnergies, a remporté un contrat auprès d'Eiffage Energie Systèmes pour la livraison en Côte d’Ivoire d'un système de stockage d'énergie (ESS) de 10 MW qui facilitera l'intégration au réseau de la centrale solaire photovoltaïque (PV) de Boundiali, a annoncé mercredi dernier le groupe. La centrale de 37,5 MWc (mégawatt-crête), détenue et exploitée par CI-Energies (Côte d’Ivoire Energies), serait le premier projet solaire à grande échelle de la Côte d'Ivoire. Boundiali, située dans le nord du pays, une zone semi-aride au climat chaud et très sec, compte environ 40 000 habitants.

GUINÉE

Plus de 22 entreprises membres de la Fédération nationale [marocaine] de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec) sont attendus à Conakry, du 25 au 27 mai, pour la signature de 22 conventions avec autant d’entreprises membres de l’Association des entrepreneurs en électricité de Guinée (AEEG), indique leseco.ma.

Conduite par le président de la Fenelec, le département marocain du commerce et l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), la délégation marocaine sera composée, selon notre confrère, de : Africa trading & consulting, Afrique Solution, Alliance Cei, Beltransfo, Centrelec, Console, Eco Transfo, Electri Maroc, Energy Transfo, Elexpert, Epe, Fabrilec, Groupelec, Imacab, Le Comptoir ADE, Lfg Enginering, Luminaria, Mawacable, MC Energy, Medicable, Mefelec, Megafix, Meier, Mobilinfo, Nrj International, Omelec, Renovpack, Sidoq, Sofa, Vertiv et Werkindus.

TOGO

Energy Generation (EG), une organisation fondée au Togo par la franco-congolaise Astria Fataki et spécialisée dans les solutions énergétiques et la formation des jeunes entrepreneurs et techniciens en matière d’énergies renouvelables, est présélectionné pour les Ashden Awards 2022, un prix britannique promouvant l'accès à l'énergie. Ashden est une ONG britannique dirigée par le Prince Charles.

EG est présélectionnée pour « ses cours de deux ans [qui] associent des compétences commerciales à une aide au développement de nouveaux produits d'énergie propre. », et l’accent mis sur l’accès aux femmes à ces formations, rapporte Togo First.

Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Oui

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