18 août 2012 - 09:06 |

La Chronique Matières du Jeudi

Des marchés mitigés

(18/08/2012)

Cacao. La spéculation va encore bon train autour de la prochaine mise en œuvre des réformes de la filière cacao en Côte d’Ivoire au démarrage de la prochaine campagne début octobre et les cours sur le marché mondial s‘en ressentent. Certains agitent le spectre d’un désaccord qui pourrait intervenir entre planteurs et acheteurs bord champ, ce qui, avancent certains, pourrait occasionner des retards à l’exportation. Ainsi, cette semaine, les différentiels ont grimpé.
D’autre part, le ratio du beurre de cacao a atteint ces derniers jours son plus haut niveau depuis le mois de décembre dernier, les fabricants de chocolat étant très réguliers dans leurs achats. Ce ratio a grimpé à 1,25 du prix de la fève cotée à Londres contre 1,20 il y a deux semaines ; en mai, ce ratio était tombé à son plus bas historique, à 0,80.

Café. Les marchés à terme du café ont été particulièrement actifs cette semaine, les opérateurs intervenant sur leurs positions septembre qui arrivent à échéance. Les volumes de transactions ont ainsi été importants à New York, la livre d’Arabica baissant toutefois de 8 cents durant la semaine. «_ Les fonds qui sont shorts ont pu transférer leur positon sur décembre, en prenant 3 cents de discount au passage », souligne un trader, qui poursuit : « Les industriels ont fixé à la baisse, donc ils sont contents : c’était moins bien pour les producteurs. Dans l’ensemble, les baissiers sont confortés dans leurs positions et les nouvelles de récolte (Brésil, Vietnam) sur l’année prochaine ne peuvent que les réjouir. » Sur le marché du physique, l’activité a été très faible. « _Les vendeurs sont désireux de se débarrasser de leur stocks qui ne cessent d’augmenter, y compris dans les café certifiés. _»
Contre toute attente, le marché du Robusta s’est inscrit en forte baisse ($ 130) cette semaine. « Surtout », note le trader, «
l’écart entre les positions septembre et novembre est passé de +$ 20 à -$40 suite au switch des fonds longs de septembre sur novembre. » Face à cela, à l’instar du marché de l’Arabica, il y a peu d’acheteurs et l’activité physique est très réduite. « La couverture des torréfacteurs reste faible, mais il n’y pas de problèmes pour trouver des vendeurs si nécessaire _», précise-t-il.

Céréales. Les pluies qui se sont récemment abattues sur le Midwest américain ne suffiront pas à sauver l’essentiel de la récolte de maïs et de soja, les précipitations s’étant révélées trop tardives, a déclaré Don Keeney, météorologue au MDA EarthSat Weather. Les dernières pluies faciliteront la croissance de plants de soja à maturité plus longue, le plus souvent dans le nord-ouest, mais elles sont bien trop tardives pour les plantations de maïs, a dit Don Keeney.
Le département américain de l’Agriculture (USDA) a déjà sabré ses prévisions de récoltes de maïs et de soja. La production de maïs devrait tomber cette année sous les 11 milliards de boisseaux pour la première fois en dix ans, et le rendement de boisseaux récoltés par acre est lui tombé à un plus bas de 17 ans. Quant au soja, sa production devrait être la plus faible depuis cinq ans avec un rendement aux alentours d’un plus bas de dix ans.
Selon des analystes et des spécialistes des récoltes, de nouveaux abaissements de ces prévisions ne sont pas à exclure. L’USDA livrera de nouvelles prévisions début septembre.

Coton. Le marché hésite, terminant en hausse de 1% à la clôture du marché à terme de New York mais après avoir chuté de 7% suite au dernier rapport du département américain de l’Agriculture (USDA). Un marché qui demeure très influencé par les conditions météorologiques dans les principaux pays producteurs, dont les Etats-Unis et l’Inde. Mais, font remarquer les traders, toute tendance haussière stimulée par des considérations météorologiques est mise à mal par l’existence de stocks pléthoriques.

Huile de palme. Si les cours de l’huile de palme sur le marché de Singapour se sont inscrits en hausse en fin de semaine, ils reviennent de loin, ayant touché mardi un plus bas en 10 mois. En effet, en Malaisie, les perspectives de production sont bonnes alors que les niveaux d’exportation sont léthargiques. En outre, les récentes pluies dans la ceinture céréalière américaine ont permis au marché de l’huile de palme de souffler. Autre facteur baissier, les stocks d’huile de palme en Malaisie sont à leur niveau le plus élevé depuis le mois de février dernier, à quelque 2 millions de tonnes (Mt) en juillet. Une abondance de l’offre qui pourrait cependant ne pas perdurer car le bureau météorologique d’Australie souligne qu’El Nino serait dans un phase précoce et qu’une fois développé, il pourrait affecter la production d’huile de palme.

Riz. Les prix du riz vietnamien se sont inscrits à la hausse cette semaine, la demande des exportateurs thaïlandais étant soutenue. Toutefois, la demande mondiale demeure étroite car la plupart des acheteurs sont déjà bien approvisionnés. Le thaï 100%B est demeuré inchangé à $ 580 la tonne, tandis que ses brisures 5% se maintenaient à $ 570, un prix largement supérieur aux $ 435 demandés par l’Inde ou encore le Vietnam.

Sucre. Le marché s’est ressaisi vendredi après avoir chuté à son plus bas en deux mois, mais la tendance demeure bien baissière : depuis le début du mois d’août, le sucre roux a perdu 10% de sa valeur. La raison ? Les fondamentaux. Il est vrai que la mousson en Inde a été tardive et globalement se situe à des niveaux inférieurs à la moyenne de ces dernières années. Mais les conditions s’améliorent chez le deuxième producteur mondial de canne à sucre.

Thé. Le prix moyen aux ventes aux enchères de thé à Mombassa cette semaine s’est maintenu quasiment aux mêmes niveaux que la semaine précédente, à $ 4,03 le kilo, se stabilisant après deux semaines consécutives de baisse. Les Best BP1 se sont vendus à $ 3,90-4,16 le kilo, comme la semaine précédente, et les Best PF1 touchaient les $ 3,83-4,14 le kilo contre $ 3,75-4,04. Sur les 101 742 paquets offerts à la vente, 11% sont demeurés sans preneurs contre 12,23% sur les 99 441 paquets la semaine précédente.
Selon le Tea Board of Kenya, la production pour l’ensemble de l’année baisserait de 5% cette année par rapport aux 377 000 t exportées l’année dernière.

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