18 octobre 2022 - 15:29 |

Import - Export : un quart des demandes de financement bancaire rejeté dans la Cedeao

La Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, fait beaucoup parler d’elle en Afrique de l’Ouest en ce moment.

Tout d’abord, elle annonce aujourd’hui un partenariat avec la banque suisse spécialisée dans le financement du négoce de matières premières, BIC-BRED, et une société suisse de négoce Agro Companies International afin de soutenir le financement des importations de céréales en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Ghana, entre autres pays africains.

Dans le cadre de ce partenariat, la SFI investira $ 20 millions sous forme de capital-risque dans une facilité de financement d'un montant de $ 60 millions structurée par BIC-BRED qui permettra à Agro Companies International d'acheter du blé, du maïs et des céréales destinées à l'alimentation animale auprès de fournisseurs internationaux, et d'assurer la distribution de ces produits à des acheteurs d'Afrique de l'Ouest et centrale, principalement des meuniers locaux, indique le communiqué.

Et la SFI de rappeler qu’entre 2018 et 2020, 44 % du blé importé par le continent provenait de Russie et d'Ukraine.

Une vulnérabilité par rapport à l’extérieur, certes, mais on constate un dynamisme qui découle de la hausse prodigieuse du nombre d’acteurs dans les activités d’import-export. Dans son rapport Trade Finance in West Africa, résultats d'une enquête co-réalisée avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) auprès des banques des quatre plus grandes économies de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et qui vient de paraitre, la SFI indique qu’entre 2010 et 2020, le nombre d'exportateurs a augmenté d'environ 75 % en Côte d'Ivoire et au Sénégal, tandis que le nombre d'entreprises qui importent des marchandises a au moins doublé.

Ceci dit, malgré cette explosion du nombre d’opérateurs dans l’import-export,  l’Afrique de l’Ouest demeure un acteur mineur à l’échelle des échange mondiaux de marchandises.  Les entreprises de la Cedeao sont actives sur moins de 3 % des marchés d'exportation potentiels pour leurs produits, bien en deçà de pays comme l'Afrique du Sud, qui est à environ 20 %. Les matières premières représentent plus de 70 % des exportations totales de la Cedeao et la participation aux chaînes de valeur régionales et mondiales est faible.

Des entreprises ouest-africaine de commerce international qui sont pénalisées par le coût élevé de conduire des opérations de négoce par rapport à leurs collègues dans d’autres parties du monde. Selon les calculs de la SFI et de l’OMC, le marché total du financement du commerce dans toute la Cedeao était de $ 42 milliards en 2021. Or, ceci ne vient en soutien que de 25% du commerce extérieur des quatre pays visés par l’étude, à savoir la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal, avec des disparités énormes entre pays : 41% au Ghana contre 15% au Sénégal. Dans les pays avancés, on atteint 60 à 80% ; dans le reste de l’Afrique, on est à 40%.

Dans la Cedeao, le taux de rejet de demandes de financement du commerce par les banques est de 21% en nombre de demande et de 25% en valeurs totales. Ces rejets suggèrent que l’écart non financé entre les demandes et les financements accordés atteint $ 14 milliards par an. De 45% à 67% des banques dans les quatre pays étudiés expliquent leur rejet de demande de financement du commerce par le manque de garanties collatérales et par le profil à risque élevé des demandeurs.  

L’étude démontre aussi que les organismes de financement dans la Cedeao ont moins d’activités et de réseau en termes de correspondant bancaire que dans d’autres parties de l’Afrique et du monde.

Le coût du financement y est aussi plus élevé avec un coût moyen pour une lettre de crédit qui est de 2 à 4% de la valeur de transactions par an contre 2% en moyenne dans le monde émergent.

Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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