19 février 2020 - 14:48 |

Le sucre pour lutter contre les virus, une recherche qui suscite beaucoup d’espoir

Alors que le sucre est de plus en plus contesté dans l’alimentation humaine et où de nombreuses industries agroalimentaires réduisent la teneur en sucre de leurs produits, les molécules du sucre seraient très efficaces pour lutter contre les virus. Des chercheurs de l’Université de Genève, de l'EPFL et de l’Université de Manchester sont en passe de renforcer l’arsenal thérapeutique de lutte contre les virus dont la palette est très large allant de la grippe, à Ebola en passant par le tout nouveau Coronavirus.

Si des traitement antiviraux existent, leur efficacité est néanmoins limitée et ils ne stoppent que rarement complètement la propagation d’une infection, observe l’EPFL. En modifiant des molécules de sucre, les chercheurs sont parvenus à détruire, par simple contact, de nombreux virus, et notamment ceux responsables d’infections respiratoires et d’infections herpétiques. « Ces résultats, à découvrir dans la revue Science Advances pourraient rapidement permettre la mise au point de médicaments antiviraux à large spectre, capables de détruire de nombreux virus, dont probablement le coronavirus qui sévit actuellement en Chine » affirme l’EPFL.

Les chercheurs avaient précédemment réalisé un antiviral à base d’or. En appliquant le même concept, ils ont cette fois-ci réussi à mettre au point un antiviral en utilisant des dérivés naturels du glucose, appelés cyclodextrines avec de nombreux avantages à la clé : elles sont plus biocompatibles que l’or, plus faciles d’utilisation, ne déclenchent pas de mécanisme de résistance, ne sont pas toxiques et sont déjà largement utilisées dans l’industrie agro-alimentaire, précise Samuel Jones, chercheur à l’Université de Manchester et membre de l’Institut Henry Royce pour les matériaux avancés.

Comment cela fonctionne-t-il? Les molécules de sucre modifiées attirent les virus avant de les inactiver irréversiblement. En perturbant l’enveloppe externe d’un virus, elles parviennent à détruire les particules infectieuses par simple contact, au lieu d’uniquement bloquer la croissance virale. Et ce mécanisme semble se vérifier quel que soit le virus concerné. Un brevet a d’ailleurs été déposé et une spin-off créée afin d’étudier le développement pharmaceutique qui pourrait être fait avec leur découverte, précise le communiqué de l’EPFL.

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