19 mars 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les pneumatiquiers au Japon n’ont pas été touchés par la catastrophe

(18/03/2011)

Cacao. La scène cacaoyère est toujours dominée par la violence chez le numéro un mondial. Mais, « le marché est en baisse depuis trois semaines », souligne un trader, «  car Laurent Gbagbo faiblit. » Cela suscite l’espoir que le cacao recommence à sortir de façon normale, mais tout retournement de situation ou de sentiment peut faire regrimper la tonne de fèves de £ 200 sans difficulté.
L’absence de l’origine ivoirienne -ou du moins des volumes moindres car chacun sait que les fèves sortent tout de même, ont conduit les opérateurs à puiser dans les stocks certifiés des marchés à terme, ce qui soutient aussi les prix.
Au Ghana, les achats ont atteint 713 655 tonnes (t) entre le début de la campagne en octobre dernier et le 3 mars, selon les chiffres publiés par le Cocobod. Ceci représente une hausse de 39,9% par rapport à la même période l’année dernière.
Au Cameroun, le prix bord champ a baissé de 15% cette semaine car la campagne tire à sa fin. A noter que le seul broyeur de fèves du pays, Sic-Cacaos, filiale de Barry Callebaut, a acheté 424 t en février contre 1 218 t en janvier et en baisse de 30% par rapport à février 2010. Toutefois, l’entreprise aurait acheté 26 148 t depuis le début de la campagne 2010/11 qui démarre le 1er août au Cameroun, soit en nette hausse par rapport aux 16 963 t sur la même période en 2009/10. Rappelons que l’entreprise vend ses produits sur le marché régional mais que son principal acheteur est la chocolaterie basée à Douala, Confiserie Camerounaise (Chococam), filiale du sud-africain Tiger Brand.

Café. Le Robusta s’est inscrit en fin de semaine à son plus haut en 3 ans sur des achats d’investissseurs, tandis que sur le marché du physique les origines Vietnam se faisaient rares. La récolte est achevée mais les exportateurs estiment que les prix devraient encore augmenter et attendent pour vendre.
Après avoir touché 298 cents la livre à New York, la livre d’Arabica s’est écroulée jeudi à 265. Il est difficile d’en saisir les raisons, souligne un trader : prix trop elevés, ventes agressives de café lavé d’Amérique centrale sur le rapproché, lassitude des fonds. Quant au Robusta à Londres, « il s’est mis jeudi à divaguer avec une prime de $ 170 la tonne entre le mai et le juillet, sans toujours aucune explication car les stocks de Robusta certifié sont très élevés. Ce qui est à nouveau un gros soucis pour les négociants. » L’activité physique reste très ponctuelle et se limite au strict necéssaire car les origines du Brésil sont très chers. Quant aux cafés lavés d’Amérique centrale, il est plus abordable mais toujours en prime sur le terme.
La situation sur ce marché du café, Robusta comme Arabica, demeure donc difficile pour ses acteurs qu’ils soient acheteurs ou vendeurs. « Il est toujours aussi compliqué pour les industriels d’augmenter leurs prix car la distribution dans son ensemble le refuse. »
Dans les pays producteurs africains, les prix pour les fèves AA en Tanzanie, la meilleure qualité, se sont inscrits en hausse cette semaine, à $ 350 les 50 kilos contre le précédent record qui avait été de $ 339,80 en janvier.

Caoutchouc. Le séisme au Japon et le tsunami ne devraient avoir que peu d’impact sur la demande des industriels en caoutchouc naturel car les usines des grands pneumatiquiers comme Bridgestone, qui a cinq usines au nord du pays, ou Michelin n’auraient pas été endommagées, a annoncémardi l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel. Il n’y aurait pas eu non plus de dégâts chez Toyo Tire & Rubber, ni chez Sumitomo Rubber Industries et Yokohama Rubber. Certes, des usines ont fermé mais cela serait sans grandes conséquences en terme de volumes. Rappelons que le Japon représente 7% de la demande mondiale en caoutchouc naturel.
Quelques jours avant le séisme, le groupe international d’études sur le caoutchouc (IRSG de son sigle anglais) avait souligné que la demande mondiale en caoutchouc naturel et synthétique devrait augmenter à 26,1 millions de tonnes (Mt) en 2011 contre 24,4 Mt l’année dernière. Le caoutchouc naturel devrait augmenter de 4,6% en 2011 et de 3,8% en 2012, tandis que le synthétique progresserait de 8,6% et de 6,4% ces deux années.
L’organisation avait donc revu à la hausse ses prévisions qui auparavant portaient cette demande à 25,5 Mt. Seul l’avenir permettra de dire quelle conséquence aura la catastrophe au Japon sur cette demande à venir.
Les prix sur les marchés à terme ont été très perturbés cette semaine, avec tout d’abord une baisse à l’instar de l’ensemble des matières premières tout de suite après le séisme, puis une reprise, le marché s’inquiétant des approvisionnements. La Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, les trois plus importants acteurs sur la scène mondiale du caoutchouc naturel, devaient se réunir d’urgence.

Sucre. Le sucre est demeuré encore ferme mais serait sur une tendance baissière, la récolte en Thaïlande se présentant plus importante que prévue. En outre, l’Inde pourrait prochainement exporter et on attend une forte récolte brésilienne 2011/12dans la principale région centre-sud.

Thé. Pour la trosième semaine consécutive, les prix du thé aux ventes aux enchères du Kenya ont baissé notamment pour les meilleures variétés que sont les Best BP1 qui sont tombées à $ 3-3,40 contre $ 3,20-3,60. Mais les invendus ont été plus faibles qu’au cours des ventes précédentes. Les acheteurs d’Egypte, du Pakistan, du Yémen, du Kazakhstan, de Russie et d’Iran se sont révélés plus intéressés tout en demeurant moins actifs que les Britanniques qui, quant à eux, ont été très sélectifs dans leurs choix.
A noter que Mcleod Russel, entreprise cotée en Inde, serait intéressée à acheter des terres en Afrique pour développer ses plantations de thé, selon une information publiée lundi 14 mars dans le Times of London. Selon son directeur, Aditya Khaitan, interviewé par notre confrère, le monde aurait besoin de 50 à 60 000 t supplémentaires chaque année pour satisfaire la demande croissante. L’Ouganda et le Rwanda seraient particulièrement convoités. Notons que le mois dernier, la société avait annoncé avoir signé un accord avec Rwanda Development Board et Rwanda Tea Authority pour le rachat de 60% d’une entreprise de thé.

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