19 juin 2017 - 18:15 |

Les fonds de migrants vers l’Afrique de l’Ouest s’élèvent à plus de $26 milliards en 2016

Les montants des transferts monétaires envoyés par les migrants à leurs familles dans les pays en développement ont progressé de 51% au cours des dix dernières années. Un chiffre à mettre en parallèle avec l’augmentation de 28% des migrations en provenance de ces pays. C’est ce que révèle, la première étude menée sur dix années (2007-2016) des flux de migration et de transferts d’argent réalisée (Sending Money Home: Contributing to the SDGs, One Family at a Time) par le Fonds international de développement agricole (Fida).

Les transferts ont progressé en moyenne de 4,2% par an sur la décennie pour atteindre $455 milliards en 2016 ($296 millions en 2007), soit plus 3 fois le montant de l’Aide publique au développement ainsi que plus du montant total des investissements directs étrangers (IDE) dans la plus part des pays à faible revenu et des pays à revenu intermédiaire.

« Près de 40% des transferts d’argent, soit $200 milliards, sont envoyés vers les zones rurales, dans lesquelles vit la majeure partie des populations pauvres », indique Pedro de Vasconcelos, responsable du Mécanisme de financement pour l'envoi de fonds du FIDA et auteur principal du rapport. « Cet argent est consacré aux dépenses alimentaires, aux soins de santé, à de meilleures possibilités d’éducation et à l’amélioration du logement et des conditions sanitaires. Les transferts d’argent jouent donc un rôle décisif en aidant les pays en développement à réaliser les Objectifs de développement durable ».

L’Afrique de l’Ouest capte 43% des flux vers l’Afrique

Les envois de fonds vers l’Afrique ont atteint 60,5 milliards en 2016, en hausse de 36% par rapport à 2007. Une progression qui s’aligne avec celle des flux de migrants, plus 29%, à 33 millions de personnes en 2016. Une situation très contrastée par rapport à l’Asie où le nombre de migrants progresse de 33% entre 2017 et 2016 tandis que les flux de transferts ont augmenté de 87% entre 2007 et 2017.

Sur les 33 millions migrants africains environ la moitié reste sur le continent. Les migrations interrégionales s’articulent autour des pôles économiques régionaux comme l’Afrique du Sud pour l’Afrique australe (2 millions), la Côte d’Ivoire (2 millions) et le Nigeria (1 million) pour l’Afrique de l’Ouest et dans une moindre mesure l’Ethiopie et le Kenya pour l’Afrique de l’Est. Les autres destinations privilégiées sont, en dehors de l’Afrique, l’Europe, puis les pays du Golf, surtout pour les pays d’Afrique de l’Est et l’Egypte, et les Etats-Unis.

Près de 80% des transferts de fonds versés en 2016 en Afrique sont concentrés sur cinq pays : le Nigeria ($19 milliards), l’Egypte ($16,6 milliards), le Maroc ($7 milliards),  l’Algérie et le Ghana ($2 milliards chacun). Pour dix-neuf pays, les envois de fonds sont essentiels car ils représentent 3% ou plus de leur PIB. Pour six pays, les transferts contribuent pour plus de 10% de leur PIB en 2016. C’est le cas du Liberia (31%) de la Gambie (22%), des Comores (20%), du Lesotho (18%) et du Sénégal (14%).

Bien qu’en baisse, le rapport indique que le coût des envois de fonds en Afrique est le plus élevé avec un coût moyen de 10% pour le versement de $200.

L’Afrique de l’Ouest avec $26,3 milliards de transferts des migrants arrivent à la deuxième position sur le continent, après l’Afrique du Nord.

 

Source :  Sending Money Home: Contributing to the SDGs, One Family at a Tim, Fida

Projet pilote avec la diaspora malienne pour les jeunes ruraux

Dans le rapport, le FIda présente un projet pilote mené en partenariat avec la plateforme de crowdfunding spécialisée dans le prêt solidaire Babyloan qui offre à la diaspora malienne la possibilité de financee les jeunes entrepreneurs ruraux au Mali.

Le système est basé sur des prêts de solidarité fournis par des migrants maliens et prêtés par Babyloan aux IMF locales pour financer la jeunesse rurale. En tant qu'investissement, Babyloan garantit que leur contribution sera investie efficacement pour soutenir les jeunes et qu'ils ne perdront pas leur capital. Dans la phase d'incubation, l’objectif est qu’environ 2 000 migrants financeront 200 jeunes via les IMF locales. À long terme, Babyloan vise à atteindre 8 000 emprunteurs migrants, finançant en moyenne 800 jeunes micro-entrepreneurs chaque année.

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