20 janvier 2014 - 00:00 |

La Chine renonce officiellement à sa politique de stockage pour le coton et le soja

C’était dans l’air du temps depuis plusieurs semaines. C’est officielle depuis dimanche, figurant dans le document de politique du gouvernement. Pékin mettra fin en 2014 à sa politique de stockage de coton et de soja et optera pour une politique de subvention.
Toutefois beaucoup d’incertitudes demeurent. En effet dans le document ne figure aucun calendrier, ni précisions sur la structure ou le montant des futures subventions.
La politique de stockage n’est pas parvenue à encourager la culture du coton et du soja tandis qu’elle a poussé les prix domestiques vers le haut, au dessus de ceux du marché international, et ainsi stimuler les importations.
Les prix du coton, qui se sont appréciés de 12% en 2013, pourraient être négativement impactés par ce revirement, en libérant les stocks, qui devraient atteindre fin juillet plus de 12 millions de tonnes, soit 60% des stocks mondiaux. Toutefois rien n’est joué. Si les subventions ne sont pas importantes, la production chinoise de coton pourrait être moindre.
Quant au soja, les éventuels changements seraient moindres car la plupart des broyeurs des régions côtières sont déjà largement dépendants des importations.
Le gouvernement chinois a indiqué qu’il maintiendrait le stockage pour le colza, le maïs et le sucre, et qu’il continuerait à offrir un prix minimum d’achat pour le blé et le riz.
Le soutien financier de ses 700 millions d’agriculteurs sont une priorité de la Chine à la fois pour son approvisionnement alimentaire et la stabilité politique, en particulier dans les régions avec d’importantes minorités ethniques comme le Xinjiang, sa principale zone de production de coton, et le sud du Guangxi et du Yunnan, les principales provinces de production de sucre.

Pékin veut sanctuariser 120 000 millions d’hectares
La sécurité alimentaire et la protection de l’environnement dans les zones rurales seront les deux priorités de l’action politique en 2014 en Chine, rapportait dimanche l’agence officielle de presse Chine nouvelle citant un document d’orientation émanant du Parti communiste. Le “document n°1” sur lequel s’appuie l’agence de presse est publié chaque mois de janvier par le comité central du Parti et fixe les priorités pour l’année à venir.Depuis 2003, les questions liées au monde rural sont présentes dans ce document d’orientation.
La pollution urbaine, après une série d’alertes à la pollution atmosphérique, est un sujet de préoccupation majeure pour les autorités chinoises. Mais l’état des terres agricoles, parfois saturées de pesticides et d’engrais et dégradées par des rejets industriels, est aussi à l’origine de graves problèmes menaçant notamment la capacité de l’agriculture chinoise à faire face aux besoins alimentaires croissants de la population.
Fin décembre, la Chine a indiqué que 3,33 millions d’hectares de terres agricoles étaient impropres à toute culture en raison de leur degré de pollution. (voir (Full Story))
L’urbanisation et l’industrialisation rapides du pays, doublées d’un phénomène d’exode rural, réduisent aussi les terres cultivables et limitent la production agricole. La Chine veut sanctuariser au moins 120 millions d’hectares réservés à l’agriculture.

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