20 août 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Le thé à des niveaux records

(20/08/09)

Selon un état des lieux établi hier, 19 août, par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), « des conditions typiques d’un épisode El Niño se sont instaurées dans le Pacifique tropical, et il est fort probable qu’elles s’y maintiendront au moins jusqu’à la fin de l’année 2009, voire jusqu’au premier trimestre de 2010. Les températures relevées à la surface et sous la surface de la mer dans le centre et l’est du Pacifique équatorial ont été nettement plus élevées que la normale durant les mois de juin et juillet, favorisant l’apparition d’un épisode El Niño. Les conditions atmosphériques observées au-dessus du Pacifique tropical s’apparentent de plus en plus à celles que l’on associe d’ordinaire à un phénomène El Niño en gestation. L’apparition d’un épisode El Niño à l’échelle du bassin a une incidence sur les régimes climatiques auxquels il faut s’attendre dans de nombreuses régions du monde. »

Blé. On croule sous le blé, ce qui fait s’écrouler les prix ! Des récoltes plus importantes que prévues s’amoncellent dans les silos en France et en Allemagne. A Euronext Paris, le blé se vend à 125 euros dans un marché survendu et en dessous des coûts de production des agriculteurs. Les prix à Paris ont également été tirés vers le bas hier en raison de la vente de 60 000 t de blé à l’Egypte au prix de 115 euros, soit en dessous du prix de 119 euros la tonne affichée hier comme cours de marché. En effet, la France a du baisser ses prix face à une forte concurrence notamment américaine. Ces 60 000 t font partie d’un contrat plus large avec l’Egypte portant sur un total de 270 000 t.

Cacao. La hausse des marchés financiers aurait eu une influence favorable sur les cours du cacao. Le contrat décembre à New York a touché mercredi un pic de $ 2 955 la tonne. Le négoce estime qu’il franchira la barre des $ 3 000, même s’ils soulignent que ceci ne reflète pas la situation des fondamentaux.
S’agissant de la Côte d’ivoire, on est toujours dans la guerre des chiffres avec certains gestionnaires de coopératives et exportateurs estimant qu’on dépassera les 900 000 t pour la campagne principale, excédant ainsi les volumes de l’année dernière.

Café. Aujourd’hui, les Arabica à New York ont perdu du terrain, touchant un plus bas sur trois semaines, notamment en raison d’un dollar légèrement plus ferme. La baisse des Robusta a été plus modérée.
Au 9 août, les arrivages de café au port d’Abidjan ont totalisé 134 256 t depuis le début de la campagne 2008/09, soit en nette hausse par rapport aux 63 348 t enregistrées à pareille époque l’année dernière.
Quant au Kenya, aux ventes aux enchères de Nairobi mardi, les prix ont glissé de 7% en l’absence de deux acheteurs majeurs et face à des cours internationaux qui avaient perdu de leur lustre.

Coton. Les prix à terme du coton à la Bourse de New York ont fini en hausse mercredi sur des achats d’investisseurs. La stabilité des cours du pétrole et la capacité des marchés financiers mondiaux à limiter leurs pertes ont légèrement soutenu le coton, estiment les courtiers.

Huile de palme. Les prix de l’huile de palme sur le marché de Kuala Lumpur ont fortement chuté mercredi sur des ventes d’investisseurs qui ont pris peur face à des marchés financiers chinois moroses. En outre, le négoce s’attendait à ce que le Ramadan, qui commence ces prochains jours, aiguise la demande. Mais il semblerait que les acheteurs du Proche Orient auraient déjà les volumes souhaités.
Selon le chargeur Intertek Testing Services, les expéditions sur la période du 1er au 10 août auraient chuté de 10,7%, à 815 208 t, essentiellement du fait de baisses de commandes de l’UE et d’Inde. SGS, pour sa part, note une baisse de 7%.

Riz. Les prix des riz asiatiques sont relativement stables, avec des riz thaïs en légère baisse face à une demande plutôt terne pour les meilleures qualités. Toutefois, les achats africains mais aussi du Proche Orient sont demeurés soutenus. Le gouvernement thaïlandais est intervenu à l’achat une dernière fois le 31 juillet dernier, mais l’impact favorable sur les cours demeure car les achats gouvernementaux ont été massifs. D’ailleurs, il y aurait 7 millions de tonnes dans les entrepôts gouvernementaux, un niveau record. Le gouvernement devrait vendre 500 000 t de riz décortiqué et 600 000 t de paddy mais on ignore quand. Rappelons que la Thaïlande, qui est le premier exportateur mondial de riz, n’a vendu sur le marché international que 5,3 millions de tonnes depuis le début de l’année, soit une chute de 25% de son volume par rapport à la même période l’année dernière, selon le ministère du Commerce.
Quant au Vietnam, les prix ont grimpé légèrement en réaction aux achats gouvernementaux de soutien. Le prix du paddy aurait gagné 3 à 4% cette dernière semaine suite à ces achats gouvernementaux, les autorités voulant stocker jusqu’à 400 000 t de riz.
Myanmar (Birmanie) pourrait exporter jusqu’à un million de tonnes de riz durant l’actuelle année fiscale qui s’achève en mars et ce grâce à une prise de part croissante du marché africain, selon un responsable du Myanmar Rice Merchants Association. En 2008/09, il en avait exporté 666 400 t et l’exercice précédent 358 500 t. Depuis le mois d’avril, premiers mois de l’exercice, 600 000 t de riz ont déjà été exportées.

Sucre. Aujourd’hui sur le marché de Londres, le sucre blanc a glissé mais cela ne remet en rien en cause son trend haussier. Le marché n’a fait qu’accuser une pause. Le sucre roux sur l’échéance octobre a atteint son plus haut en trois décennies, à 23,33 cents la livre, et les 25 cents sont en ligne de mire.

Thé. Les thés offerts à Mombassa par le Tea Brokers East Africa, qui proposent des thé de 12 pays différents d’Afrique de l’Est, ont grimpé à un niveau record, à $ 3,70 le kilo de BP1, aux ventes aux enchères de Nairobi, poussés par les achats à quelques jours du Ramadan. En réalité, les prix ont été très fermes depuis le début de l’année car les acheteurs craignent que la sécheresse ne réduise considérablement l’offre.
Les experts estiment que la production baissera de 6% cette année en raison de cette sécheresse. Mais la fermeté des cours devrait générer des recettes totalisant 65 milliards de shillings, soit $ 851,3 millions, contre 62 milliards l’année dernière.
Mardi, le gouvernement kényan a doté son organisme régulateur d’un nouveau comité d’administration pour son thé, le deuxième produit agricole en terme de recettes en devises. Les réformes comprennent un niveau minimum de formation pour les directeurs d’usines et l’impossibilité pour les gérants d’usines de participer à l’élection des directeurs d’usine. La gestion des usines est en effet un sujet très sensible dans la filière et certains producteurs ont même coupé des théiers l’année dernière pour protester contre la faiblesse de leur rémunération. Autre réforme, les courtiers à Mombassa seront enregistrés et ceux qui ne paient pas les planteurs ne pourront plus exercer.

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