20 août 2015 - 17:30 |

La Chronique Matières du Jeudi (20 août 2015)

Les matières premières sont en baisse, l'indice Thomson Reuters CoreCommodity chutant à son plus bas depuis… 2002 ! La Chine inquiète toujours, les marchés financiers du géant asiatique perdant encore aujourd'hui. D'autre part, sur plusieurs marchés, la baisse des monnaies joue un rôle majeur.

CACAO

Les prix du cacao sont fermes, les opérateurs spéculant sur le temps très sec dans les régions de production en Côte d'Ivoire et au Ghana. Londres est au-dessus des £ 2 000 à £ 2 075 la tonne aujourd'hui, tandis que New York est à $ 3 116 la tonne.

Les cours sont également soutenus par les nouvelles maussades du Ghana: le n°2 mondial ne parviendrait pas à atteindre son objectif de 750 000 t de cacao pour cette campagne 2014/15, et même pas 700 000 t, selon des industriels qui se sont confiés à Reuters. Actuellement, la production est en baisse de 23% sur la campagne dernière lorsque le pays avait atteint 900 000 t.

Vendredi dernier, le Cocobod a demandé aux acheteurs de commencer à se préparer pour la clôture de la campagne actuelle qui devrait intervenir dès la mi-septembre, la 2015/16 devant démarrer très tôt; habituellement, elle commence début octobre.

Quant à la Côte d'Ivoire, les arrivages aux ports d'Abidjan et de San Pedro ont totalisé 1 682 000 t au 16 août et depuis le 1er octobre, en hausse par rapport aux 1 663 000 t sur la même période en 2014/15, estiment les exportateurs.

CAFE

La baisse des monnaies brésiliennes et colombiennes ont incité les producteurs de la filière café à vendre sur le marché international et en tirer ainsi avantage. Toutefois, ceci augmente les volumes mis sur le marché et pèse sur les prix de l'Arabica. Si la semaine dernière, l'Arabica a atteint $ 1,426 la livre, son plus haut en 3 semaines, aujourd'hui il ne cote plus que $ 1,348. Le Robusta est également à la baisse, à $ 1 669 la tonne.

S'agissant du Robusta, la première échéance est à prime sur les suivantes, soulignant la nervosité du marché qui pressent un squeeze : une importante maison de négoce pourrait contrôler le plus gros des stocks certifiés (stocks détenus par les marchés à terme), 85 à 90% estime-t-on.

Toujours s'agissant du Robusta, les prix au Vietnam, premier producteur et exportateur mondial, ont baissé, incitant les producteurs à faire de la rétention en espérant des jours meilleurs. La campagne 2015/16 devrait démarrer en octobre, le pic de la récolte étant fin novembre dans la principale région de production, les Central Highlands.

CAOUTCHOUC

C'est actuellement le saut à l'élastique sur le marché international du caoutchouc ! Mercredi, sur le marché à terme de Tokyo, il chutait à un plus bas en 10 mois, mais aujourd'hui, les prix se sont ressaisi car les investisseurs ont voulu prendre leurs bénéfices. Une hausse, toutefois, qui demeure limitée car la situation en Chine et donc sa demande en matières premières, notamment en caoutchouc, inquiète.

Après être tombé à 182 yen mercredi, son plus bas depuis le 17 octobre 2014,  le kilo a regrimpé aujourd'hui à 184,6 yens.

Sur le marché international lundi, une tonne de caoutchouc de la meilleure qualité se vendait à $ 1 533 contre $ 1 848 il y a un an.

La persistance de prix faible pour le caoutchouc affecte la production. Ainsi, dans le Nord de Sumatra, une des plus importantes provinces de production de latex du n°2 mondial, l'Indonésie, les exportations ont chuté de 26,36% en valeur au premier semestre 2015 par rapport à début 2014, selon l'association des sociétés de production Gapkindo, à $ 599,8 millions contre $ 814,5 millions. Les exportations vers le Japon ont régressé de 27,31%, de 46,39% vers la Chine, de 34,76% vers l'Inde et de 4,04% vers les Etats-Unis.

En revanche, le Cambodge a exporté 61 969 t sur ces mêmes 6 premiers mois de l'année, enregistrant un bond de 47% par rapport à début 2014, selon les statistiques du ministère du Commerce. Ses recettes sont en hausse de 12% pour atteindre $ 84,2 millions. Le caoutchouc cambodgien est parti à destination de Malaisie, du Vietnam, de Chine, de Corée du Sud et des  pays européens.

COTON

Pour la première fois en six séances, le prix du coton a glissé hier sur le marché à terme de New York, terminant à 66,53 cents la livre. En effet, face à des prévisions de récolte américaines plutôt ternes, le prix du coton n'a cessé d'augmenter, ce qui a conduit les opérateurs à se porter hier à la vente, faisant baisser les prix.

En Chine, deuxième producteur mondial de coton, la China Cotton Association a révisé à la baisse ses prévisions de récolte  sur la campagne à venir 2015/16. Elle est estimée maintenant être de 5,5 millions de tonnes (Mt) contre 5,86 millions estimé précédemment. A cette récolte à venir s'ajoutent des stocks qui sont estimés à 11 Mt. Stock que le gouvernement espère vendre petit à petit ces prochaines années.

En Turquie, la récolte 2015 de coton est estimée à 580 000 tonnes (t) récoltées sur 370 000 ha. Des pluies excessives dans certaines régions et le gel dans d'autres ont obligé à resemer dans plusieurs régions, mais l'irrigation a permis de minimiser els pertes de rendements.

Bien que la surabondance de l'offre et des exportations en demi-teinte pèsent sur le prix du coton fibre, le prix du coton graine fait un bond de 30% ces 4 dernières années en Inde, passant de 17 roupies le kilo à 23. Rappelons que de la graine de coton est produite de l'huile tandis que le tourteau est une des plus importantes sources de protéines dans la nourriture pour les volailles.

HUILE DE PALME

Les mauvaises nouvelles de Chine et la faiblesse globale des marchés mondiaux ont exercé une pression certaine sur les prix de l'huile de palme sur le marché à terme de Malaisie en cette fin de semaine, renversant la tendance de mardi où l'huile avait grimpé face à un ringitt qui s'affaiblissait. Mais hier, à la clôture, le contrat novembre s'est contracté à $ 482,95 la tonne, sa plus faible clôture en plus d'une semaine L'huile de palme emboîte ainsi le pas aux autres oléagineux, notamment le soja mais aussi le colza sur les marchés européens.

Côté production, l'Inde entend dépenser $ 1,5 milliard ces trois prochaines années pour développer la production de palmiers à huile sur une "surface égale au New Jersey", a souligné le gouvernement de New Delhi. En effet, ce dernier entend renverser la tendance qui fait que le pays importe chaque année pour $ 10 milliards d'huile végétale, son troisième plus gros poste de dépenses après le pétrole et l'or. La consommation d'huiles végétales en Inde a triplé ces 20 dernières années.

RIZ

L'affaiblissement des monnaies asiatiques face au dollar cette semaine a eu pour conséquence la baisse du prix du riz à l'export en Asie. En outre, la demande continue à être faible. Mardi le baht thaïlandais est tombé à sa plus faible valeur en 6 ans face au dollar, l'explosion d'uen bombe à Bangkok faisant craindre pour le tourisme. Le baht a perdu 7,5% depuis le début de l'année et le dong vietnamien 4,4%. Ils sont respectivement n°2 et n°3 des exportateurs mondiaux de riz derrière l'Inde.

Le riz thaï 5% brisures s'est vendu entre $ 360 et 380 la tonne FOB contre $ 372 à 380 la semaine dernière. Le 5% brisure du Vietnam, quant à lui, a trouvé preneur à $ 338-345 FOB contre $ 340-350 auparavant.

SUCRE

La faiblesse du real brésilien continue à impacter le marché du sucre. Le roux est encore en baisse, à 10,59 cents la livre aujourd'hui et le sucre blanc est passé en dessous des $ 340, à $ 339 la tonne à Londres. Ceci dit, il fait sec en Inde, deuxième producteur mondial, et cela permet d'éviter que les cours ne dévissent davantage.

L'Organisation internationale du sucre (OIS) estime le déficit mondial 2015/16 à 2,49 millions de tonnes (Mt), mettant ainsi un terme à 5 années consécutives d'excédent. La production baisserait de 1,1% à 170,91 Mt (172,75 Mt en 2014/15) et la consommation progresserait de 2,4% à 173,40 Mt (169,39 Mt). Le ratio stock/consommation baisserait à 48,1% contre 50,7%. Evidemment, tout ceci, sans présager d'un éventuel impact majeur d'El Niño.

Ceci dit, on ne manquera pas de sucre ! Loin de là… L'excédent dégagé en 2014/15 a été révisée à la hausse, à 3,37 Mt contre 2,22 Mt.

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