20 octobre 2009 - 09:37 |

Soutien aux politiques agricoles de cinq pays africains

Nouvelle initiative de l’AGRA appuyée par la fondation Bill et Melinda Gates

(19/10/09) L’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) a lancé le 15 octobre une initiative visant à renforcer la capacité des gouvernements africains à modeler des politiques agricoles nationales susceptibles d’accompagner de façon globale les petits producteurs agricoles, et en particulier les femmes, selon un communiqué de l’AGRA.
L’initiative, financée par un don de la Fondation Bill et Melinda Gates d’un montant de $15 million, portera dans un premier temps sur cinq pays : l’Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Mozambique et la Tanzanie. L’objectif est de renforcer la capacité à développer des politiques agricoles. Elle formera des spécialistes en analyse de politiques agricoles, redynamisera les groupes de réflexion sur les politiques, établira des banques de données nécessaires au développement de politiques fondées sur des données scientifiques et coordonnera les centres nationaux en matière de politiques. Elle se concentrera sur des politiques d’appui aux petits exploitants dans les domaines des semences, de l’amélioration des sols, de la commercialisation, des droits fonciers, des droits de la femme, de l’égalité, de la durabilité environnementale et du changement climatique.
La Fondation Bill et Melinda Gates a annoncé ce don au Symposium du World Food Prize à Des Moines, dans l’Iowa, auquel venait s’ajouter un ensemble de neuf projets de développement agricole pour un montant total de $120 millions visant à renforcer la sécurité alimentaire à long terme

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«Notre objectif n’est pas de définir les politiques des pays africains mais de leur donner les moyens de le faire, et de passer de l’analyse des politiques à l’action stratégique» rappelle le Dr Namanga Ngongi, Président de l’AGRA. «Nous donnerons une voix aux agriculteurs».


Selon Akin Adesina, Vice-président des Politiques et Partenariats à l’AGRA, les évènements prennent un tour favorable aux agriculteurs africains, et des nations comme le Malawi, le Kenya, le Rwanda, le Mali, l’Ethiopie, le Mozambique, le Ghana et le Nigeria sont en train de prendre des mesures nouvelles et courageuses pour revitaliser l’agriculture.

 De nombreux autres pays ont rejoint le Programme Détaillé pour le Développement Agricole en Afrique (PDDAA) et se sont engagés à consacrer au moins 10% de leur budget au soutien de l’agriculture. Avec l’arrivée de ces fonds, la nécessité de politiques nationales susceptibles d’orienter ces investissements sur les besoins au niveau du terrain se fera sentir de façon de plus en plus aiguë. «L’AGRA renforcera les efforts du PDDAA au niveau national et régional. Il est impératif que chaque pays africain réussisse sa révolution verte s’il veut atteindre les 6% de croissance agricole auquel les présidents africains se sont engagés dans le cadre du PDDAA» rappelle Akin Adesina.


L’impact de politiques qui accompagnent de façon globale l’agriculteur est déjà visible dans des pays comme le Malawi ou le Rwanda. Des politiques nationales, tels des bons pour l’achat d’engrais et de semences distribués aux agriculteurs pauvres, ont aidé le Malawi à devenir exportateur de maïs, alors qu’il y a 4 ans, il était encore importateur, avec pour résultat de porter le taux de croissance de son économie à 7%. Au Rwanda, des politiques améliorant l’accès des exploitants agricoles à des semences et des engrais de qualité ont augmenté depuis 2 ans la production alimentaire. Cette dernière a augmenté de 15% en 2007 et 16% en 2008, alors que le pays s’engageait dans un programme de révolution verte. Ces performances ont amélioré sa sécurité alimentaire, alors même que 20 millions de personnes dans les pays avoisinants dépendent de l’aide alimentaire pour leur survie. 

L’AGRA insiste cependant sur le fait qu’en matière de promotion de la petite exploitation agricole, il n’existe pas une solution politique universelle qui conviendrait à tous les pays africains. Si les agriculteurs ont besoin d’un soutien direct, il est également important d’accélérer l’investissement dans des biens publics comme la recherche et le développement agricole, la vulgarisation, la petite irrigation et les routes.

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