21 juillet 2009 - 12:27 |

« Des fleurs équitables pour les droits de l’homme »

Lancement en Europe d’une campagne pour la promotion de fleurs équitables


(10/07/2009) A l’heure où le secteur du développement durable s’accroît, l’industrie de la fleur se lance également dans l’équitable, mais tout ne semble pas si rose… En effet, la Commission européenne s’interroge sur les conditions de travail, l’usage abusif de pesticides ou encore la destruction de l’environnement.
Les alternatives durables existent, notamment celle du Flower Label Program (FLP) qui réunit à la fois syndicats de la fleur (producteurs, grossistes, fleuristes) et des représentants d’organisations syndicales et de défense pour les droits de l’homme afin d’assurer un suivi sur toute la chaîne de production, depuis 1999.
La création d’un label équitable par des organisations non gouvernementales représente un tournant pour la production horticole, tant commercial qu’environnemental. Le label FLP est considéré comme une garantie car il assure la mise en place de standards minimaux dans les productions certifiées.
L’industrie de la fleur représente un marché considérable qui emploie environ 200 000 millions de personnes à travers le monde, dont deux tiers d’entre elles sont des femmes. En Allemagne, le premier marché de la fleur en Europe représente plus de 3 milliards d’euros. L’industrie de la fleur est donc en plein essor, et constitue un revenu important pour les pays de la zone équatoriale comme la Colombie, le Kenya, l’Equateur, l’Ethiopie ou encore l’Ouganda, qui rassemblent toutes les conditions climatiques idéales pour la culture de la fleur.
Cependant, si le commerce des fleurs est générateur d‘emplois dans des pays ou des régions généralement déshérités, il demeure un sujet épineux. En effet, il convient de s’interroger sur les modalités et les conditions de travail. L’organisation FLP explique que les contrats écrits sont rares, les salaires faibles, et le licenciement arbitraire et abusif. Les conditions sanitaires font souvent défaut, les femmes enceintes, travaillant sans tenues de protection sont fortement exposées aux pesticides et risquent ainsi des fausses couches.
Silke Peters, directeur commercial de FLP insiste sur l’importance attachée à l’amélioration des conditions à la fois sociales et environnementales dans la production des fleurs. «Nous pensons que les conditions dans le secteur de la fleur ont réellement besoin d’être améliorées».
«Même si les conditions des travailleurs étaient très certainement pires, il y a vingt ans, il existe toujours des « moutons noirs » dans le secteur. C’est pourquoi, des programmes tels que FLP sont nécessaires aujourd’hui», affirme-t’il.
Selon Silke Peters, pour être véritablement équitable la chaîne cultivatrice doit être conforme à plusieurs critères dont celui de la protection de la santé au travail, l’interdiction du travail des enfants, la garantie de la liberté de syndicalisation, ou encore la suppression des pesticides hautement toxiques.
Peut-être que la solution se trouve finalement dans les mains des consommateurs ? FLP mène depuis plus de dix ans des campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs allemands. Une campagne pour la promotion des fleurs équitables soutenue par la Commission européenne vient de débuter dans quatre pays européens dont l’Allemagne. Et Greenpeace s’engage dans la lutte contre les pesticides dans les fleurs, car contrairement au secteur alimentaire, la loi n’impose pas de seuil limite.
FLP s’associe également avec des partenaires européens pour promouvoir ces fleurs équitables par-delà le Rhin. La France reste quant à elle aux abonnés absents, ce que déplore Silke Peters: «Nous sommes à la recherche d’un partenaire en France – que nous n’avons toujours pas trouvé». FLP poursuit son projet, dans la recherche d’un monde des fleurs «  fair-play ».

Eléna Despatureaux, Commodafrica

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