23 avril 2007 - 21:50 |

Les bois tropicaux flambent !

Face à une demande chinoise insatiable, les prix augmentent de 15 à 30%

23/04/07 – Depuis 6 à 9 mois, les prix des bois tropicaux flambent. On constate des hausses allant de 15 à 30% selon les essences, souligne un importateur européen. Les raisons ou plutôt la raison ? L’accélération de la demande asiatique en général et de la Chine en particulier. Après s’être fortement approvisionné dans les pays de la région, comme la Malaisie ou encore l’Indonésie, les importateurs chinois se tournent encore plus qu’avant vers la côte ouest africaine –surtout vers le Gabon, le Cameroun, le Congo Brazzaville- et l’Amérique latine et se portent acquéreurs de quasiment toutes les essences même les secondaires, en sciages et en grumes. Ils rachètent aussi les unités de transformation locale.
« Les Chinois ont commencé par offrir aux producteurs un prix supérieur : si le prix était à 100, ils offraient 110 ou 120. Ils se sont ainsi donnés un avantage”, souligne un négociant. ”Puis ce n’était plus suffisant pour avoir des préférences et donc ils ont fait des prépaiements, c’est-à-dire des paiements avant embarquement. Ils ont dans un premier temps proposé un prépaiement de 70%, puis ils sont passés à 100%. Pour les producteurs, c’est du beurre… C’est bien de recevoir l’argent alors que les bois ne sont pas encore sur les bateaux ! Normalement, on paie contre documents : les bois sont à bord d’un navire, des connaissements sont établis et on remet les documents contre le paiement. Maintenant, les Chinois rachètent les unités de transformation locales. D’abord, ils ont commencé par des prix supérieurs, puis des prépaiements et maintenant, dans de nombreux cas, ils rachètent la scierie avec les concessions ! Le bois part par bateaux entiers vers la Chine. Ils n’ont aucun problème de paiement, quelque soit le prix : ils ont de l’argent plein les poches ! »
Les Européens ne trouvent donc plus assez de bois à acheter. Et doivent en payer le prix … ! Ainsi, par rapport au début 2006, le prix de l’Okoumé (très recherché pour ses qualités au déroulage) à l’export a grimpé de 15 à 20%. Les importateurs ne manquent pas de mettre en garde les fournisseurs africains contre le risque de voir les Chinois brutalement se retirer du marché, comme ils l’ont fait sur le marché du hêtre en Europe il y a 3 à 5 ans. « En Europe, dont l’Europe de l’Est mais aussi en France, il y a 3 ou 5 ans, les Chinois sont venus pour ramasser tout en hêtre. On a mis en route des scieries, des séchoirs, etc. Puis brusquement ils ont disparu. C’est le danger… », note-t-on.
Un risque que les Africains sont toutefois d’autant plus prêts à prendre que, rappelons-le, les Chinois sont preneurs de toutes les essences, comme par exemple du Beli plus difficile à vendre en Europe. Ceci est un autre élément qui joue en leur faveur auprès des fournisseurs africains. Car la Chine a deux types de marché pour les produits en bois : son propre marché national qui bat son plein et par conséquent sur lequel peut être mis de nombreuses essences et qualités secondaires tant les besoins sont importants ; le marché à l’exportation, plus exigeant, qui requiert des qualités supérieures. Cette force de la Chine, « qui raffle tout », perturbe grandement le marché international. D’où cette hausse importante des prix.

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