23 mai 2008 - 16:35 |

Le Rendez-Vous Matières du Jeudi

Tendances très diverses

(23/05/08)

De nombreuses matières ont terminé hier, 22 mai, en baisse en réaction quasi mécanique à la hausse du dollar favorisée par des chiffres de chômage meilleurs que prévu aux Etats-Unis.

Banane. La Commission européenne a indiqué mardi qu’elle allait faire appel de la décision rendue la veille par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui considère que le système d’importation de bananes de l’UE contrevient aux règles du commerce international (voir notre précédente information). ”Notre opinion sur cette décision rendue hier est que cela créé une mauvaise jurisprudence et que celle-ci entre en contradiction (...) avec notre système de préférences qui a été aboli au début de l’année”, a déclaré le porte-parole du commissariat européen au Commerce, Peter Power. ”Cela encourage en effet le dépôt de recours à l’OMC par des pays membres qui ne sont pas particulièrement affectés par des décisions, et il est dans notre intention de faire appel”, a poursuivi le responsable européen.

Cacao. Les cours ont nettement chuté en cette fin de semaine, pris dans le tourbillon des ventes à travers le complexe café/cacao/sucre. Hormis les facteurs extérieurs au marché, telle l’incidence de la remontée du dollar sur de bons chiffres d’emplois aux Etats-Unis, le marché du cacao tente de se stabiliser quelque peu après ces semaines de fortes turbulences. « L’orage est passé », souligne un opérateur. Le squeeze sur juillet à Londres s’est dénoué, les industriels qui étaient shorts ont dû se résoudre à se porter à l’achat malgré les prix élevés et les pluies sont revenues en Côte d’Ivoire il ya trois semaines.
Dans ce pays, les prix bord champ ont augmenté en moyenne de FCFA 75 le kilo cette dernière semaine, pour se situer à environ FCFA 590 selon la Bourse de café cacao (BCC), sur des achats de broyeurs locaux. Ces derniers veulent entreposer des volumes avant l’arrivée des pluies en juin. Selon un exportateur, hier ADM aurait offert FCFA 675 le kilo livrable à ses usines.
Au Ghana, les achats du Cocobod depuis le début de la campagne principale (qui s’achève dans 4 semaines) ont atteint 613 918 t, en hausse de 13,18% sur l’année dernière. Ces volumes ont d’ores et déjà excédé les prévisions du Cocobod pour cette campagne principale qu’il avait chiffrée à 600 000 t.
Au Nigeria, le prix au planteur a grimpé de 5% en moyenne ce dernier mois, à 230 000 nairas ($ 1 951) car l’offre est étroite et la qualité préoccupante alors que la demande. Mais il y a un mois, rappelle un exportateur local, le prix a chuté de 26% car le prix spot était plus cher que le prix à terme !
Sur le marché international, le déficit cacaoyer continue à s’estomper. L’Organisation internationale du cacao (ICCO) a déclaré mercredi que le déficit pour la campagne 2007/08 ne serait que de 41 000 t alors qu’elle avait avancé précédemment le chiffre de 51 000 t et ce en raison d’une production meilleure que prévue, de l’ordre de 3,74 Mt contre 3,37 millions la campagne précédente. En 2006/07, ce déficit était encore de l’ordre de… 301 000 t. Rappelons que le mois dernier, la banque d’investissement Fortis avait déclaré que le déficit mondial cacaoyer n’était en réalité que de 6 000 t contre 284 0000 t en 2006/07.

Café. Alors que le dollar reprenait quelque force, les contrats du Robusta ont abandonné des gains initiaux favorisés par l’Arabica à New York. Le contrat de référence juillet a perdu $82 à $2 229 la tonne après avoir atteint un sommet de $2.334, son plus haut depuis le mois dernier.
ont dit les négociants.
Au 5 mai, la Côte d’Ivoire a enregistré 70 274 tonnes à l’exportation depuis le début de la campagne, soit en baisse par rapport aux 83 081 t à pareille époque l’année dernière, a annoncé hier la BCC. Le prix moyen CAF payé aux acheteurs a été de FCFA 969 contre 770 à pareille époque l’année dernière.
Au Kenya, les prix des Arabica sont demeurés élevés à la vente aux enchères de mercredi, mais en baisse par rapport à la semaine précédente, à $ 140,13 contre $ 147,48 le sac. Pourtant la qualité n’était pas au rendez-vous mais le négoce a voulu se constituer des stocks car c’était la dernière vente avant un mois.
Au Rwanda, la production devrait connaître un essor fantastique, en progressant de 93% en 2008, à 29 000 t, mais 3 000 t de moins que des prévisions antérieures. La raison ? Une très bonne pluviométrie. Les recettes d’exportation devraient aussi progresser, de 66,6%, à $ 50 millions, notamment grâce à une proportion plus grande de café lavé, mieux rémunéré sur les marchés internationaux. Rappelons que ce pays s’est lancé dans une vaste opération de redynamisation de sa filière et tiendra en août sa première Cup of Excellence.
Ailleurs qu’en Afrique, les planteurs vietnamiens restent sourds aux incitations des autorités gouvernementales qui les encouragent à se diversifier dans d’autres cultures : il est prévu que la récolte 2008/09 atteindra les 21,5 millions de sacs de 60 kilos contre 17,5 Ms en 2007/08 ! Le pays devrait donc exporter 20,5 Ms alors qu’il n’en a mis « que » 17,2 Ms en 2007/08.
En Colombie, la production a atteint 886 000 sacs en avril contre 769 000 en avril 2007. Ces 12 derniers mois, le pays a produit 13,35 Ms contre 12,10 les 12 mois précédents.

Caoutchouc. La réduction de l’offre de caoutchouc en Thaïlande et la baisse des stocks chinois ont permis aux contrats à terme de la Bourse de Tokyo de se hisser aujourd’hui à un plus haut de 28 ans, parallèlement à l’arrivée massive des fonds investisseurs, rapporte l’agence Reuters. Le caoutchouc est monté sur fond de fermeté des matières premières comme le pétrole qui a atteint de nouveaux sommets et de craintes sur les approvisionnements dues aux pluies en Thaïlande, premier producteur mondial de caoutchouc, ont expliqué les traders. Ils ont ajouté qu’il y avait également d’importants achats spéculatifs dans le marché.
Le contrat de référence octobre sur le Tokyo Commodity Exchange est monté à 330,3 yens, son point le plus haut depuis mai 1980. Il a fini en hausse de 10,4 yens à 330,0 yens.
Le caoutchouc s’est accéléré à Tokyo après des statistiques chinoises indiquant une chute de 29% des stocks dans les entrepôts à un plus bas de l’année de 25 200 t jeudi par rapport à la semaine dernière. Les stocks avaient déjà chuté d’un quart au début de l’année.
Les fonds se sont rués dans le marché pour anticiper l’arrivée éventuelle des acheteurs chinois en quête de caoutchouc avec le recul de leurs stocks. Mais les offres physiques devraient être limitées car les pluies gênent la récolte du latex.
Aujourd’hui, sur les marchés physiques, les prix sont en hausse avec des vendeurs peu enclins à baisser leurs prix en raison de la rareté des disponibilités.

Sucre. Le contrat du sucre a creusé ses pertes sous l’effet des ventes des fonds jeudi après la montée du dollar et aujourd’hui, à New York, le marché s’est ouvert au plus bas en quatre semaines. Non seulement le sucre a suivi en cela le reste des matières premières, mais ses propres fondamentaux ne sont guères attractifs. Le consultant Kingsmann basé à Lausanne estime que l’excédent mondial sur la campagne 2007/08 s’élèvera à 11,34 millions de tonnes alors que son estimation précédente était de l’ordre de 9,13 millions. Ce gonflement des stocks ne proviendrait aps d’une baisse de la consommation qu’il estime toujours à 159,03 Mt, mais à une hausse de la production mondiale qu’il situe maintenant 170,37 Mt contre 168,11 millions précédemment.

Thé. Malgré la hausse de l’offre locale, les prix du thé aux ventes aux enchères de Nairobi mercredi se sont inscrits ont augmenté. En effet, les acheteurs avaient restreint leurs achats dernièrement, espérant que les prix baissent. Mais, là, ils ont dû passer à l’action. Sur les 102 738 sacs offerts, seulement 8 355 non pas trouvé preneur. Les acheteurs les plus actifs venaient du Royaume Uni, du Soudan, du Yémen et autres pays du Moyen Orient, de Russie, Kazakhstan et Pakistan. Rappelons que les thés offerts à Nairobi proviennent non seulement du Kenya mais aussi d’Ouganda, du Rwanda, du Burundi, Tanzanie, Madagascar, Malawi, RD Congo et Mozambique.

Huile de palme. L’Indonésie a annoncé aujourd’hui maintenir inchangée la taxe à l’exportation de son huile de palme mais relever celle de son huile brute afin d’aligner son produit aux prix internationaux.

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