23 août 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Belle activité sur les marchés africains du café

(23/08/2013)

CACAO. La fève a fait du yo-yo cette semaine. Le retour des pluies après un mois de sécheresse a apaisé les craintes sur la récole à venir, faisant chuter mardi le prix du cacao à son plus bas en 11 mois. Le marché à terme s’est ensuite consolidé hier gagnant quelques points.
Le beurre de cacao continue à dominer l’actualité, le ratio qui permet de déterminer le prix du beurre par rapport celui de la fève augmentant de 7% cette dernière semaine sur le marché américain : il faut donc multiplier par 2,6, voire 2,65, le prix de la fève pour obtenir celui du beurre. Au total, il aura gagné 13% ce dernier mois, touchant ainsi son plus haut en quatre ans et demi face à une forte demande des chocolatiers, notamment américains, qui reconstituent leurs stocks.
En parallèle, la demande en poudre est faible, certains confiseurs asiatiques notamment ayant modifié leurs recettes, ce qui créé un goulot d’étranglement sur ce marché, la fabrication de beurre à partir de la fève entraînant nécessairement la fabrication de poudre. En Asie, le ratio est actuellement de 2,35 à 2,4. Sur le marché américain, le prix de a poudre 10/12 a chuté de 13% ce mois dernier, à environ $ 2 000 la tonne ; il était à $ 4 000 il y a un an, le double du prix du beurre. En 2009, au moment où la demande asiatique a pris son élan, le prix de la poudre était de $ 1 000 environ.
Les fabricants de chocolats comme Lindt & Spruengli ou encore Hershey ont récemment annoncé des ventes en hausse, tandis que les usines en Amérique du Nord et en Asie, mais aussi en Europe ont activé leur production. Selon Euromonitor, les ventes de chocolat aux Etats-Unis devraient être stables cette année après avoir baissé de 2% en 2012.
Quant à l’actualité dans les pays producteurs, les achats déclarés au Cocobod au Ghana ont atteint 44 957 t au 8 août et ce depuis le démarrage de la petite récolte début juillet, en hausse de 28% sur la même période l’année dernière. Le Ghana s’attend à une récolte de 90 000 t sur cette campagne intermédiaire.
Au Cameroun, le prix bord champ a baissé de plus de 5% sur l’ensemble des zones de production car c’est actuellement la saison des pluies chez le 5ème producteur mondial, ce qui rend difficile l’accès routier. Les volumes d’achats des industries locales demeurent inchangés, à un total de 32 020 t sur la campagne 2012/13 à fin juillet contre 32 303 t sur la même période en 2011/12, soit seulement environ 15% de la production totale de fèves au Cameroun et ce, malgré la politique active du ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana d’accélérer ce processus.

CAFE. Les craintes de gelées au Brésil se dissipent et donc la perspective d’une récolte abondante se renforce faisant tomber hier l’Arabica à son plus bas en 4 ans sur le marché à terme de New York, une tendance renforcée par la fermeté du dollar. En effet, de façon générale, les matières premières sont cotées en dollar et la fermeté du billet vert renchérit leur prix d’achat. Un dollar qui s’est renforcé face à l’euro mais aussi face au real, la monnaie brésilienne, ce qui, traditionnellement incite les producteurs brésiliens à vendre.
Le Robusta, quant à lui, a aussi baissé, tiré par la perspective d’une récolte abondante au Vietnam, de l’ordre de 25 millions de sacs de 60 kg (Ms) en 2013/14, selon une enquête réalisée par Reuters.
La production mondiale de café 2012/13 est estimée croître de 7,7%, à 144,5 Ms selon l’Organisation internationale du café.
Parmi les pays producteurs africains, au Kenya (Arabica), le prix de sa qualité supérieure AA a augmenté pour la deuxième semaine consécutive, à $ 316 le sac de 50 kg aux ventes hebdomadaires du Nairobi Coffee Exchange (NCE). Au total, 14 581 sacs ont été offerts à l’achat, avec 7 015 trouvant preneurs, contre 15 851 sacs proposés et 8 356 achetés lors des ventes la semaine précédente. Les recettes du café ont atteint $ 1,45 million cette semaine, avec un prix moyen à $ 168,95 le sac, toutes qualités confondues.
En Tanzanie (Arabica et un peu de Robusta), les ventes aux enchères 2013/14 ont démarré. Si les prix mondiaux sont à la baisse, les ventes locales sont fermes avec une belle demande pour les meilleures qualités. Sur les 11 526 sacs de 50 kg offerts à la vente, 10 807 ont été vendus, avec un prix moyen pour le grade 77 de $ 147,49 le sac et de $ 144,64 pour le A. Selon Adolph Kumburu, directeur général du Tanzania Coffee Board (TCB), l’introduction de nouvelles variétés de café et l’accroissement des superficies dédiées à la caféiculture devraient booster la production. Rappelons que les principaux marchés de la Tanzanie sont le Japon, les Etats-Unis et l’Europe, notamment l’Allemagne, la France et l’Italie, mais le pays aimerait percer le marché chinois. Selon le TCB, la récolte de juin 2013 à avril 2014 baisserait à 45 000 t contre 71 600 t la campagne précédente.
En Ouganda, les exportations ont fait un bond de 29% en juillet par rapport à il y a un an, atteignant 395 224 sacs de 60 kg. Le temps sec a amélioré les conditions de séchage dans le pays et a facilité les conditions de transport des zones de production. Selon l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA), les recettes d’exportation du café ont atteint $ 45,1 millions contre $ 40,5 millions en juillet 2012.
Au Cameroun (Robusta et Arabica), les exportations de café ont chuté de 49,6% depuis le début de la campagne 2012/13 à fin juillet, à 12 475 t, selon l’Office national café cacao (ONCC). Les exportations ont baissé à 1 800 t en juillet contre 2 269 t en juin et surtout, en forte chute par rapport aux 3 578 t en juillet 2012.

SUCRE. La fermeté du dollar hier a fait chuter hier le cours du sucre roux sur le marché à terme de New York et ce d’autant plus que le real, la monnaie brésilienne, s’affaiblissait. Le sucre a perdu 5,6% sur les six dernières séances.
Pourtant, l’Organisation internationale du sucre (OIS) a annoncé mardi que l’excédent mondial tomberait à 4,5 million de tonnes (Mt) cette campagne contre 10,3 Mt en 2012/13 mais a prévenu que cela ne soutiendrait pas nécessairement les prix. En effet, si la production mondiale devrait baisser de 2,1 millions de tonnes (Mt) sur la campagne octobre 2013/septembre 2014 par rapport à la précédente, ce sera la première baisse depuis 2008/09. On ne manque donc pas de sucre ! La consommation mondiale devrait progresser de 2,1%, soit dans la moyenne annuelle de ces 10 dernières années (2,3%.
Les disponibilités mondiales à l’export devraient atteindre un record de 57,5 M en 2013/14 contre 55,7 Mt estimées pour la campagne précédente. Face à cela, les importations mondiales baisseraient pour la troisième campagne successive, à 52,7 Mt contre 54 millions estimés sur la campagne dernière.

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