24 février 2008 - 19:53 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

(23/02/08)

Hausse quasi-généralisée des matières premières


Les prix des commodities ont atteint des records cette semaine : le pétrole a dépassé le $ 100 dollar le baril avec un dollar qui touchait un plus bas, l’or et le platine atteignent des niveaux historiques tout comme les l’huile de palme en Malaisie, le soja américain ou encore le cuivre. Du côté des softs, le sucre a atteint un plus haut de 15 mois, le caoutchouc à Tokyo un plus haut de 20 mois tandis que le café est toujours haussier et le cacao consolide les grains gagnés ces deux dernières semaines. Alors que la demande est quasi-inexistante, le coton poursuit son ascension.

BOIS C’est toujours la stabilité qui caractérise le marché des grumes africaines et ceci d’autant plus que l’activité chinoise est au ralenti en raison des célébrations du Nouvel An. Le Tropical Timber Market note la remarquable stabilité des prix des principales essences ces derniers mois. Visiblement, la crise des subprimes et les perspectives moroses sur les marchés américains et européens ne se ressentiraient pas réellement sur ce marché des grumes africaines. Les sciages d’Afrique de l’Ouest pourraient toutefois être plus sensibles à la crise. Même au Royaume uni, l’impact de la baisse du nombre de nouvelles maisons construites pourrait être compensé par la mesure gouvernementale tendant à construire sur fonds publics 3 millions de nouvelles maisons. Ceci pourrait avoir un impact positif notamment pour la demande de parquets en bois exotiques, très à la mode actuellement.
La stabilité des prix des grumes peut s’expliquer par la mise en place au Gabon des quotas à l’exportation. Ce même système de quota est en place au Congo Brazzaville depuis quelques mois maintenant et affectent l’offre et la Guinée équatoriale a récemment annoncé l’interdiction totale des exportations de grumes mais la mesure ne serait aps encore totalement appliquée, souligne encore la lettre d’information de l’Organisation internationale des bois tropicaux (ITTO de son sigle anglais). Mais il est difficile de dire si l’exportation de ces grumes n’est que l’exécution de contrats conclus avant l’application de la mesure ou si elle relève de la fraude.
S’agissant des sciages, la crainte de meranti bon marché venant de Malaisie et envahissant le marché ne s’est pas matérialisée. La demande européenne est normale pour cette période de l’année. L’offre de sapeli demeure étroite en raison de disponibilités moindres ces derniers mois d’Afrique centrale tandis que la demande de sipo est en hausse, notamment de la part d’opérateurs allemands.

CAOUTCHOUC La filière africaine de l’hévéa profite pleinement de la belle embellie des cours internationaux du caoutchouc. A plus de FCFA 1000 le kilo, la Côte d’Ivoire se frotte les mains d’être passée premier producteur du continent, passant devant le Nigeria, et 7ème mondial, rapporte notre confrère Les Afriques dans son édition du 14-20 février. Une conjoncture qui pousse le gouvernement à mettre en œuvre le septième plan hévéa avec l’objectif de porter la superficie cultivée de 120 000 hectares à 300 000 ha à l’horizon 2020. La production triplerait atteignant 600 000 tonnes contre un peu moins de 200 000 t actuellement. L’hebdomadaire ajoute que le plan devrait être booster avec l’installation prochaine d’Olam international Ltd et Wilmar international Ltd, tous deux associés au groupe Sifca (cf http://www.commodafrica.com/fr/actualites/matieres_premieres/actu5). Les petits planteurs, regroupés au sein du Fonds interprofessionnel de solidarité hévéa, FISH) se sont aussi pris en mains en créant une unité de transformation (cf : http://www.commodafrica.com/fr/actualites/matieres_premieres/hevea).
Chez le premier producteur mondial, le président de la Thai Rubber Association estime que la production pourrait atteindre 3,1 millions de tonnes (Mt) en 2008 mais cela dépend du temps et 3,25 Mt en 2009, soulignant les 120 00 ha de plantations additionnelles créées par le gouvernement entre 2005-2007 En 2007, la production a atteint 3 Mt selon le ministère de l’Agriculture.
Quant à l’Indonésie, elle a l’ambition de ravir la première place à la Thaïlande d’ici à 2015. Le directeur de l’Indonesia Rubber Association, Suharto Hongokusum, déclarait à Reuters que « La croissance en Indonésie devrait se situer dans une moyenne de 5 à 6% par an depuis 2008. La production devrait atteindre 3,8 Mt en 2015. En Thaïlande, la croissance est estimée à seulement 2 à 3% en moyenne. La production atteindra 3,75 Mt en 2015 _». Ajoutant que « _la productivité était très faible, en dessous de 700 kilos par hectare par an avant 2002. Elle s’est accrue passant à 979 en 2007 ». En 2006, la production indonésienne de caoutchouc s’est élevée à 2,8 Mt contre 2,6 Mt en 2006. Environ 250 000 ha ont été replantés et environ 50 000 ha de nouvelles petites plantations devraient être créées par an jusqu’en 2010.
Selon le dernier rapport du Rubber Study Group, la production mondiale de caoutchouc devrait croître de 2,7% en 2008, après une hausse de 5,7% en 2007.

CACAO Le cacao est en léger recul ces deux derniers jours. Après des plus hauts atteints la semaine dernière, on a assisté à des prises de bénéfices. Le marché devrait se consolider.
La Côte d’Ivoire a démarré un programme de lutte contre la maladie « swollen shoot » du cacaoyers. D’un coût de FCFA 778 millions, il sera mené conjointement avec le Centre national de recherche agronomique (CNRA) et les producteurs et couvrira une période de deux ans. Le swollen shoot se caractérise par le dessèchement du verger, l’arrondissement des cabosses et la réduction des graines. La maladie a été signalée dans la région du Marahoué où elle a déjà détruit plus 8 000 hectares de plantations, selon le CNRA.

SUCRE Le sucre a gagné 30% depuis le début de l’année et 40% depuis décembre 2007. Une reprise dans le prolongement des hausses sur les autres matières premières où le sucre, comme le coton, était « sous-évalué ». Un cours aussi soutenu par la progression du pétrole. Sur le marché de Londres, le sucre blanc contrat mars a touché, le 21 février, un plus haut depuis 15 mois à $383,80 la tonne.
Du côté des fondamentaux, les conditions climatiques exceptionnelles qu’a connues la Chine ont provoqué des dégâts dans la plus grande région productrice de sucre, le Guangxi. On pourrait constater un déficit de l’offre à la fin de l’année chez l’un des premiers consommateurs mondiaux.
Dans son dernier rapport publié le 18 février, Czarnikow, basé à Londres, a revu à la baisse son estimation de l’excédent mondial de sucre en 2007/08 à 9,7 millions de tonnes contre 10,5 Mt en novembre.

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