25 novembre 2019 - 13:56 |
à Abidjan

Le lancement du SARA 2019 : une cuvée spéciale

La 5ème édition du Salon ivoirien de l'agriculture et des ressources animales (SARA) a ouvert ses portes vendredi, pour 10 jours, à Abidjan avec pour thème "Agriculture intelligente et innovations technologiques : quelles perspectives pour les agricultures africaines".

Apparemment, c'est "business as usual". Le salon, localisé toujours à proximité de l'aéroport, est beau, moderne, climatisé, son concept ayant été révisé en 2017 par rapport à 2015 (Voir notre reportage vidéo sur l'édition 2015 : Quelle agriculture pour les jeunes, L'Afrique doit apprécier ses propres produits agricoles ! Quel avenir pour l'agriculture africaine ? Ils étaient au SARA 2015 à Abidjan, et l'interview du ministre Mamadou Sangafowa), année où il avait repris après plusieurs années d'interruption du fait des "évènements" de 2012. Au total, 800 exposants étaient attendus de 30 pays et 350 000 visiteurs. Un évènement couplé avec la tenue, du 20 au 24 novembre, également à Abidjan, de la 48ème semaine africaine de vulgarisation agricole (Sava).

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A y regarder de plus près, la cuvée Sara 2019 se distingue par la période : l'année prochaine est une année électorale en Côte d'Ivoire, un sujet sur toutes les langues, et qui a donné lieu le 9 septembre à une passation d'armes à la tête du ministère de l'Agriculture entre Mamadou Sangafowa Coulibaly, en poste depuis 2010, et Kobenan Kouassi Adjoumani.

La France, pays à l'honneur

Deuxième élément, pour la première fois, un pays non africain est à l'honneur, la France. Enfin... selon certains. Sous l'égide de Business France et de l'Adepta, cinq régions sont représentées (Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Hauts-de-France et Nouvelle Aquitaine) avec 63 exposants sur 450 m2 et 30 représentants itinérants d'entreprises en prospection. Le ministre de l'Agriculture et de l'alimentation, Didier Guillaume, était présent aux cérémonies d'inauguration, dès le premier jour vendredi, samedi étant la journée dédiée à la France.

19 ministres africains présents à l'ouverture

Parmi les autres pays non-africains au Sara, on trouve les Pays-Bas et l'Allemagne avec des pavillons pays d'ampleur, ainsi que l'Espagne, plus modeste. Mais on note qu'il n'y a aucun pays asiatique au niveau institutionnel : ni la Chine, ni l'Inde ; ni les Etats-Unis ou la Turquie. Evidement, on en retrouve certains au travers d'entreprises ou de produits exposés, notamment en machinisme agricole.

Côté africain, le pavillon Maroc est d'envergure comme celui du Sénégal, aux côtés du Mali et du Tchad. Au total, 19 ministres africains de 17 pays ont assisté à l'ouverture officielle, a précisé Kobenan Kouassi Adjoumani dans son discours d'ouverture.

Un moment fort pour rendre les honneurs. Tout d'abord, aux ministres français et marocain qui ont été faits, vendredi, Commandeurs dans l'Ordre national du mérite agricole, mais aussi à des dizaines d'acteurs et de structures qui ont reçu des distinctions. A noter que nombre de maires et autres responsables ont été récompensés pour leur lutte contre les feux de brousse et, plus généralement, pour leurs actions en faveur de la forêt. Une thématique très fortement présente dans le discours du vice-président Daniel Kablan Duncan, comme d'ailleurs, dans celui du ministre de l'Agriculture.

Une cérémonie d'ouverture qui a, non seulement, donné le ton au Salon, mais qui a été l'occasion pour l'équipe gouvernementale, en fin de mandat politique, de dresser le bilan. Un bilan plutôt flatteur décrit par le vice-président Kablan Duncan à travers quelques chiffres. Entre 2012 et 2018, soit entre la mise en œuvre du Programme national d'investissement agricole 1ère génération (PNIA1, 2012-2017) et le PNIA 2 (2018-2025), le revenu moyen des producteurs tant de cultures pérennes que vivrières a augmenté de 95%, la production des cultures pérennes est passée de 4,6 Mt à 7,3 Mt et de 11,8 Mt à 18,2 Mt pour les vivrières. Les montants impliqués ont été multipliés par six, de FCFA 2 040 milliards (€ 3,1 milliards) à FCFA 11 905 milliards (€ 18,1 milliards).

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Technologie et protection sociale en ligne de mire

Mais l'ambition va au-delà des montants financiers. "Il nous faut repenser notre agriculture, la réinventer. C'est possible grâce aux technologies et au dynamisme des acteurs et de notre jeunesse en phase avec notre époque", a déclaré le Vice-président. "Il faut développer les finances agricoles adaptées à une protection sociale", a-t-il précisé, les préoccupations ivoiriennes faisant, sans doute, curieusement écho à celles du ministre français de l'Agriculture...

Et Daniel Kablan Duncan d'énumérer les objectifs ambitieux et les résultats déjà obtenus, comme les 7 000 km de fibre optique dont 5 000 km déjà achevés pour la connectivité haut débit en milieu rural ; la réforme du climat des affaires et l'assouplissement des procédures de création d'entreprises avec la mise en place d'une fiscalité propre à l'agriculture ; la recherche et développement qui a conduit à la naissance du cacao Mercedes avec sa tonne et demie de rendement à l'hectare contre 0,75 auparavant ou encore le "café émergent" qui atteint 2 à 2,5 t/ha, sans oublier la création de neuf "zones spéciales de production et de croissance agricoles".

Environnement : message reçu 5 sur 5

"Tout ce développement ne peut être durable sans respect de l'environnement", a reprécisé le Vice-président, voulant sans doute souligner la prise en compte de la pression internationale à cet égard et l'urgence des questions climatiques. Le nouveau code forestier ivoirien s'est fixé pour objectif un reboisement de 20% du territorien national, a-t-il rappelé. Le lancement de l'élaboration d'un répertoire faunique ainsi que la révision du code de l'environnement et du code de l'eau sont aussi en cours.

Il a rappelé "le rapprochement historique des filières cacao" de Côte d'Ivoire et du Ghana, donnant l'exemple pour le "développement d'autres partenariats avec d'autres pays et d'autres filières" (lire nos informations). Le cajou ....? Une dynamique qui s'inscrit dans la logique de la Zone de libre échange continentale (Zlec), avec en ligne de mire la hausse anticipée de 33% du commerce intra-africain après la suppression des droits de douane. Une véritable feuille de route....

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