26 février 2018 - 12:15 |

Eviter que 200 000 t de cajou sortent frauduleusement de Côte d'Ivoire

Quatre jours après le démarrage officiel de la campagne de commercialisation des noix de cajou en Côte d'Ivoire (lire nos informations), le directeur général du Conseil du coton et de l'anacarde, Adama Coulibay, a décidé de "la fermeture systématique et immédiate jusqu'à nouvel ordre de tout magasin et centre de collecte situé dans les zones jouxtant la frontière".

En outre, dans sa note à l'attention des opérateurs de la filière, il interdit à tout véhicule transportant des noix de cajou de remonter vers les zones transfrontalières, même les "cargaisons refoulées à l'entrée des magasins portuaires."

Dorénavant, le transport est strictement réglementé :  "le transport de produits se fait des zones de production vers les ports et les usines de transformation, et les cargaisons doivent être obligatoirement accompagnées d'une fiche de transfert précisant la destination des produits".

"L'année dernière, les flux frauduleux transfrontaliers ont avoisiné les 80 000 à 100 000 tonnes", précise le spécialiste Pierre Ricau de Rongead. "Cette année, cela pourrait atteindre les 200 000 t si la situation est mal gérée."

Une situation qui découle de la différence importante de prix au producteur entre la Côte d'Ivoire et son voisin ghanéen : FCFA 500 le kilo côté Côte d'Ivoire, en hausse de FCFA 60 sur la campagne dernière, mais très loin derrière les FCFA 900 payés au Ghana.

Certes, ce prix obligatoire est un prix plancher et les producteurs peuvent le vendre plus cher, plus proche des prix payés au Ghana, avait souligné le porte-parole du gouvernement Bruno Koné à la sortie du Conseil des ministres le 14 février, lors du lancement de la campagne.

Interrogé par Ivoire Business, N’Guettia Assouman, 3ème vice président des exportateurs de cajou en Côte d’Ivoire, avait précisé un autre aspect du dossier : "L’Etat nous demande de laisser 15% de notre production annuelle, à la transformation locale. Ce qui est une bonne chose. Cependant, les transformateurs souhaitent être fournis à bas prix, par les exportateurs que nous sommes. Ce qui pourrait nous obliger à pratiquer des prix qui ne nous arrangent pas, parce que l’offre est soumise à la demande. Alors nous souhaitons qu’ils aillent directement acheter le produit chez les paysans, ce qu’ils refusent catégoriquement."

 

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