26 octobre 2007 - 21:45 |

Les paysans kényans saisissent les tribunaux pour tenter de bloquer les APE

Réunion décisive à Bruxelles le 12 novembre

(26/10/07)
Les paysans kényans sont inquiets. Les accords de partenariat économique (APE) en cours de négociation avec l’Union européenne (UE) leur font craindre le pire. Non seulement ils redoutent le renforcement d’un modèle néocolonial d’une Afrique exportatrice de matières premières brutes, mais ils constatent de façon très pratique que si aucun accord n’est conclu au 1er janvier prochain, un secteur aussi important que l’horticulture se verra confronter à des droits de douane allant de 5 à 25% pour pénétrer le marché européen. De quoi ébranler toute une filière et jeter le désarroi !
Car si les pays africains les plus pauvres pourront toujours continuer à bénéficier d’un taux de douane zéro, sans contingent, à l’entrée de leurs produits sur le marché européen dans le cadre du programme « Tout sauf les armes », les pays à revenu intermédiaire comme le Kenya, mais aussi l’île Maurice, le Ghana, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, devront s’acquitter de droits si un accord n’est pas signé.
Pour contrer la signature des APE, ces paysans kényans ont déféré, le 25 octobre, le gouvernement devant les tribunaux. La Commission kényane des Droits Humains s’est jointe à eux pour mener cette bataille juridique. Selon les plaignants, ceci aboutira à la perte d’au moins 300 000 emplois au plan national, rapporte Reuters, car de nombreuses industries et entreprises locales ne parviendront pas à soutenir la concurrence européenne. Elles souffrent déjà beaucoup de l’arrivage massif ces dernières années d’articles chinois bon marché. Aussi est-il demandé au gouvernement soit de ne pas signer, soit de parvenir à un moratoire qui permette de négocier un meilleur accord, soulignent-ils.
Rappelons que l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) avait décidé que le régime commercial préférentiel qui gérait jusqu’à maintenant les rapports entre les pays ACP et l’Europe devait être abrogé d’ici le 1er janvier, afin de respecter le jeu de la libre concurrence. D’où la négociation des APE qui, entre autres, devraient ouvrir les marchés des pays ACP aux produits et services européens. C’est donc une véritable course contre la montre qui est lancée, que ce soit pour les partisans comme pour les opposants des APE, même si, d’un avis très largement répandu, on ne sera pas dans les temps.
Seize pays du groupe de l’Afrique australe et de l’Est (ESA) négocient actuellement avec Bruxelles. Des avancées auraient été faites il y a trois semaines : certains produits sensibles pour les économies de ces pays pourraient bénéficier de protection. Une réunion majeure devrait se tenir à Bruxelles le 12 novembre prochain.

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