26 octobre 2020 - 16:30 |

L’assiette du consommateur aujourd'hui : un engagement citoyen

Le seul acte de se nourrir ne suffit plus. En achetant ses produits alimentaires, le consommateur veut s’engager, faire un acte citoyen, préserver l’environnement et soutenir l’économie locale.

Une petite révolution s’opère donc depuis deux ans chez le consommateur dans sa relation à l’alimentation que la pandémie de la Covid-19 n’a fait qu’accélérer, montre l’étude Kantard Food 360 publiée à l’occasion du Salon mondial de l’alimentation (SIAL), qui a été reporté à 2022 pour cause de pandémie.

L’étude, qui remet en cause beaucoup de certitudes, couvre onze pays à savoir les pays européens (Allemagne, Espagne, Italie, France, Grande-Bretagne), les Etats-Unis, l’Inde, l’Asie du Sud-Est (Indonésie et Malaisie) et les pays du Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Qatar, Oman) et a été réalisée avant le confinement du à la Covid-19 à l’exception de la Chine, de l’Inde et de l’Italie (à la sortie du confinement).

73% des consommateurs ont modifié leur consommation

Elle souligne que 73% des consommateurs ont modifié leur consommation de produits alimentaires ces deux dernières années. Et ce pourcentage est supérieur à 80% pour la Chine, l’Inde, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient. Un changement de comportement pour une alimentation plus saine et plus équilibrée (70%), pour manger local en privilégiant les circuits courts et le cycle des saisons (53%) et avec une attention soutenue pour les ingrédients (44%), des consommateurs boycottant certaines marques pour l’utilisation d’un ingrédient controversé.

Et puis, plus un tiers d’entre eux (37%) se tourne vers une consommation plus éthique, plus durable.Un consommateur sur deux préfère acheter des produits équitables ou issus du commerce équitable, en hausse de 7 points par rapport à 2018, souligne Pascale Grelot-Girad, Head of Market Intelligence & Innovation Domains à Kantar. Elle ajoute que « de plus en plus pour le consommateur s’alimenter c’est un véritable engagement citoyen. Pour 60% d’entre eux c’est choisir le monde dans lequel ils veulent vivre ». Ainsi, Il consomme en pleine conscience et revendique le droit de choisir et boycotter avec des exigences affirmées. La demande est forte pour la naturalité, le bio, l’alimentation saine, le végétal, le bien être animal et une alimentation responsable.

plus un tiers d’entre eux (37%) se tourne vers une consommation plus éthique, plus durable

Bien sur, des différences sont observables suivant les groupes de pays. Pascale Grelot-Girad en distingue trois. Le groupe des pays anglo-saxons (Grande-Bretagne, Etats-Unis), qui sont beaucoup plus en distance par rapport l’alimentation avec une vision plus utilitariste et fonctionnelle. Ils assument plus que les autres d’avoir une alimentation pas toujours bonne pour leur santé et portent moins d’attention au bio, au consommer local ou à la durabilité de l’alimentation. En revanche, chez les Européens – Allemands, Espagnols, Français et Italiens - l’alimentation rime avec plaisir, ce qui ne les empêchent pas d’exprimer de nombreuses attentes en termes de transparence et d'alimentation saine et durable. Quant aux pays d’Asie, ils ont une vision assez holistique de l’alimentation qui repose sur trois piliers : le plaisir, la recherche d’une alimentation sure et la santé.

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