27 mars 2009 - 12:28 |

Le Rendez-Vous Matières du Jeudi

Les marchés du cacao et du café sont très calmes, celui de la vanille morose

(26/03/09)

CACAO A l’instar du café, le marché mondial du cacao est calme en ce moment. Il cherche à se consolider après les fortes hausses de ces dernières semaines. Les récoltes intermédiaires s’amorcent. Du côté de la demande des signes perceptibles de ralentissement se font sentir.Les stocks et les invendus de chocolat s’accumulent en Europe, les ventes de chocolat ralentissent et les consommateurs se tournent vers des chocolats de moins qualité, contenant moins de cacao estime le président de la German Cocoa Trade Association, Andreas Christiansen. «Certains fabricants ont perdu 100% de leur exportations vers l’Europe centrale et de l’Est et la Russie après la dévaluation de leur monnaie face à l’euro et le dollar». « Les entrepôts européens sont pleins, nous estimons que les stocks d’invendus de produits à base de cacao, principalement le beurre de cacao et la pâte de cacao, s’élèvent à 70 000 tonnes en Europe» précise le président. Ces stocks provoquent une chute des prix des produits à base de cacao sur le marché physique en Europe tandis que sur le marché à terme de Londres les prix sont propulsés vers le haut.
Au Ghana, après un démarrage très lent les achats de cacao se sont redressés et la campagne principale devrait atteindre l’objectif des 600 000 tonnes, selon le Cocobod. Les achats sur les 25 premières semaines, en hausse depuis la première semaine de mars, ont atteint 536 000 t, contre 535 663 t la campagne précédente. Un montant quasi identique. Cependant la campagne 2008/09 a commencé 3 semaines plus tôt par rapport à la période habituelle et donc les deux campagnes ne sont pas directement comparables. Le Cocobod estime que la campagne intermédiaire devrait être de 50 000 t.
Au Nigeria, les arrivées au port de Lagos se sont élevées à 15 000 t en février en hausse de 20% par rapport à février 2007, selon les exportateurs. Globalement sur la campagne, la croissance est de 14% par rapport à 2007/08. Avec la fin de la campagne principale, les arrivées baissent. Les prix sont en recul de 8% à 350 000 nairas la tonne. Les prix sont néanmoins historiquement hauts en raison de la dépréciation du naira par rapport au dollar (il a perdu plus de 20% de sa valeur depuis janvier). Les producteurs n’en profitent pas pleinement en raison du prix élevé des intrants.

CAFE Sur le marché du café, c’est le calme plat. On recense peu d’affaires sur un marché atone. Les problèmes en Arabica lavé subsistent, et il pourrait en survenir sur l’origine Ethiopie. Sur le marché du Robusta, la dévaluation de fait de la monnaie au Vietnam de quelques pourcentages n’a rien changé sur le marché interne.
«Le marché sera très tendu» telle est l’appréciation du directeur général de l’International Coffee Organisation (ICO), Nestor Osorio, ajoutant que les fondamentaux du café vont maintenir les prix fermes. Parmi les raisons évoquées, le déficit, certes modéré, de la production en 2009/10, estimée à environ 125 millions de sacs (Ms) de 60 kilos contre 127,5 Ms en 2008/09. Face à elle une consommation, qui devrait être ralentie par la crise mais pas d’une manière vertigineuse, entre 1 et 1,5% de croissance contre 2,5%. Nestor Osorio a mentionné que l’âge élevé des caféiers demeure un problème important dans plusieurs régions productrices, en particulier en Afrique et en Amérique Latine.
L’analyse n’est pas la même chez Neumann Kaffe Gruppe (NKG). David Neumann estimait le 21 mars qu’en 2009/10 on devrait une offre excédentaire et probablement une demande sans croissance.
En outre, un nouvel Accord International sur le Café pourrait être entériné en septembre avec l’adhésion attendue du Brésil. Le Vietnam, les principaux pays importateurs, les Etats-Unis et la Communauté Européenne, ont déjà signé l’accord tandis qu’en Colombie il est en cours de validation.
En Ethiopie, cela couvait depuis plusieurs semaines, le ministre de l’Agriculture, Tefera Derebew est passé menaces aux sanctions. Depuis, le début de l’année, il exhortait les exportateurs à vendre leur café. Le 25 mars, il a saisi 17 000 tonnes de café auprès des exportateurs, révoqué les licences de 8 sociétés accusées de faire de la rétention de stock et suspendu les licences de 88 traders indépendants. Certains exportateurs sont réticents à vendre leur café à travers le nouveau système électronique de ventes, l’Ethiopian Commodity Exchange (EXC) mis en place depuis décembre 2008 pour le café.

CAOUTCHOUC Le caoutchouc a terminé en baisse mercredi à Tokyo, avec la baisse de Wall Street et de la Bourse de Tokyo, sur des prises de profits qui ont mis un terme à une vague de sept jours de hausse marquée par une appréciation des cours de plus de 10%. Le contrat de référence août du Tocom a fini à 147,1 yens le kilo, soit une perte de 2,6 yens. Ces derniers jours, le caoutchouc a été aidé par la fermeté des prix du pétrole et des autres matières premières mais aussi du recul du yen. A noter que les traders observent une offre plus importante de caoutchouc de grade inférieur africain en Asie. Le grade STR10 d’Afrique de l’Ouest a été offert à $ 1330 la tonne CFR en Chine cette semaine, en hausse par rapport à la semaine dernière ($1250).
Mais la faiblesse de la demande demeure importante. L’International Rubber Study Group estime que la demande mondiale de caoutchouc pourrait reculer de 8% si la récession persistait. Elle pourrait se reprendre an 2010 avec une hausse comprise entre 3 et 4%.
La Thaïlande, premier producteur mondial de caoutchouc prévoit une hausse de sa production cette année du fait de la croissance interne consécutive à la politique de développement des plantations mise en place en 2005. Les exportations de la Malaisie devraient enregistrer jusqu’à 30% de perte en 2009 du fait du ralentissement de la demande, selon la direction générale de d’office malaisien du caoutchouc.Les prévisions de la production de caoutchouc naturel en Inde pour l’exercice en cours devraient baisser à 859 000 tonnes, contre 861 000 initialement annoncées, du fait de la sécheresse et de la baisse consécutive des rendements.

SUCRE Les prix à terme du sucre ont terminé en baisse mercredi après que le ministre indien des Finances, Sharad Pawar a annoncé que l’Inde pourrait ne pas avoir besoin d’importer du sucre hors taxe avec la chute des prix locaux. Sur l’ICE le contrat mai pour le sucre brut a perdu 0,18 cent à 12,82 la livre à Londres, et le sucre blanc a cédé $4,10 à $393,90 la tonne.
Les prix du sucre devraient demeurer au dessus de 13 à 14 cents la livre à New York ne 2009 en raison de la croissance soutenue de la consommation dans les pays en développement et de la forte chute de la production indienne de canne à sucre, estimait le 24 mars, Stefna Uhlenbrock de F.O. Licht. La production mondiale de sucre devrait chuter à 152 millions de tonnes (Mt) en 2008/09 contre 169,1 Mt en 2007/08. La production indienne devrait reculer de 11,5 Mt. F.O. Licht prévoit une consommation à 160,9 Mt en 2008/09, en hausse (158,6 Mt en 2007/08) et estime qu’il est encore difficile de se mesurer l’impact de la crise sur la consommation en 2009/10.
Au Maroc, le producteur de sucre Cosumar, filiale à 55% du groupe ONA, a annoncé une hausse de 17% de son bénéfice net en 2008 à 500,1 millions de dirhams, et de son chiffre d’affaires de 4,3% à 5,7 milliards de dirhams.

THE Au Kenya, la production de thé pourrait chuter de 5% à 328 millions de kilos en 2009 en raison de la sécheresse, selon le Tea Board of Kenya. En février, la production a chtué de 11% à 21,5 millions de kilos en raison des conditions arides qui ont sévi dans les régions de plantation de la Great Rift Valley. Les pluies devraient commencer la deuxième ou troisième semaine de mars, mais ne sont pas encore là. Et les prévisions météorologiques ne sont guère favorables.
Au Sri Lanka, la production et les exportations devraient tomber à un plus bas de plusieurs années en 2009 sous l’effet de plusieurs facteurs : la sécheresse mais aussi le manque d’engrais et une demande mondiale faible. Selon le Sri Lanka Tea Board, la production devrait être inférieure à 300 millions de kilos et les recettes d’exportation devraient atteindre environ $1 milliard. Sur le premier trimestre, la production serait en recul d’environ 25% par rapport à la même période en 2008.
Aux Etats-Unis, les Américains semblent de plus en plus apprécier le thé et notamment ses bienfaits sur la santé, selon la Tea Association of USA. Les importations ont crû de 7% en 2008 par rapport à 2007 pour s’établir à environ 117 millions de kilos.

VANILLE La crise malgache et d’ailleurs son dénouement n’ont eu aucun effet sur un marché international de la vanille de toute façon morose, confirme Olivier Bourgois d’Eurovanille. La demande est très ralentie en raison de la récession mondiale. Même les origines bon marché comme l’Ouganda (qui demeure un petit producteur avec quelque 150 tonnes) ne parviennent pas à placer des volumes. Quant à la Papouasie, également peu chère, elle n’a quasiment plus de volumes. Il faut attendre sa prochaine récolte, en juillet.
A Madagascar, la nouvelle récolte devrait être précoce et abondante, de l’ordre de 1 500 t de vanille préparée, car la floraison a été très belle, très tôt. On devrait commencer à récolter dès le mois de mai au lieu de juin habituellement.
Cette morosité générale ne devrait guère affecter les prix. «Les prix devraient demeurer plutôt stables, avec une légère variation à la baisse», poursuit-il. En effet, après deux ans de chute, ils auraient atteint un plancher.
Dans cette crise, ce sont les petits distributeurs européens qui devraient le plus souffrir. En effet, leur nombre a crû ces dernières années, à plusieurs dizaines, alors que le marché était encore porteur. Mais le retournement de celui-ci et aujourd’hui la crise impliquent de leur part une solide assise financière pour survivre. Ce qui n’est pas le cas de nombre d’entre eux. En outre, rappelons que le marché européen de la vanille naturelle est étroit : 700 à 800 t de vanille industrielle sur une production mondiale totale de quelque 2 000 t et 100 t de vanille noire sur une production globale de 150 à 200 t.
La prudence est de mise et partout. «On pensait, il y a un an que les prix allaient augmenter et que la production allait baisser. C’est le contraire qui s’est produit !», constate Olivier Bourgois.

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