28 février 2022 - 07:53 |

L'impact de l'invasion russe sur le marché des engrais sera majeur, selon l'AGPB

« L'invasion de l'Ukraine par la Russie aura un impact majeur sur le commerce international, et notamment sur les échanges et les prix des produits énergétiques, agricoles, des engrais et des transports. Au-delà de la sidération que provoque l'évènement, les céréaliers devront faire face à des bouleversements majeurs », a déclaré vendredi l'Association générale des producteurs de blé (AGPB), association française.

Nous reproduisons en intégralité son communiqué qui souligne aussi l’impact sur les pays en développement importateurs, notamment l’Afrique.

Impacts sur le commerce et les marchés internationaux

"Les impacts à court terme de l'invasion de l'Ukraine par la Russie concernent d'abord l'Ukraine, dont la production agricole, industrielle et les exportations et importations seront très perturbées dans les semaines et mois à venir. Mais ils concernent également la Biélorussie et la Russie, dont le commerce extérieur pourrait également connaître des perturbations liées à des décisions politiques. On peut s'attendre à des baisses des exportations russes de gaz, de pétrole, d'engrais et de céréales du fait des sanctions internationales comme du fait de la Russie pour limiter la hausse de ses prix intérieurs.

Rappelons quelques chiffres :

  • L'ensemble Russie + Ukraine 1er exportateur mondial de blé et 2ème exportateur d'orge
  • L'Ukraine 3ème exportateur de maïs
  • La Russie 1er exportateur d'engrais azotés et l'ensemble Russie + Biélorussie 1er exportateur d'engrais potassiques.

Les prix mondiaux des céréales, du pétrole, du gaz et de tous les engrais devraient donc augmenter dans les prochaines semaines, et dans des proportions plus fortes que celles connues en 2021.

Impacts sur le commerce et les marchés européens

La hausse prévisible des prix mondiaux pourrait être encore plus forte en Europe pour les engrais azotés, pour le gaz et le maïs.

Le marché européen de l'azote, protégé par des droits de douanes et antidumping, est insuffisamment concurrentiel. Cela amplifie les hausses de prix internationaux sur l'ammonitrate et la solution azotée, comme on a pu le voir en 2021. 30% des importations d'engrais de l'UE sont d'origine russe, son 1er fournisseur. L'UE ou la Russie pourrait décider un arrêt des exportations d'engrais de Russie vers l'Europe. La Russie fournit 50% de la consommation européenne de gaz naturel. Même si ce n'est pas son intérêt, elle pourrait diminuer ses exportations vers l'UE. Ce qui pourrait amplifier la hausse des prix du gaz en Europe, voire créer une pénurie impactant les engrais azotés.

L'UE pourrait décider d'un embargo sur ses importations de céréales en provenance de Russie. De plus, 45% des importations de maïs de l'UE proviennent d'Ukraine, et ce flux pourrait se voir affecté.

A très court terme, si la hausse des prix de l'azote n'annule pas l'effet de la hausse des prix des céréales, l'impact économique pour les céréaliers européens pourrait être positif du fait des stocks élevés et des exportations UE qui pourraient remplacer l'origine ukrainienne voir russe sur certaines destinations, sans compter la flambée des cours depuis le 24/02. Mais la désorganisation temporaire du fret maritime pourrait aussi limiter la capacité de l'Union à exporter.

A moyen terme, un effet ciseaux sur les prix pourrait s'avérer nettement défavorable aux céréaliers européens si, à l'issue de la crise, les prix des céréales marquaient durablement le pas alors que les prix des engrais restaient sous tension.

L'effet de la crise sur les prix et les marchés ne sera donc pas nécessairement favorable aux céréaliers européens, alors qu'il pénalisera certainement les pays en développement importateurs. Au-delà du conflit géopolitique et militaire, la sécurité alimentaire est plus que jamais sous les feux de l'actualité. »

Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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