28 octobre 2021 - 13:54 |

Hausse attendue de 22% des prix des matières premières agricoles en 2021

Les cours mondiaux des matières premières agricoles devraient augmenter de 22 % en 2021 – certaines dépassant les pics historiques de 2011- puis diminuer légèrement l’année prochaine lorsque les conditions de l’offre s’amélioreront et que les prix de l’énergie se stabiliseront, estiment les experts de la Banque mondiale dans le rapport semestriel Commodity Markets Outlook publié en fin de semaine dernière.

En effet, ces prix de l’énergie devraient en moyenne être supérieurs de plus de 80% en 2021 par rapport à l’année dernière. Les auteurs estiment qu'ils se maintiendraient à des niveaux élevés en 2022, mais s’orienteraient à la baisse au second semestre, à la faveur d’une offre moins limitée.

« La montée des prix de l’énergie alimente considérablement le risque inflationniste à court terme et cette tendance, si elle se maintient, pourrait également peser sur la croissance dans les pays importateurs d’énergie », souligne Ayhan Kose, directeur du département Perspectives de la Banque mondiale. « La remontée des cours des produits de base s’avère plus prononcée que prévu. Et la récente volatilité des prix pourrait compliquer les choix de politiques publiques à l’heure où les pays se relèvent de la récession mondiale qui a sévi l’année dernière. »

Et la Banque mondiale de souligner que « les pays ont tout à gagner de l’accélération de l’implantation des énergies renouvelables et de la réduction de leur dépendance aux combustibles fossiles. » Les énergies renouvelables dont celles issues du monde agricole…

La hausse des prix alimentaires commence à s’essouffler

Au deuxième trimestre 2021, l’indice des prix alimentaires a atteint un plus haut en huit ans, reflétant des pénuries de l’offre, la hausse des coûts des intrants (surtout les engrais, le charbon et le gaz naturel) et une forte demande en produits d’embouche, notamment de la Chine.

Ceci dit, au troisième trimestre, l’indice des prix des produits agricoles s’est stabilisé mais à un niveau élevé puisqu’il est de 25% supérieur à la même période en 2020.  C’est le maïs qui a enregistré la plus forte hausse au troisième trimestre (+64% par rapport à un an auparavant), suivi des graines de soja (+47%), le café enregistrant aussi des hausses majeures à cause d’une météo défavorable au Brésil. En revanche, le prix du riz a baissé de 18%.

Tout ceci impacte les volumes attendus de production. La production mondiale de maïs augmenterait de 7,4% par rapport à 2020/21 alors que la consommation n’augmenterait que de 2,5%, d’où la baisse de prix attendue. S'agissant du riz, la Banque reprend l’analyse du Département américain de l’Agriculture (USDA) soulignant que la hausse de production ne serait que marginale. Quant aux huit plus importants oléagineux, leur production augmenterait de près de 4% ou encore de 8,4 millions de tonnes (Mt), ce qui est une hausse moyenne si on se réfère à la tendance passée. La plus forte hausse viendrait de l’huile de palme (+5%) face à l’huile de soja (+3,4%).

Des prévisions, précise la Banque, qui dépendent frotement de nombreux facteurs : les conditions météorologiques défavorables, la reprise post-Covid inégale, la menace de nouvelles vagues épidémiques, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement ou encore les politiques environnementales. En outre, la hausse des cours des denrées, ainsi que la récente flambée des coûts de l’énergie, font monter l’inflation des prix alimentaires et soulèvent des inquiétudes pour la sécurité alimentaire dans plusieurs économies en développement.

 

 

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Matières premières: 
Non
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Non

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