29 septembre 2015 - 10:45 |

Slow Food entre en Chine tandis que l'Afrique de l'Ouest compte déjà 45 adeptes

Le Slow Food fait son entrée en Chine. Ce mouvement international qui a pour principal objectif de sensibiliser les citoyens à l'écogastronomie et à l'alterconsommation, en forte opposition à la culture du fast-food qui standardise les goûts, a tenu du 23 au 26 septembre son premier évènement en Chine, le Slow Food Beijing Festival.

A noter qu'en Afrique de l'Ouest, le mouvement Slow Food a 45 adeptes (sur un total mondial de 1 500) dont 17 au Sénégal, 5 au Ghana, 4 au Togo et au Bénin chacun, 3 en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso chacun, 2 en Guinée, Guinée-Bissau, Nigeria et Niger chacun et 1 au Mali. La Chine, à ce jour, en compte 8.

Ci-après des extraits de la Déclaration de Pékin.

"La Chine a de nombreuse facettes, mais celle qui la représente le mieux pourrait être sa gastronomie : un trait profondément enraciné dans sa culture et son histoire. Pourtant, l'identité chinoise semble se diluer peu à peu.

Aujourd'hui, les aliments sont non seulement malsains, impropres et pollués (sans doute le prix à payer pour des décennies de développement trop rapide) mais ils sont aussi produits en masse, fades et coupés de leurs racines et de leur identité."

Les zones locales coupées des produits qu'elles produisent

"Trente-cinq ans de réforme et de libéralisation ont conduit la Chine à une croissance économique rapide, mais ont également nui à la production agricole, dont la qualité a drastiquement baissé, coupant les zones locales des produits qu'elles produisent. Ce phénomène est bien visible à l'échelle mondiale. Des milliers d'animaux et d'espèces végétales disparaissent chaque année, tout comme les produits qui ont fait partie du régime alimentaire et des identités des peuples pendant des siècles. Cette consommation dénaturée vide les ressources mondiales et détruit l'écosystème qui nous fait vivre ; la sécurité alimentaire est devenue une inquiétude nationale pour la Chine comme pour les autres pays du monde entier.

Début 2015, le Premier ministre chinois Li Keqiang annonçait son engagement dans une politique de "tolérance zéro" envers les violations et crimes relatifs à la sécurité alimentaire et assurait cette même sécurité alimentaire au peuple. Celle que l'on attend comme "la loi sur la sécurité alimentaire la plus importante de l'histoire" prendra officiellement effet le 1er octobre 2015.

La nourriture locale a besoin de protection et de dignité

Notre environnement a besoin de protection, nos agriculteurs de dignité, et notre nourriture des deux à la fois, sans oublier son industrie, sa distribution et peut-être le plus important de tous, sa culture, primordiale pour les Chinois et pour le monde entier.

Surtout une époque où la nourriture abonde, même dans les zones urbaines, elle demeure une expérience intellectuelle et culturelle. C'est pour cette raison que nous devons préserver la nature, continuer à produire ces aliments et chérir les cultures et traditions qui les ont créées.

Confucius faisait jadis remarquer qu'il ne consommait pas ce qui n'était pas de saison, pointant ainsi l'importance de récolter et de préparer les herbes et aliments en accord avec le Yin et le Yang présents dans la nature, de manière à s'assurer qu'ils absorbent les essences vitales de la nature, offrant alors le meilleur de leurs senteurs, de leurs saveurs et de leurs qualités nutritionnelles. La culture traditionnelle chinoise, dans toute sa vastitude et sa profondeur, est en accord total avec les concepts de Slow Food (sauvegarde de la biodiversité ou consommation des produits de saison) et apporte une contribution grandiose à la civilisation mondiale."

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