29 novembre 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Vent baissier sur les marchés

(29/11/2012)

Cacao. Le marché du cacao se cherche, ce qui impacte ses cours sur le marché à terme de Londres. Les yeux sont essentiellement rivés sur les chiffres d’arrivages des fèves aux ports ivoiriens et force est de constater qu’ils sont en baisse par rapport à la même période l’année dernière, à 124 886 t au 18 novembre contre 162 330 t sur la même période en 2011/12. Saf Cacao arrive en tête des exportateurs depuis le début de la campagne avec 23 830 t suivi de Cargill avec 18 572 t, ADM Cocoa 16 968 t et Sacco (Barry Callebaut) avec 16 030 t, pour ne citer que les principaux.
La baisse quantitative se retrouve au Ghana, le Cocobod ayant acheté 242 342 t entre le 12 octobre, démarrage de la campagne 2012/13, et le 15 novembre, dernier chiffre disponible, en chute de 27,6% par rapport à la même période l’année dernière. Le Ghana envisage une récolte de l’ordre de 800 000 t cette campagne.

Café. Si l’Arabica a rebondi de 4% mercredi, il revenait de loin, ayant touché un plus bas en deux ans et demi. Les fondamentaux sont résolument baissiers après la récolte brésilienne abondante en début d’année. L’Arabica a perdu 52% par rapport à ses plus hauts enregistrés en 2011. Toutefois, la production devrait baisser l’année prochaine, de l’ordre de 15 à 20%, suivant en cela le cycle végétatif naturel biannuel du caféier. La position des spéculateurs sur le marché est très nettement courte, selon un rapport de la Rabobank.
Par ailleurs, l’Arabica a suivi hier l’ensemble des prix des produits agricoles sur les marchés mondiaux qui ont glissé, les acteurs sur les marchés étant relativement pessimistes à l’égard de la dette grecque et des discussions budgétaires aux Etats-Unis.
Le Robusta, quant à lui, a mieux résisté hier car les récentes baisses de prix ont de suite conduit le Vietnam à réduire son offre. La baisse des stocks sur les marchés à terme a également soutenu les prix. Le Liffe devrait publier d’ici la fin de semaine ses nouveaux chiffres de stocks, mais au 12 novembre dernier, ils s’établissaient à 108 580 t soit 17% de moins que début octobre.

Caoutchouc. Si de fortes pluies impactent actuellement la saigné des arbres en Thaïlande et en Indonésie, réduisant leur offre, les stocks élevés en Chine pèsent sur le marché à terme de Tokyo qui actuellement est très lourd avec peu d’activités. Sur le marché du physique, des offres à l’achat sont faites mais avec des prix faibles. Cette semaine, le RSS3 a coté $ 2,92 le kilo et le STR20 $ 2,85. En Malaisie, le SMR 20 s’est échangé entre négociants cette semaine à $ 2,87 le kilo contre $ 2,91 la semaine dernière.
Les stocks détenus par les autorités en Thaïlande s’élèvent à 170 000 t et devraient encore augmenter ces prochains mois car le gouvernement va renforcer sa politique d’achat destinée à soutenir les prix sur le marché intérieur.
A Shanghai, les stocks ont augmenté de plus d’un tiers en une semaine et atteignent leur plus haut niveau depuis 2 ans et demi.
Au Gabon, la Société d’investissement pour l’agriculture tropicale (Siat) Gabon, filiale du groupe belge, a augmenté hier de FCFA 25 le prix au planteur du kilo de caoutchouc naturel qui s’établit ainsi à FCFA 525 FCFA. ”Cette augmentation fait suite à la légère hausse des cours du caoutchouc sur le marché international”, a affirmé dans le communiqué le directeur général de Siat Gabon, Gert Vandersmissen. Cette augmentation intervient après plusieurs mois de baisses régulières; de FCFA 800 en début d’année, le prix d’achat aux planteurs est tombé à FCFA 600 en septembre, puis à FCFA 500.
Rappelons que Siat Gabon assure presque la totalité de la production de caoutchouc du Gabon, avec plus de 17 000 t par an. A noter toutefois l’arrivée dans la filière gabonaise du singapourien Olam qui a acquis de l’Etat gabonais une superficie de 28 000 ha; sa production devrait démarrer en 2020.

Céréales. Le blé coté à Chicago a vu son cours baisser ce matin à l’ouverture des marchés asiatiques, après 7 jours ininterrompus de hausse, sa plus longue hausse depuis le mois de juillet dernier lorsque les différentes sécheresses avaient ébranlé les marchés. Toutefois, les analystes s’attendent à ce que le blé rebondisse car le temps est encore très sec aux Etats-Unis, a signalé dans un rapport publié lundi le département américain de l’Agriculture (USDA) : le blé rouge d’hiver, qui entre en hibernation, serait dans les pires conditions historiques en raison de cette sécheresse. En outre, les perspectives d’approvisionnement de Russie et d’Ukraine sont moroses et on parle même d’importations en Russie.

Coton. Le cours de la fibre blanche a baissé hier à la clôture du marché à terme de New York, à 72,63 cents la livre, suivant en cela les autres matières premières agricoles sur fond de pessimisme ambiant. La volatilité est faible car les investisseurs se seraient retirés pour l’instant de ce marché qui n’est pas suffisamment volatile pour intéresser les spéculateurs et qui, en outre, dispose de stocks pléthoriques qui pèsent sur les cours.
Les cours mondiaux ont baissé de 27% depuis le début de l’année.
En Inde, le prix spot du coton est en baisse, le mouvement devant s’accentuer cette semaine, car l’offre augmente avec la nouvelle récolte qui a démarré le 1er octobre. Toutefois, celle-ci est globalement plus faible que l’année dernière puisque le deuxième producteur mondial enregistre une chute de 29% de sa récolte par rapport à la précédente. Mais la tendance à venir est difficile à discerner car, d’une part, la faiblesse des prix conduisent les cotonculteurs à faire de la rétention, d’autre part, la faiblesse des prix actuels pourrait conduire les filateurs à se porter à l’achat.

Huile de palme. La production du numéro 1 d’huile de palme, l’Indonésie, devrait augmenter de 7% l’année prochaine, à 27 millions de tonnes (Mt), l’augmentation des superficies cultivées ces trois dernières années devant commencer à porter ses fruits. Cette année, la production s’élèverait à 25,2 Mt, en hausse par rapport aux 23,5 Mt en 2011, selon Fadhil Hasan, directeur général de l’Association indonésienne de l’huile de palme.
Les plantations de palmier à huile s’étendent sur 8,2 millions d’hectares en Indonésie et elles devraient augmenter de 200 000 ha par an sur la prochaine décennie.
A noter que la demande mondiale a baissé cette année sur fond de crise ou de morosité économique, ce qui a gonflé les stocks et fait chuter d’un quart le cours mondial de l’huile de palme depuis le début de l’année. Les stocks indonésiens seraient de l’ordre de 2,5 à 2,8 Mt, selon Fadhil Hassan. Les pays producteurs tendent de dynamiser la demande mais se heurtent à la vive campagne occidentale contre la consommation de cette huile, évoquant, à la fois, l’impact environnemental des immenses plantations asiatiques et les méfaits de l’huile sur la santé. Selon Fadhil Hassan, l’image de l’huile de palme s’est fortement dégradée ces deux à trois dernières années.
L’Agence environnementale des Etats-Unis s’est récemment rendue en Indonésie pour mesurer l’impact environnemental des plantations et la France a proposé d’augmenter la TVA sur les produits alimentaires contenant de l’huile de palme, taxe connue sous le nom de « taxe Nutella ».
Pour améliorer son image, l’Indonésie a signé en mai 2011 un moratoire sur 2 ans sur les forêts. Est-il vraiment respect et sera-t-il renouvelé fin 2013 ? Là se posent les questions.

Riz. La faiblesse de la demande a fait baisser les prix du riz vietnamien sur les marchés asiatiques cette semaine et cette baise pourrait se poursuivre ces prochains mois si la demande n’est pas ravivée et alors que va arriver début 2013 la nouvelle récolte. Les brisures 5% sont tombées à $ 422-440 la tonne FOB contre $ 445-455 la semaine dernière, le 25% baissant à $ 400 contre $ 420-425. Rappelons que la récolte vietnamienne d’hiver est la plus abondante, touchant son pic en mars ; elle est essentiellement exportée.
Entre janvier et novembre, ses exportations ont augmenté de 9,7% à 7,44 Mt, avec pour client majeur la Chine qui a d’ailleurs détrôné l’Indonésie de son premier rang parmi les amateurs de riz vietnamien. Mais, actuellement, la Chine se tourne plutôt vers le Pakistan pour s’approvisionner, ce qui, d’ailleurs, pousse à la hausse les cours de ce dernier. Actuellement, les prix pakistanais dépassent légèrement les indiens, grands rivaux. Les brisures 5% du Pakistan sont offertes à $ 430-440 la tonne contre $ 425-435 pour la même qualité d’Inde.
Les prix thaïlandais, quant à eux, sont demeurés stables, le 100% B étant offert à $ 555 la tonne et les brisures 5% à $ 550.

Sucre. Baisse également du sucre roux hier à New York, qui à terminé juste en dessous des 20 cents/lb, à 19,17, non seulement en unisson avec le reste des matières premières agricoles dont les cours ont glissé, mais aussi parce que l’abondance des disponibilités pèse sur les prix. La production mondiale 2012/13 devrait excéder la consommation de 8 à 10 millions de tonnes (Mt), estime Ben Pearcy, directeur général sucre et biocarburants chez Bunge.

Thé. Le prix moyen des thés aux ventes aux enchères de Mombassa qui se sont tenues mercredi, a augmenté pour se situer à $ 4,29 le kilo contre $ 4,12 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones se son vendues à $ 4,62-3,96 le kilo contre $ 4,38-3,86 la semaine dernière, la troisième hausse des prix hebdomadaires en trois semaines. Les Best Pekoe Fanning Ones sont parties à $4,18-$3,82 contre $4,22-$3,88. Au total, 124 817 paquets (8 000 t) ont été offerts à la vente contre 127 817 paquets la semaine dernière. Les acheteurs les plus actifs étaient d’Egypte, du Kazakhstan, Soudan, Afghanistan et Royaume Uni.
Au Burundi, les recettes d’exportation provenant du thé ont fait un bond de 78% en octobre par rapport à octobre 2011, grâce à une forte hausse tant des volumes que des prix. Selon l’OTB, $2,15 millions ont été perçus de l’exportation de 682 827 kg contre $1,21 million pour 479 808 kg en octobre 2011. Le prix moyen à l’export a été de $ 3,15 contre 2,54 le kilo en octobre 2011.
Rappelons que 80% du thé burundais est vendu aux enchères de Mombassa.

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