30 avril 2020 - 14:57 |

Covid, terrorisme, trafic : le bétail malmené au Sahel

"En plus du terrorisme, l’autre actualité du Sahel moins médiatisée est le trafic de bétail", écrivait hier notre confrère Tiga Cheick Sawadogo dans lefaso.net. Il se fait l'écho d'un communiqué du maire de Kelbo dans le Soum, daté du 23 avril 2020,  qui annonce la vente aux enchères de 326 vaches, 41 taureaux et quatorze 14 moutons. Cette vente est organisée suite à la mise en fourrière d’animaux retrouvé en divagation.

Et notre confrère d'attirer l'attention sur la situation conduisant à cette vente. "Dans une région par excellence d’élevage, impossible de trouver une famille qui n’a pas de ruminants. C’est une question de tradition. Mais à cause du terrorisme et des conflits communautaires, les propriétaires de troupeaux importants sont désormais en insécurité. Ceux qui ont pu fuir à temps ont laissé derrière eux les efforts de toute une vie, souvent transmis de père en fils. Ceux qui par contre n’ont pas eu cette chance ont été tués et leurs troupeaux emportés par des hommes armés. En réalité des délinquants et grands voleurs qui enfilent facilement le manteau de djihadistes."

Lors d’un atelier à Dori sur la transhumance, le vol et l’enlèvement du bétail dans la région du Sahel en septembre dernier, le secrétaire général de la région du Sahel Inoussa Kaboré soulignait que "sur la première moitié de l’année 2019, il avait été signalé plus de 12 000 bovins, plus de 3 000 petits ruminants et une cinquantaine de camelins volés ou enlevés dans les provinces de l’Oudalan et du Soum."

Des ventes similaires auraient déjà eu lieu à Bourzanga, Sollé, Gorgadji, Namissiguima, "sous le regard lointain et impuissant des vrais propriétaires". Certains, informés de la mise en fourrière de leur bétail, tentent parfois de revenir les chercher, souvent au péril de leur vie.

Et lefaso.net de rappeler le massacre de Barga en mars. "Les terroristes avaient prévenus les grands éleveurs de la localité :  la prochaine fois qu’ils viendront, ça sera pour s’accaparer du bétail, si les groupes de défense ne les devancent pas. C’est avec l’argent issu de la vente de ce bétail qu’ils s’achèteront des armes, avaient-ils laissé entendre."

Des centaines de milliers d’animaux transiteraient quotidiennement "dans ces no man’s land" du Sahel.

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