30 août 2018 - 08:35 |

La filière cacao s'enfuit de la région anglophone du sud-ouest du Cameroun

En raison de l'intensification de la  violence entre les mouvements séparatistes anglophones et les forces de l'ordre au Cameroun, les entreprises cacaoyères comme Telcar Cocoa (joint venture Cargill-et la femme d'affaire camerounaise Kate Kanyi Fotso Tometi), Olam ou encore Theobroma (filiale du groupe Ecom) ont évacué la majorité de leur personnel de cette région du sud-ouest, rapportent plusieurs sources interrogées par Reuters. Theobroma a fait évacué son staff de la région de Mamfe à Kumba, Olam a évacué le sien de Mamfe et de Kumba pour l'installer dans la capitale économique du pays, à Douala.

Nombre de petits cacaoculteurs ont également quitté la région, abandonnant leurs récoltes alors que la campagne 2018/19 vient de démarrer, début août. Cette région du sud-ouest du Cameroun, 4ème producteur mondial de fèves, représentait 45% de la production cacaoyère nationale en 2016/17 mais sa part a chuté à 32% la campagne dernière.

Rappelons que la production nationale de cacao en 2017/18 a été de 253 510 tonnes (t), selon l'Office national du cacao et du café (ONCC) (240 000 selon l'Organisation internationale du cacao. Mais les stocks de cacao sont passés de 7 212 t en 2016/17 à 21 159 t en 2017/18, des stocks essentiellement dans la région anglophone et aujourd'hui difficile d'accès. Ceci dit, des fèves parviennent à sortir de la région, notamment via des exportations frauduleuses au Nigeria voisin. Selon un trader, les volumes qui quittent ainsi le pays sont passés de 10 000 t les années précédentes à 30 000 ou 40 000 t la campagne 2017/18.

La violence dans cette région cacaoyère du Cameroun sévit depuis novembre 2016, lorsque le gouvernement a violemment réagi contre le mouvement de protestation des enseignants et juristes anglophones qui évoquent la marginalisation croissante  face à la majorité francophone. La crise s'est intensifiée avec l'approche des élections prévues en octobre.

Une violence qui touche les activités cacao. Au moins un entrepôt appartenant à Telcar, le plus gros acheteur de fèves de la région, aurait été incendié. La plupart des entreprises d'export ont recours à des acheteurs locaux pour aller chercher les fèves ne brousse.

Depuis la fin de l'année dernière, quelque 200 000 personnes auraient fui la région anglophone, selon l'Onu.

Secteurs: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +