31 janvier 2008 - 10:05 |

Africajou ne créera pas son huilerie de cajou au Sénégal

Une implantation au Mali, au Ghana ou en Côte d’Ivoire pourrait être envisagée, à terme

(31/01/08)

Pierre Berger, directeur associé d’Africajou, baisse les bras. Ce mois-ci, la société a décidé de ne pas poursuivre son projet de création d’huilerie de cajou au Sénégal. ”Trop de corruption partout. Même dans le système bancaire”, souligne-t-il, à regret. Finalement, du moins pour cette année et probablement l’année prochaine, la société va travailler en sous-traitance en France. Mais ils continueront à acheter des amandes décortiquées auprès des producteurs sénégalais, notamment auprès de la SCPL en Casamance (qui fournit déjà, entre autres, l’associationHandicap International), assureront leur transport pour les livrer à l’usine en France avec qui ils ont conclu un accord de sous-traitance. Africajou assure ensuite le conditionnement, la mise aux normes européennes et la commercialisation. Elle travaille au Sénégal avec des opérateurs qui ont l’agrément commerce équitable et qui cherche à obtenir le label bio.
Le projet d’huilerie au Sénégal aurait permis de créer 60 emplois, souligne le responsable français. En terme de volumes, Pierre Berger estime que sur 2008, il traitera 5 à 10 t d’amandes décortiquées (plus de 10 à 20 t de noix), ce qui donne environ 1250 à 2500 litres d’huile. Il prospecte actuellement les débouchés sur le marché français. Son succès pourrait avoir raison de son sous-traitant : si les marchés prospectés par Africajou en Europe dépassent les 4 à 5 t, son sous-traitant français ne pourra pas suivre. Il devra donc à nouveau envisager d’investir dans une huilerie intégrée à son groupe, et peut-être en Afrique.
Ce qu’il n’exclut pas de faire, en tout état de cause, dans quelques années. ”De toute façon, elle ne serait pas implantée au Sénégal. Peut-être au Mali, au Ghana ou en Côte d’Ivoire. Pour la Côte d’Ivoire, c’est encore trop tôt. La zone de production est dans le Nord, près de Bondoukou, à 400 km d’Abidjan. Il y a encore des barrages de police tout le temps. Il faut attendre que le processus de paix soit plus avancé”, explique-t-il.
Quant à la campagne à venir, qui s’ouvre vers le 15 mars au Sénégal, il est encore trop tôt pour se prononcer, poursuit l’opérateur. ”C’est toujours le même souci avec les prix. Les Indiens ont pu faire des propositions pendant la période de soudure et on l’ignore. Les paysans bloquent alors la production.” L’Inde est le premier importateur et consommateur mondial de noix de cajou. Selon sa propre récolte, ce pays achète plus ou moins de noix à l’Afrique, balayant le continent d’Est en Ouest au fil du démarrage des récoltes. ”L’année dernière, ils ont pré-acheté à FCFA 75 le kilo alors que le prix normal est entre FCFA 200 à 300 ! Les paysans ont bloqué le marché.

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