10 septembre 2013 - 10:26 |

L’énergie atomique au chevet du blé au Kenya

Six tonnes de nouvelles variétés de semences disponibles ce mois-ci

(10/09/2013)

Un projet multinational soutenu par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la FAO ont marqué, cette semaine, une étape fondamentale avec la présentation, par l’Université d’Eldoret au Kenya, de deux nouvelles variétés de blé résistant aux maladies. Ainsi, ces deux derniers jours, des milliers de cultivateurs kenyans ont passé le seuil de l’Université pour participer à une foire agricole exposant les dernières technologies.

La maladie de la rouille des tiges du blé, maîtrisée durant plus de 30 ans, est réapparue en 1999 en Ouganda (d’où sa dénomination Ug99) avant de se diffuser rapidement au Kenya voisin. Elle s’est depuis propagée à l’Iran, au Yémen et à l’Afrique du Sud et menace jusqu’aux cultures de l’Inde, car ses spores sont transportées par le vent. En freinant la croissance de la plante et son rendement, ce redoutable parasite est capable de détruire jusqu’à 70-100 pour cent des récoltes, mettant ainsi en péril la production mondiale de blé.

Améliorer la sécurité alimentaire dans les pays en développement par l’utilisation de techniques nucléaires est une priorité importante de l’AIEA ”, a déclaré son directeur général Yukiya Amano.
Les variétés de blé résistantes à la rouille ont été mises au point à l’aide d’un projet de coopération du département technique de l’AIEA et de la division mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture, baptisé Répondre à la menace transfrontière de la rouille des tiges du blé (Ug99) , qui a fait intervenir plus de 20 pays et organisations internationales.

Les variétés ont été développées grâce à la mutagénèse, une technique d’amélioration des cultures issue de la recherche nucléaire. En exposant les graines aux rayonnements, les scientifiques accélèrent le processus naturel de mutation, ce qui permet ensuite aux phytogénéticiens de sélectionner et de mettre au point de nouvelles variétés.

En 2009, Miriam Kinyua, une obtentrice kenyane, a envoyé 10 kg de semences de blé appartenant à cinq variétés aux laboratoires FAO/AIEA de Seibersdorf (Autriche), où elles ont été irradiées pour mutation induite. Les graines ont été ensuite réexpédiées au Kenya où elles ont été semées dans un ”point chaud” de la maladie pour être triées et sélectionnées.

Le Département de biotechnologie de l’Université d’Eldoret ont ainsi identifié huit lignées résistantes à la souche Ug99. Quatre d’entre elles ont été soumises aux essais de performance kenyans, et deux officiellement approuvées en tant que variétés par le comité national du Ministère de l’agriculture.

Ainsi, quelque six tonnes de semences des nouvelles variétés seront disponibles ce mois-ci pour la prochaine campagne de semis au Kenya.

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