08 octobre 2015 - 14:45 |

La Chronique Matières du Jeudi (08/10/2015)

Les marchés des matières premières agricoles se sont globalement orientes à la hausse cette semaine, alors que la Chine était en vacances. Les marchés rouvrent aujourd'hui chez le géant asiatique.

CACAO

Le cacao a terminé, hier soir, en baisse, touchant son plus bas en un mois, à  £ 2 107 la tonne sur le marché de Londres et à $ 3 079 la tonne à New York.

Cependant, la tendance globale demeure soutenue, ne serait-ce parce que la prochaine campagne s'annonce déficitaire, de l'ordre de 96 000 tonnes (t), a souligné Jean-Marc Anga, directeur général de l'Organisation internationale du cacao (ICCO), à Reuters lundi en marge d'une conférence à Abidjan. Pourtant, la production est estimée atteindre 4,25 Mt, en hausse par rapport aux 4,192 Mt de la campagne 2014/15 qui vient de s'achever.

"Le phénomène El Niño s'intensifiera cette année et impactera la production", a-t-il confié à Reuters. "Mais de nombreux investissements ont été réalisés sur les plantations afin d'améliorer les rendements. La production devrait augmenter au Ghana, en Equateur et éventuellement en Indonésie." L'ICCO estime que la production au Ghana sera de 800 000 t (720 000 t en 2014/15), le gouvernement, quant à lui, misant sur 850 000 à 900 000 t. En revanche, la production en Côte d'Ivoire s'annonce en forte baisse à cause de la météo défavorable, a précisé le responsable de l'ICCO.

A noter que pour cette première semaine de la nouvelle campagne 2015/16, les arrivages aux ports ivoiriens ont été de 3 000 t, en chute par rapport aux 15 000 t réceptionnées sur la première semaine de 2014/15.

CAFE

Ce serait toujours la "spec" qui conduit le marché de l'Arabica. Après avoir fait grimper les cours sur fond de craintes liées au temsp sec, finalement, il sont repartis à la baisse car la réaction haussière aurait été surfaite. L'Arabica a terminé à $ 1,2605 la livre et le Robusta à $ 1 59 la tonne, en baisse de 2,6% sur la veille. Pourtant, dans l'Etat brésilien producteur de Robusta, l'Etat d'Espirito Santo, l'irrigation a été interdite la journée et la consommation d'eau a été réservée aux stricts besoins des personnes et non des cultures.

Au Vietnam, n°1 mondial du Robusta, la campagne 2015/16 a démarré doucement, avec un niveau record de stocks et peu de café de la nouvelle récolte. Selon des négociants, le pays pourrait exporter ce mois-ci entre 80 000 et 140 000 t, essentiellement de l'ancienne campagne. Rappelons que le Vietnam a exporté 1,26 Mt de Robusta en 2014/15, son plus faible volume en 5 ans.

En Colombie, la production a grimpé de 16% en septembre, à 1 058 000 sacs de 60 kg contre 912 000 sacs en septembre 2014, selon la Fédération nationale des planteurs de café. De janvier à septembre, la production a totalisé 10 Ms, en hausse de 13% sur la même période en 2014. Ceci dit, l'impact d'El Niño devrait se faire ressentir au cours des prochains mois.

Au Kenya, le prix du Grade AA s'est positionné dans une fourchette supérieure à celle de la semaine dernière, à $ 179-255 le sac de 50 kg, contre $  85-253. Le Grade AB a connu la même tendance, à $ 128-302 contre $ 110-261.

Le Rwanda  a signé, jeudi dernier, un accord avec l'Agence américaine de développement international (USAID) et l'Université du Michigan (MSU), soit $ 1,8 million, pour raviver le secteur caféier. C'est sur l'ensemble de la chaîne, en associant et coordonnant les initiatives du privé et du public, que les Américains et les Rwandais entendent redynamiser la filière.

CAOUTCHOUC

Après avoir touché un plus haut en 3 semaines en raison d'un yen fort face au dollar, le prix du caoutchouc a clôturé en baisse hier soir sur la place de Tokyo, le Tocom, à 172 yens le kilo.

Côté entreprises, le groupe français Michelin, en partenariat avec l'indonésien Barito Pacific, investiraient € 443 millions dans des plantations à Sumatra et Kalimantan ainsi que dans une usine de transformation à Banten, dans l'ouest de Java, a annoncé aujourd'hui le ministre de l'Industrie. Une information non confirmée par Michelin.

COTON

Face aux pluies diluviennes et historiques en Caroline du Sud, Etat producteur de coton aux Etats-Unis, en début de semaine, les cours du coton sur le marché à terme de New York ont grimpé à un plus haut en deux semaines et demi puis se sont stabilisés à ces niveaux hier.

Des torrents de pluie qui pourraient endommager les rendements et la qualité, d'autant plus que ces deux semaines dernières, le soleil s'est fait rare dans le sud-est des Etats-Unis. Ceci dit, les acteurs de la filière demeure optimistes : les plants pourraient retrouver une belle santé avant la récolte.

Les deux Etats de Caroline ne représentent que 5% de la production américaine de coton mais ils jouent un rôle important en raison de leur proximité géographique avec les industries textiles.

HUILE DE PALME

Si en début de semaine, la fermeté des cours de l'huile de palme a persisté, stimulés par le ringitt malais face au dollar et poursuivant une tendance sur deux semaines à la hausse,  le marché termine la période sous revue plutôt maussade : on s'attend à la publication, la semaine prochaine, de chiffres peu flatteurs pour le mois de septembre. La production locale en Malaisie devrait être record, avec des stocks pléthoriques, attendus au plus haut depuis 3 ans, ce qui va peser sur les prix.

Ainsi, après avoir atteint, mardi, un plus haut en 15 mois, à 2 444 ringitt, la tonne d'huile de palme cotait 2 272 ringitt à la mi-séance à Kuala Lumpur.

Si, à court terme, on devrait assister à une baisse de la production mondiale d'huile de palme, à  plus long terme, sur les 3 à 5 prochaines années, elle devrait fortement augmenter, estime James Fry, président de la société de consultance sur les matières premières LMC International. Ainsi, sur les 18 prochains mois, la production devrait être affectée par la conjonction d'El Niño, d'un moindre ensoleillement dans des pays producteurs comme l'Indonésie et la Malaisie et par la difficulté persistante des petits planteurs à utiliser des engrais. En revanche, après, de nouvelles plantations arriveront à maturité à Kalimantan en Indonésie ainsi qu'à Sarawak en Malaisie, a-t-il souligné mardi lors du Congrès international sur l'huile de palme qui s'est tenu à Kuala Lumpur. Quant aux prix, il estime qu'ils demeureront étroitement liés au cours du baril de pétrole qu'il voit dans une fourchette allant de … $ 30 à 100.

RIZ

Le Vietnam a remporté l'appel d'offres indonésien portant sur la livraison d'un million de tonnes (Mt), ce qui, de suite, à fait grimper les prix du riz vietnamien à un plus haut en 11 semaines. Hier, le 5% brisures a gagné 3% de sa valeur à $ 350-355 FOB la tonne contre $ 340-345 la semaine dernière, et les 15% brisures était hier à $ 345, en hausse de $ 10 sur la tonne. A ces niveaux de prix, les acheteurs africains sont restés en retrait.

Des prix en hausse qui incitent les acheteurs  à se tourner vers le riz thaïlandais. Le 5% brisures est à $ 310 FOB.

La Thaïlande qui pourrait, cette année, regagner son rang de leader mondial des exportateurs, rang ravi l'année dernière par l'Inde, souligne l'Association des exportateurs thaïlandais de riz. En effet, après la politique de subvention du prix du riz qui a conduit la Thaïlande à accumuler des stocks massifs l'année dernière, cette année est plutôt celle de l'export. D'ores et déjà, depuis le 1er janvier, le pays a exporté 7,1 millions de tonnes (Mt). La raison première de cet essor est l'accord bilatéral signé fin 2014 avec la Chine pour l'achat de 2 Mt de riz sur 2015 et 2016.

L'association estime que les exportations thaïlandaises, toutes destinations confondues, pourraient atteindre 9,7 à 10 Mt contre les 9,5 Mt initialement envisagées. Sur le million de tonnes de riz  blanc qui fait l'objet de l'accord avec la Chine pour livraison cette année, 700 000 t ont déjà été expédiées. Habituellement, la Thaïlande n'exporte qu'environ 300 000 t de riz jasmin vers la Chine.

A noter qu'entre janvier et août, le Vietnam, quant à lui, a vendu 1,5 Mt à la Chine. Le géant a fixé son quota global d'importation à 5,32 Mt pour 2016.

SUCRE

Le sucre poursuit son envol ! Hier, le roux à New York a touché son plus haut en sept mois, clôturant à 13,98 cents la livre. Ces deux dernières semaines, il a  gagné plus de 20%. De nombreuses prises de couverture courtes mais aussi l'annonce, hier, par l'analyste australien Green Pool d'une révision à la hausse du déficit attendu sur 2015/16, ont fait flamber les cours. De 4,6 millions de tonnes (Mt), le déficit serait en définitive de 5,6 Mt, selon l'expert. Les productions en Chine et en Inde seraient en baisse.

Mais, il faut relativiser. On est loin de manquer de sucre…. Après 5 campagnes d'excédent, les stocks mondiaux regorgent de sucre et ils doivent être liquidés avant que ceci n'ait un impact réel durable sur les prix, souligne en substance Nick Penney de Sucden Financial Sugar.

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