17 novembre 2016 - 21:15 |

La Chronique Matières du Jeudi (17/11/2016)

Mercredi, le dollar a terminé au plus haut depuis 13 ans face à un panier de devises, stimulé par les annonces d'investissements américains dans les infrastructures et par la perspective d'une inflation qui repartirait à la hausse suite à ces dépenses américaines accrues. Le Dow Jones n'a pas cessé de grimper depuis l'annonce de l'élection de Donald Trump.

CACAO

Le cacao a terminé, mercredi soir, en hausse sur le marché à terme de Londres, à £ 2 002 la tonne, après avoir touché son plus faible prix en 9 mois et demi, et à $ 2 411 sur le marché à terme de New York. Vendredi dernier, la tonne cotait £ 2 022  et $ 2 471 respectivement.

L'actualité ivoirienne ainsi que la perspective d'un excédent conséquent sur la campagne 2016/17 pèsent sur les cours, l'ampleur de cet excédent étant régulièrement révisée à la hausse.

En effet, la Côte d'Ivoire, à travers la Caisse du café-cacao (CCC), a annoncé autoriser les exportateurs à reporter sur la campagne 2016/17 les contrats non exécutés de 2015/16 et ce, au 30 septembre, soit à la fin de la campagne. Objectif ? Eviter que les entreprises d'exportation ne fassent défaut, mais aussi les inciter -pour ceux qui ont fait de la rétention- à livrer le cacao en stock. En jeu, quelque 60 000 à 120 000 tonnes (t) de cacao, estiment les exportateurs.  Ils auront jusqu'à la fin décembre pour exporter leurs fèves aux conditions fiscales de la campagne dernière.

Pour certains exportateurs, non touchés par cette disposition, cette mesure ne ferait que couvrir les entreprises qui n'ont pas pris de couverture, estimant que les prix allaient continuer à augmenter. Or, ils ont baissé, plus ou moins régulièrement, sur une grande partie de cette année.

Rappelons qu'en 2015/16, les arrivages aux deux ports d'Abidjan et de San Pedro ont chuté de près de 13%, en raison d'une météorologie défavorable, ce qui a mis les exportateurs dans une situation très délicate pour honorer leurs contrats.

Quant à cette campagne 2016/17, au 13 novembre et depuis le démarrage, le 1er octobre, les arrivages aux ports de San Pedro et d'Abidjan ont totalisé 316 000 t, estiment les exportateurs, en baisse de 23% sur la même  période en 2015/16.

CAFÉ

L'Arabica, comme le Robusta, ont terminé, mercredi soir, en hausse par rapport à vendredi dernier. L'Arabica cotait $ 1,644 la livre sur mars contre $ 1,631 en fin de semaine dernière, tandis que le Robusta cotait $ 2 163 la tonne à Londres contre $ 2 027. Le Robusta qui continue d'être soutenu à la hausse par les mauvaises perspectives de récolte chez le n°1, le Vietnam.

Ceci dit, vendredi dernier, le prix de l'Arabica avait fortement baissé suite à la baisse du real, la monnaie brésilienne, car une monnaie moins chère signifie des produits plus compétitifs et donc plus de volumes mis à l'export.

Au Kenya, les ventes aux enchères ont repris mercredi après deux semaines d'interruption. Le Grade AA  s'est vendu dans une fourchette de prix plus élevée, à $ 94-350 le sac de 50 kg contre $ 124-341 aux précédentes ventes. Le Grade AB, pour sa part, a trouvé preneurs à $ 109 à 323 contre $ 93-322.

Côté Robusta, chez le n°1, le Vietnam, les stocks dans les principales régions de production, s'estompent, rapporte Reuters. La récolte n'a pas encore atteint son pic et la perspective de pluies éparses ces deux prochaines semaines pèse sur les prix. En effet, les pluies qui étaient intervenues en début de mois, perturbant les récoltes, ont cessé dans la plupart des régions de la ceinture caféière des Central Highlands. Le temps sec démarre.

A noter que le Grade 2 vietnamien, 5% grains noirs et cassés, s'est vendu cette semaine avec une décote de $ 50 sur Londres ; la semaine dernière, la décote était de $ 55 à 60.

CAOUTCHOUC

Lundi, les cours du caoutchouc ont  chuté de 3,8% à 197,7 yens le kilo lundi sous la prise des bénéfices alors que les cours ont monté à un plus haut proche de  16 mois plus tôt dans la séance à 221,7 yens. Le Tokyo Commodity Exchange (Tocom) a plongé suivant les fortes pertes à Shanghai pendant la nuit, ceux-ci perdant  700 yuans à 15 335 yuans la tonne pour le contrat de janvier.

Mardi et mercredi, les cours sont repartis à la hausse entraînés par des craintes sur l’approvisionnement, la faiblesse du yen,  le raffermissement des cours du pétrole et du marché à terme de Shanghai. . Mercredi, le contrat échéance avril a gagné 12,1 yen à 212,4 yens ($1,95) le kilo. Le contrat de janvier à Shanghai a progressé de 935 yuans à 16 540 yuans ($2 408) la tonne.  Sur le Sicom Exchange à Singapour, le contrat de décembre  a gagné 4,6 cents $172 cents le kilo.

COTON

Les contrats à terme sur le coton ont augmenté pour la troisième session consécutive mercredi pour clôturer à 71,69 cents la livre pour le contrat de mars. Le mauvais temps en Chine pourrait causer des dommages sur la culture du coton tandis que des inquiétudes concernent un possible retard sur la récolte américaine.

Les spéculateurs ont réduit leur position longue sur le coton de 1 235 lots à 75 699 lots pour la semaine terminée le 8 novembre, la réduisant pour la troisième semaine consécutive, selon les données de la CFTC.

Dans son dernier rapport, le Comité consultatif international du coton (CCIC) estime que les stocks mondiaux de clôture de 2016/17 devraient diminuer de 7% à 17,8 millions de tonnes (Mt), après avoir baissé de 14% en 2015/16. En Chine, les stocks ont diminué de 13% pour s’établir à 11,3 Mt, le gouvernement chinois ayant cédé plus de 2 Mt de ses réserves entre mai et septembre 2016. La Chine qui a annoncé qu’elle renouvellerait en 2017 les ventes aux enchères de ses réserves lorsque la majorité de la nouvelle récolte aura été vendue. Les stocks  en Chine devraient diminuer de 15% à 9,6 Mt à la fin de 2016/17, estime le CCIC.

La Société cotonnière du Tchad devrait contracter auprès d’un pool bancaire deux crédits de campagnes pour un montant total de FCFA 124,8 milliards. Le pays ambitionne de produire 200 000 tonnes de coton.

HUILE DE PALME

Les cours de l'huile de palme de Malaisie ont augmenté pour la première fois en trois séances mercredi dans le sillage des huiles concurrentes en progression tant sur le  Chicago Board of Trade (CBOT)  aux Etats-Unis que  sur le Dalian Commodity Exchange en Chine. Le contrat de février a clôturé à 2 855 ringgits ($657) la tonne. Les volumes échangés se sont élevés  à 51 327 lots de 25 tonnes chacun,  soit au-dessus de la moyenne quotidienne de 2015 à  44 600 lots.

Le marché subit une correction après quelques séances volatiles, selon les négociants. En effet,  avec la faiblesse du ringgit, l’huile de palme a grimpé à un sommet de quatre ans à 3 089 ringgits vendredi. Puis,elle a affiché lundi sa plus forte baisse en quatre mois, -4%,  suivant le Dalian Commodity Exchange après l’annonce de nouvelles des mesures du gouvernement chinois pour freiner la spéculation.

Sur la première quinzaine de novembre,  les exportations d’huile de palme de Malaisie ont chuté de 17% selon Intertek Testing Services.

Les importations d'huile végétale de l'Inde ont augmenté de 1% sur l’année pour s'établir à 14,74 millions de tonnes (Mt) au cours de la campagne de commercialisation qui s'est terminée en octobre. C’est le taux de croissance le plus lent depuis au moins  six ans. Pour l’huile de palme, les importations ont chuté de 11,5% à 8,44 Mt tandis que les importations de soja ont grimpé de 40% à 4,23 Mt sur la même période.

Dans le cadre de la COP22, sept pays africains ont signé la Déclaration de Marrakech qui privilégie l’huile de palme durable (cf. nos informations ).

RIZ

Cette semaine, les cours du riz ont légèrement fléchi au Vietnam mais ils sont encore plus élevés que les prix en Thaïlande, qui sont à un plus bas de 13 mois en partie en raison de l’affaiblissement du bath.

Le Thaï 5% a chuté à $342-$345 mercredi contre $345-$348 la semaine dernière et ce en dépit des nombreuses mesures de soutien mises en place (voir nos précédentes chroniques). Le baht thaïlandais a fléchi de 0,6% la semaine dernière à 35,14 dollars  mercredi.

Le Viet 5% s’échangeait à $347-$350 la tonne contre $350 la semaine dernière. «Les prix vietnamiens sont encore élevés, alors que les prix du riz thaïlandais sont plus bas. Il est donc difficile de vendre maintenant », a déploré un exportateur vietnamien basé  Ho Chi Minh Ville. Un autre négociant a indiqué que les acheteurs africains se tournaient vers le Pakistan et la Thaïlande.

La production de riz paddy aux Philippines  a été revue à la baisse à 17,91 millions de tonnes en 2016, un plus  bas depuis  trois ans en raison des pertes de récoltes causées par El Niño et des typhons. L’un des plus importants importateurs mondiaux de riz pourrait donc acheter 250 000 tonnes de riz supplémentaires, en plus des 250 000 tonnes achetées récemment au Vietnam et en Thaïlande, si elle  a un besoin d’accroître ses stocks tampons.

La Tanzanie et la FAO ont lancé lundi un accord de partenariat visant à permettre à la nation d'Afrique de l'Est de doubler sa production de riz d'ici à 2018. Le nouveau projet baptisé Partenariat pour le développement durable des systèmes rizicole en Afrique a été lancé dans la région de Morogoro, à environ 200 kilomètres à l'ouest de la capitale commerciale Dar es-Salaam. Doté de $5 millions et mise en œuvre dans dix pays africains – le Bénin, le Cameroun,  la Côte d’ivoire, la Guinée, le Kenya, le Mali, le Nigeria, l’Ouganda,  le Sénégal et la Tanzanie – comprendra la promotion de systèmes améliorés de semences de riz, le renforcement des capacités, la réduction des pertes post-récolte, le soutien à la valeur ajoutée du riz et le développement des systèmes de riziculture.

SUCRE

Le sucre roux a terminé, mercredi soir à la bourse de New York, à son plus faible de niveau de prix en deux mois, à 20,31 cents la livre, essentiellement sur des facteurs techniques mais aussi suite à une importante livraison de sucre blanc, peut-être 500 000 t. Il se peut que ce soit du sucre d'Amérique centrale, du Brésil voire d'Inde qui soit visé, à destination du Moyen Orient et de la Chine.

Sur cette seule journée de mercredi, le contrat a perdu 3,7%, sa plus forte chute sur une seule séance de cotation depuis le mois de juillet. Quant au sucre blanc, il a terminé aussi en baisse, à $ 541,20 la tonne sur le marché  terme de Londres. Vendredi dernier à la clôture, le sucre roux cotait 21,7 cents et le blanc $ 570,50 la tonne.

Selon les chiffres publiés mercredi par le groupe industriel brésilien Unica, les raffineries de sucre de la région Centre-Sud ont broyé 31,75 Mt de canne à sucre à fin octobre contre 32 Mt en septembre ; la production de sucre a été de 2,05 Mt sur la deuxième moitié du mois d'octobre. Ceci est plus ou moins conforme aux pronostics du marché qui estimait cette production  entre 30 et 31,7 Mt de cannes broyées et entre 1,9 et 2,08 Mt de production de sucre. Selon Unica, la baisse de rendements est à attribuer à des fortes sécheresses et gelées plus tôt cette année.

Côté entreprises, l'allemand Suedzucker serait intéressé à faire de grandes acquisitions au Brésil, a déclaré lundi son directeur général Wolfgang Heer, en annonçant des bénéfices nets du groupe en hausse de 81% sur la première moitié de son exercice 2016/17.

De son côté, le sud-africain Tongaat Hulett a annoncé une hausse de 3,7% de ses bénéfices sur le premier semestre, ses bénéfices opérationnels bondissant de 73% à 825 millions de rands ($ 56,98 millions). Ceci dit, Tongaat a été impacté par la plus grave sécheresse de l'histoire de l'Afrique australe et sa production devrait progresser et atteindre 1 à 1,1 Mt contre 1,02 Mt l'année dernière. Il faudra deux ans pour que le secteur se remette de cette terrible sécheresse et pour retrouver des niveaux de l'ordre de 1,2 à 1,3 Mt en 2017/18.

 

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