17 septembre 2019 - 15:10 |

77% des ménages au Burkina n'ont pas de titres fonciers

Vendredi dernier, à Ouagadougou, la Banque mondiale a présenté son rapport sur la situation foncière dans le pays devant des représentants d’organisations de la société civile, de la chefferie coutumière et du ministère de l’Agriculture et des aménagements hydro-agricoles.

Les défis sont de taille. "La population sera de 20 à 40 millions dans 30 ans contre 9 millions en 1990. Ce qui laisse présager un risque de perte de 15% des terres agricoles dans les 10 prochaines années au détriment des 7 millions de personnes pauvres en milieu rural ", a souligné André Teyssier, auteur du rapport, rapporte lefaso.net.

La compétition pour la terre va devenir de plus en plus aigüe, comme dans les autres pays, non seulement entre ruraux mais aussi entre ruraux et citadins du fait de l'urbanisation galopante. "Les populations citadines sont passées de 1,2 million en 1990 à 5,7 millions en 2016. Ce qui provoque une pression croissante sur les terres rurales en périphérie des villes et une spéculation foncière active", a-t-il poursuivi.

Face à ces défis, la réponse juridique est faible : seuls 17 000 titres fonciers ont été délivrés, 77% des ménages ne disposant d’aucun document officiel attestant de leur droit sur leurs terres ; en milieu urbain, un tiers seulement des propriétaires a un permis urbain d’habiter (PUH), fait encore remarquer notre confrère.

Si une loi foncière a été adoptée il y a dix ans, seulement 20% des communes disposent à ce jour de services fonciers ruraux fonctionnels ; 3 250 d'atestations de possession foncière rurale (APFR) ont été délivrées, soit une moyenne de 52 APFR par commune.

Or, a rappelé Christophe Rockmore, parlant au nom du représentant résident de la Banque mondiale au Burkina, "Une gestion foncière transparente motive les agriculteurs à investir sur leurs parcelles, dès lors qu’ils ont l’assurance de pouvoir les exploiter à long terme."

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