23 juillet 2021 - 08:20 |

Secteur agricole : ces nécessaires financements alternatifs

Le secteur agricole étant la pierre angulaire des économies ouest-africaines, sa montée en puissance et sa compétitivité appellent une rationalisation de ses sources de financement. Et requiert des intermédiaires spécialisés dans la mise en œuvre de stratégies innovantes, à l’image du hedge fund OBARA Capital.

Si l’agriculture est un secteur stratégique pour de nombreux pays d’Afrique francophone, dont la Côte d’Ivoire (cacao, anacarde…) et le Bénin (coton), ces filières agricoles demeurent vulnérables face à la fluctuation des cours et du fait de leur dépendance à la pluviométrie ainsi qu’aux négociants internationaux, notamment. Ces vulnérabilités nécessitent des consolidations structurelles et des investissements qui, dès lors, requièrent des sources de financements ad hoc. Un constat qui a poussé OBARA Capital à offrir des instruments financiers innovants à des acteurs ciblés afin de faciliter leur montée en puissance.

Créé en mars 2018, ce hedge fund africain ambitionne d’apporter innovation et agilité dans la mobilisation et le déploiement des ressources financières à destination des secteurs à fort impact économique et social, à l’instar de l’agriculture. Afin d’être à la fois un catalyseur et un intégrateur de financements, OBARA Capital se positionne en bailleur de fonds et en conseil financier. Basé à Abidjan, ce fonds alternatif cible avant tout les acteurs économiques africains en quête de diversification de leurs sources de financement, d’optimisation de leurs conditions de financement ou tout simplement à la recherche d’instruments financiers sur-mesure. À tous, il propose des financements qui s’éloignent des solutions classiques proposées par les fonds d’investissement traditionnels et les banques commerciales.

Compétitivité accrue

C’est dans cette optique qu’en mars 2021, le hedge fund a accompagné la société béninoise SODECO dans sa levée d’un financement structuré de pré-exportation (71,5 millions d’euros). De quoi permettre à ce champion africain de l’égrenage de coton de se projeter avec plus d’agilité sur les marchés mondiaux, ce qui contribue à améliorer la compétitivité de la société. Sur fond de plan national de modernisation du secteur agricole, d’autres filières sont également dynamisées au Bénin, comme l’anacarde – dont le pays est le 8e producteur mondial -, qui a vu sa production et ses capacités de transformation augmenter en 2020 et 2021, ou encore le soja et le maïs.

De la même façon, le négociant de cacao ivoirien Kineden Commodities a bénéficié en avril 2021 d’une levée de fonds (4,5 millions d’euros) auprès d’EBI, filiale internationale du groupe Ecobank. Ce financement a permis au groupe de pénétrer les marchés financiers internationaux, lui conférant une plus grande marge de manœuvre financière. Conformément à la volonté politique ivoirienne, le groupe pourra consolider ses activités d’export tout en se diversifiant vers des activités à plus forte valeur ajoutée. Avec, à la clé, un gain de souveraineté économique bienvenu pour le pays après les répercussions de la crise du Covid sur la filière cacao. Celle-ci avait en effet entraîné une contestation du différentiel de revenu décent (sur les prix) par les grands négociants internationaux, ce qui avait poussé le gouvernement ivoirien à accélérer l’industrialisation de la filière et à explorer des moyens d’améliorer la compétitivité de grands négociants ivoiriens sur les marchés internationaux.

Ces deux exemples illustrent les défis majeurs auxquels sera confrontée l’agriculture africaine dans les années à venir : la hausse de la compétitivité internationale (et locale) de ses filières ainsi qu’une meilleure résilience aux chocs climatiques. Deux prérequis incontournables pour sortir de la vielle dynamique de rente fluctuante, trop instable et peu porteuse de développement. A l’inverse, un secteur agricole solide et compétitif, combiné à la productivité du continent, pourrait permettra à ce dernier de voir émerger des fleurons nationaux, vecteurs de richesse et de développement. OBARA Capital est un exemple de cette nouvelle génération d’acteurs privés susceptibles de concilier financement rationnel et innovant des opérateurs économiques et industriels, qui permettront progressivement à l’Afrique de sortir du cercle vicieux de l’aide publique au développement, facteur de corruption et d’enlisement.

 

 

Pays: 
Filières: 
Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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