29 octobre 2015 - 21:45 |

La Chronique Matières du Jeudi (29 octobre 2015)

A l'instar des autres marchés, les matières premières ont suivi une tendance à la hausse, l'indice Thomson Reuters qui regroupe 19 produits, agricoles et non-agricoles, grimpant de 2% hier soir.

 

CACAO

Le marché mondial du cacao n'a guère réagi à l'annonce de la réélection d'Alassane Ouattara à la présidence du premier producteur mondial du cacao, la Côte d'Ivoire. A Londres, la tonne a terminé hier soir en hausse de £ 10, à £ 2 185, New York gagnant pour sa part $ 22, à $ 3 219 la tonne. Une hausse qui doit essentiellement être attribuée aux transactions techniques de fonds d'investissement. Aujourd'hui, le prix de la fève a légèrement glissé.

En Côte d'Ivoire, le président Alassane Ouattara a été réélu dès le premier tour avec 83,66% des voix, a annoncé mercredi la Commission électorale indépendante (CEI). Le président sortant, qui briguait un second mandat de cinq ans, a obtenu un peu plus de 2,1 millions de voix lors du scrutin organisé dimanche, avec un taux de participation de 54,63%. Il est arrivé en tête dans 30 des 31 régions du pays ainsi qu'à Abidjan. Plusieurs candidats ont dénoncé des fraudes, mais les observateurs se sont dits satisfaits du déroulement du scrutin. Le marché mondial du cacao, qui n'était guère inquiet, est donc demeuré serein.

Sur la scène cacaoyère ivoirienne, les planteurs sont plutôt satisfaits du mélange actuel de pluies et de chaleurs, ce qui devrait booster l'humidité et assurer un bon démarrage de la campagne. Au 25 octobre, les arrivages aux ports d'Abidjan et de San Pedro ont totalisé 214 000 tonnes (t) depuis le début de la campagne, le 1er octobre, en hausse par rapport aux 164 000 t enregistrées l'année dernière sur la même période.

Côté marché, les broyages en Asie sur le 3ème trimestre ont été les plus élevés de l'année. Ils ont atteint 149 162 t sur la période juillet-septembre, soit 5% de plus qu'au 2nd trimestre. C'est le volume le plus élevé depuis le 3ème trimestre 2014.

Côté entreprises, notons que Cargill a annoncé aujourd'hui fermer en janvier une unité cacao et chocolat à Lititz, en Pennsylvanie aux Etats-Unis, et déplacerait l'activité sur son site plus moderne et productif de Mount Joy. Ses services clients et administratifs seront à Milwaukee et Minneapolis où Cargill a son siège. Notons que cette réorganisation intervient quelques mois après que la multinationale ait racheté la division chocolat de son rival ADM.

Le fabricant américain de chocolat Hershey a annoncé hier une chute de 31% de ses bénéfices trimestriels en raison de la faible demande en confiserie. Son revenu net a été de $ 154,8 millions au 3ème trimestre qui s'est achevé le 4 octobre contre $ 223,7 millions un an auparavant. Ses ventes nettes sont demeurées stables, à $ 1,96 milliard.

CAFE

L'Arabica demeure faible, à son plus bas en un mois, la pluie au Brésil demeurant le principal facteur baissier du marché. Après avoir touché $ 1,1630 lundi, l'Arabica était légèrement remonté à $ 1,19.

Le Robusta a été plus soutenu, mais un soutien maitrisé car on s'attend à une belle récolte chez le n°1 mondial le Vietnam, récolte qui est actuellement en cours. Sur l'échéance janvier, la tonne s'est située hier à $ 1 593 , en hausse de $ 16 sur la veille. Ceci dit, la décote du Robusta par rapport à l'Arabica est à son plus fort en 5 mois.

En Asie, on regorge de café! Les stocks sont abondants (entre 350 000 et 500 000 t) et la récolte au Vietnam rentre. Toutefois, comme les prix sur le marché local sont à $ 1,54-1,56 le kilo, les producteurs font de la rétention, ne voulant pas vendre en dessous de $ 1,8. Le Grade 2 5% grains noirs et brisures se vend cette semaine $ 50 à 60 au dessus du prix du contrat à terme sur janvier ; cette prime n'était que de $ 20 à 50 la semaine dernière. Quant au Grade 1, une qualité proche de celle de Sumatra, elle se vend à prime $ 100-110 contre $ 70-100 la semaine dernière.

L'Indonésie, quant à elle, vient d'achever sa propre récolte. Mais, là aussi, les producteurs font de la rétention, n'étant pas satisfaits des prix qui leur sont proposés.

A noter qu'au Rwanda, le National Agricultural Export Board (NAEB) lance une opération de distribution d'engrais avec pour objectif de doubler la productivité, de 3 kg à 6 kg par caféier.

Côté entreprises, l'américain Keurig Green Mountain bouleverse un peu la donne en voulant importer des grains de café aux Etats-Unis à travers des sites duty-free (free trade zone, FTZ), la société essayant de réduire ses frais. Elle a fait des demandes de création d'entrepôts auprès des autorités portuaires de Seattle, Virginia et New Jersey qui seraient des "zones commerciales étrangères". Les autorités de ces différents ports ont déjà donné leur accord il y a quelques mois. Reste que ces autorisations doivent être activées par les Customs and Border Protection. Keurig serait la première société américaine à enregistrer un FTZ qui permet aux entreprises d'importer des biens dans le pays sans payer de droits de douane ou ne les payer que lorsque le produit quitte la zone, souvent après avoir été transformé, permettant de bénéficier d'une fiscalité moins élevée. Rappelons que l'entreprise a déjà transféré ses opérations de sourcing du Vermont, aux Etats-Unis, à la Suisse afin de bénéficier, a-t-il été dit, d'un régime fiscal plus favorable.

CAOUTCHOUC

Le prix du caoutchouc demeure à des niveaux très faibles, les plus bas en 6 ans, ce qui suscite des achats et a permis de faire grimper légèrement les prix ces deux dernières sessions sur le marché à terme de Tokyo, le Tocom. Sur l'échéance avril, le kilo a terminé à 161,9 yens. Il avait touché 157,1 yens en début de semaine, son plus bas depuis juillet 2009.

En Thaïlande, les producteurs sont désespérés, appelant à l'aide le gouvernement. Et l'avenir n'est guère souriant car la demande en caoutchouc est faible, notamment de Chine, tandis que le prix du pétrole continue de s'affaisser, ce qui réduit d'autant le prix du caoutchouc synthétique, grand concurrent du naturel.

Selon le Groupe international d'études du caoutchouc (IRSG, de son sigle anglais), la situation de surplus sur le marché international du caoutchouc devrait perdurer jusqu'en 2020/21.

COTON

Les cours du coton se sont inscrits en hausse à la clôture du marché à terme de New York hier soir, la journée s'inscrivant cependant dans ce qu'on appelle un "inside day", c'est-à-dire une journée où le prix le plus élevé n'excède pas celui de la veille ni le prix le plus bas, soit 62, 20 à 62,90 cents la livre.

"Le marché est assez confortable dans cette fourchette de prix", estime Anestis Aramptazis, consultant gestion de risque à INTL FCStone à Nashville, dans le Tennessee aux Etats-Unis.

Côté production, certes il pleut dans une partie de la ceinture coton aux Etats-Unis, ce qui peut troubler la récolte mais les acteurs ne sont pas visiblement pas inquiets.

Le Turkménistan, quant à lui, a rempli ses objectifs et aurait récolté 1,05 Mt de coton brut au cours de la campagne 2014/15

Côté entreprises, Kanoria Africa Textiles, filiale de Kanoria Chemicals and Industries, vient de lancer son projet de $ 30 millions pour une unité de fabrication d'une capacité de 12 millions de mètres de tissu par an en Ethiopie ; le coton à fibre longue est sourcé localement, les coûts de l'énergie sont faibles et le pays bénéficie d'un libre accès sur les marchés des Etats-Unis, du Canada et de l'Union européenne. L'unité industrielle bénéficie d'un terrain de 16 acres à 50 km d'Addis Abeba

HUILE DE PALME

Aujourd'hui, les prix de l'huile de palme se sont à nouveau inscrits à la hausse sur le marché à terme directeur de Kuala Lumpur, suivant la tendance enregistrée déjà les deux dernières séances. La faiblesse de la monnaie locale, le ringitt, booste les transactions et les autres huiles végétales sont également à la hausse.  Ainsi, sur l'échéance janvier, la tonne a terminé à $ 551,78.

Ceci dit, la situation est fragile car le marché reçoit des signaux contradictoires. D'un côté, la faiblesse du ringitt rend très compétitive l'huile de palme de Malaisie mais de l'autre, la demande émanant des grands consommateurs que sont l'Inde et la Chine est attendue en baisse.

Sur la scène africaine des oléagineux, notons qu'au Sénégal le groupe français Advens aurait finalement décidé de se séparer de sa filiale Suneor, société arachidière dans laquelle elle était actionnaire majoritaire depuis 2005, lors de la privatisation de l'ex-Sonacos. Des discussions avec de nouveaux repreneurs sont annoncés.

Rappelons qu'en début d'année l'Etat sénégalais, actionnaire minoritaire, avait bloqué un accord entre le groupe Advens, présidé par Abbas Jaber, et le leader français Avril (ex-Sofiprotéol) selon lequel la société serait démantelée entre d'un côté la trituration et de l'autre le raffinage. ’’Nous avions plusieurs options depuis l’apparition des difficultés. Nous pouvions aller au contentieux, dans les tribunaux. Mais nous ne l’avons pas fait. Nous avons choisi de nous séparer à l’amiable’’, a expliqué Amadou Ba, le ministre sénégalais de l'Economie et des finances, sans toutefois évoqué le coût d'un tel accord. Le ministre a confirmé, en début de semaine, que le gouvernement ne reprendrait pas Suneor. Il n'y aurait donc pas machine arrière s'agissant de la privatisation. Actuellement, des noms de repreneurs circulent, notamment celui d'Olam…

RIZ

Les prix du riz vietnamien ont baissé cette semaine après avoir atteint un plus haut en neuf mois, tandis que ceux de Thaïlande sont demeurés stables : les opérateurs attendent les ventes de riz de la part du gouvernement afin d'alléger les énormes stocks en Thaïlande. Le 5% brisure du Vietnam a baissé à $ 375-380 la tonne FOB contre $ 370-390 la semaine dernière; les brisures 25% ont trouvé preneur à $ 360 la tonne contre $ 365.

Cette baisse est liée au fait que le riz ne trouvait plus guère d'acheteurs aux niveaux de prix atteints la semaine dernière. Toutefois, les fondamentaux sont plutôt haussiers avec des exportations du Vietnam sur les 10 premiers mois de l'année en baisse de 4,6% par rapport à la même période l'année dernière, à 5,32 millions de tonnes (Mt), selon les estimations du ministère de l'Agriculture. La Chine principal acheteur du riz vietnamien, a importé 1,39 Mt entre janvier et septembre, soit une forte hausse de l'ordre de 37,5% par rapport à la même période en 2014, selon les chiffres de la douane chinoise. Toutes origines confondues, les importations chinoises de riz ont fait un bond de 26,7% sur cette même période, à 2,31 Mt.

SUCRE

Le sucre poursuit, cette semaine encore, son ascension. Hier, mercredi, le sucre blanc a enregistré son prix le plus élevé en 8 mois sur des achats techniques et sur le raffermissement de la monnaie brésilienne, le real. A New York, le sucre roux a coté 14,58 la livre tandis que le sucre blanc, à Londres, est à $ 392,7 la tonne.

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