Un vent d’optimisme plane sur les producteurs ouest-africains de coton

 Un vent d’optimisme plane sur les producteurs ouest-africains de coton
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C’est pour la première fois en Espagne, plus précisément à Barcelone, que s’est déroulée la réunion annuelle de l’Association française cotonnière (Afcot), réunissant plus de 370 participants venant des quatre coins du monde.  L’Espagne qui a une longue tradition cotonnière, vieille de plus sept siècles, comme le rappelait le président de l’Afcot, Georges Toby. Concentrée sur l’Andalousie, la production de coton, irriguée à plus de 90%,  est essentielle pour cette région générant plus de 3500 emplois. Un secteur confronté, comme dans certains pays africains, à la sécheresse et à la baisse des rendements, mais qui bénéficie de larges subventions européennes. L’aide par livre de coton en Espagne est la plus élevée au niveau mondial avec une moyenne de 55 cents la livre en 2015/16, selon les chiffres du Comité consultatif international du coton (CCIC).

Nette reprise de la production en Afrique de l’Ouest

Après une campagne 2015/16 décevante pour l’Afrique francophone, les perspectives s’annoncent bien meilleures pour 2016/17 et cela était perceptible  sur nombre d’Africains, qui étaient souriants et courtisés. « Le coton du Mali se porte à merveille » estimait Modibo Koné, PDG de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) et président de l’Association cotonnière africaine (ACA).

En effet, dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, la production de coton remonte. S’il est encore trop tôt pour donner des chiffres définitifs, l’heure est à la reprise pour la campagne 2016/17. Le premier producteur de la zone, le Burkina Faso,  qui est dans une année de transition avec l’abandon total des semences OGM, table sur 750 000 tonnes (+29% par rapport à 2015/16). La production du Mali atteindrait un record de plus de 650 000 tonnes (+27%) tandis que celle de la  Côte d’Ivoire progresserait de 16% à 360 000 tonnes ou celle du Bénin de 38%.

Une production en hausse avec des prix rémunérateurs, bien au-dessus du coût de revient mais aussi supérieurs aux cours mondiaux.  Une grande partie de la récolte 2016/17 à venir a déjà été vendue et les prix ont été élevés jusqu’au plus de FCFA 1000 le kilo.  Aux cours internationaux du coton relativement fermes ces douze derniers mois s’ajoute un autre facteur positif, un dollar fort.

 

Évolution du cours du coton à New-York

Source : Reuters

 

Quand la Chine reviendra sur le marché

Les prix du coton de la campagne en cours devraient se maintenir dans une fourchette de 62-75 cents la livre mais à plus long terme on sera plus haut estime un négociant. Et la hausse des cours viendra une nouvelle fois de la Chine. « La problématique à long terme est que les Chinois sont en train de régler leur problème de réserves stratégiques et c’est l’une des raisons de la venue des fonds spéculatifs sur le coton.  A la  fin de l’année 2017, les Chinois n’auront probablement plus que 5 à 6 millions de tonnes (Mt) de coton dans leur réserve au lieu des 11 Mt. » précise-t-il.  A ce niveau, le négociant estime que la Chine arrêtera la vente de ses réserves et deviendra alors à nouveau un importateur massif de coton compte tenu de la taille de sa production de coton – 4Mt – face à une consommation de 7,5 Mt.  Or,  le reste du monde ne peut pas actuellement leur fournir ce coton. Les prix du coton grimperont alors vers les 80-90 cents la livre. A un bémol près, indique le négociant : « La seule raison pour laquelle les investisseurs pourraient sortir de leur position longue, qui est record, c’est un problème macroéconomique comme  la faillite de la Deutsche Bank ».

Des perspectives donc plutôt favorables  pour les producteurs ouest-africain de coton. Toutefois, le challenge demeure l’accroissement des rendements, la seule variable d’ajustement  ne pouvant être  que le prix du coton graine.

 

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