09 octobre 2020 - 16:54 |

Agroforesterie et biochar pour développer les oasis du Sahara mais pas seulement

A Timimoun, dans le sud de l’Algérie, un ancien cadre du ministère de l’Agriculture et ancien directeur des programmes innovation et développement de Pro-Natura International, Mohamed Bouchentouf, a lancé en 2019 des micro-fermes écologiques dans les oasis dans le cadre d'un projet nommé « la Clé des Oasis ». Il met en évidence que l’utilisation de pratiques agroécologiques de pointes et l’utilisation du biochar -un intrant agricole naturel 100 % écologique- permet une augmentation des rendements de la production et de la qualité des aliments, souligne l’ONG Pro-Natura International.

Une démonstration de plantation est réalisée sur un hectare selon un système de culture réparties sur cinq étages. Elle permet des économies en eau, en terre, en énergie, en intrants et en temps de travail. Cette pratique extrêmement rentable permettrait la création de 600 000 emplois si elle était généralisée à l’ensemble des oasis du pays.

Rappelons que Pro-Natura promeut depuis 2008 le biochar. L’intrant a la qualité de conserver l’humidité du sol et permet d’économiser 80 % d’eau ; il améliore la résistance des cultures face aux éléments (tempêtes de sables, fortes températures) et augmente les rendements de cultures de 50 à 200 %. Par ailleurs, l’intrant conserve son effet fertilisant au cours de centaines d’années, est-il indiqué. Concrètement l’implantation du biochar dans les cultures augmente la production annuelle de pomme de terre (+102 %), d’orge (+140 %), de blé dur (+125 %), de fèves (+99 %), de navet (+ 186 %), de laitue (+ 34 %), de céleri branche (+140 %), de gambo (+25 %) et de courgette (+46 %).

Ces deux prochaines années, l’objectif de l’organisme est de créer un centre de formation spécialisé dans l’innovation agro-écologique adapté aux régions sahariennes. Ces trois prochaines années, il est convenu que cette expérience soit reconduite dans 10 autres oasis du Sahara algérien, puis dans d’autres pays de la région sahélienne.

Du Sahara au Nigeria, Gambie, Ghana

D’après Africa Biochar Partnership, il existe deux associations nationales actives dans les pays africains. Au Nigeria, il s’agit de l’Initiative biochar du Nigeria (BIN) créée en 2015 à l’Université Bowen de la ville Iwo dans l’Etat d’Osun. Ainsi, que le Biochar network Gambia (BNG) lancé en 2017 à Banjul.

Au Ghana, l’Allemagne finance la création d’une usine de 400 kW qui produira de l’électricité -dès 2023- à partir de déchets dont les résidus (le biochar) pourront être réutilisé dans l’agriculture comme fertilisant. En outre, ces derniers mois, toujours au Ghana, on note la tenue d’un atelier à Tamale, au Ghana, qui réunit les partisans du gouvernement, des universitaires et des ONG pour examiner les projets de biochar, recueillir les commentaires des agriculteurs et discuter des étapes futures.

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