10 juillet 2020 - 17:14 |

Une difficile campagne agricole 2020-2021 s’annonce au Niger ?

La campagne agricole 2020 au Niger ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Le directeur général de la Protection des végétaux (DGPV) au ministère de l’Agriculture et de l’élevage, Bounia Yahaya, témoigne du manque de ressources pour renouveller les stocks en pesticides de l’organisme, le manque d’appareils et d’équipements de protection individuelle, ainsi qu’un nécessaire rétablissement de la logistique terrestre et aérienne de la DGPV, souligne l’Agence nigérienne de presse (ANP).

Des dispositions ont été prises avec l'acquisition de 157 000 litres de pesticides dont 22 000 litres déjà positionnés au niveau des régions pour une couverture de 157 000 hectares. Mais les moyens humains et matériels manquent considérablement.

L’organisme bataille notamment contre le cas de la chenille mineuse de l’épi du mil, responsable de la destruction de champs  entiers de mil. Un programme de lutte biologique est développé depuis plusieurs années par la DGPV. Il consiste à élever au laboratoire des élevages en masse d’Habrobracon hebetor, un ennemi naturel de cette chenille, et procéder à des lâchers dans les champs de mil infectés. On compte 31 500 sacs de lâchers prévus pour 2100 villages et 6 000 000 ha de mil à protéger pour la campagne.

Concernant les engrais, AfricaFertilizer  dans son dernier bulletinindique que les communautés locales du Niger s’approvisionnent en engrais via le Bénin, le Togo, le Mali et le Nigeria. En juin, les prix des engrais issus du Bénin et du Togo sont en hausse, tandis que ceux issus du Nigeria semblent stables. Plus précisément, à Agadez, les négociants s’inquiètent déjà du risque de pénurie d’urée alors qu’aucune difficulté ne semble se manifester. A Diffa, la situation est différente, les quantités de NPF 15-15-15 sont presque épuisées. Une rupture de NPK également proche dans la région de Maradi et de Tahoua. Les prix de l’urée se maintiennent à Agadez (FCFA 17 000 le sac de 50 kg) et à Diffa (FCFA 18 000) ; augmentent à Dosso de FCFA 250 (FCFA 12 000) ; et baissent de FCFA 1000 à Tahoua (FCFA 12500).

Rappelons que le 30 mai dernier, l'ANP relayait les termes du ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Albadé Abouba, face au Parlement nigérien, qui témoignait que la campagne 2020 se déroule dans des conditions extrêmement difficiles à cause de l’insécurité, la récession économique, le changement climatique et la Covid-19. Le plan de campagne agropastorale du gouvernement 2020/21 est évalué à FCFA  39 milliards (€59 455 millions), dont FCFA  17 milliards inscrits dans la loi des finances 2020. L’objectif du gouvernement est d’acquérir 8 157,99 tonnes de semences améliorées. Le besoin d’engrais cette année est de 200 000 tonnes. Mais les agriculteurs vont bientôt devoir composer avec une crise chez les éleveurs du pays.

En effet, les difficultés touchent également les éleveurs. Le 1er juillet, Elh Al-Mansour Mohamed, secrétaire général du collectif des Associations pastorales du Niger (CAPAN) témoignait au micro de la radio nigérienne Studio Kalangou,  en rappelant le lourd contexte supporté par les éleveurs. L’insécurité des éleveurs imposent de nombreuses migrations, l’ensemble des réfugiés s’amassent autour des villes et provoquent une surcharge du système et annonce de futures tensions avec les agriculteurs. En outre, les éleveurs n’arrivent pas à vendre leurs marchandises à cause de la fermeture des frontières. « Les éleveurs passent de marchés en marchés et ne se vendent pas. […] Dans certaines zones des animaux commencent à tomber », témoigne le secrétaire général. En outre, la situation se dégrade, « les aliments de bétails ne sont pas disponibles partout ». La bonne nouvelle réside dans le fait qu’il n’existe pas de maladies dans les cheptels.

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