La chronique Matières du Jeudi (24 novembre 2016)

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La monnaie brésilienne, le real, a plongé  mercredi soir face au dollar, impactant un certain nombre de matières premières qui lui sont très liées comme le café ou encore le sucre. Quant aux fonds d'investissement et spéculatifs, ils continuent à vendre sur les marchés des matières premières, attirés par les places financières qui enregistrent une forte performance actuellement.La semaine est écourtée par la fermeture jeudi des marchés aux Etats-Unis pour la fête de Thanksgiving. Ils rouvriront vendredi.

CACAO

Les perspectives de récolte chez le n° 1 mondial, la Côte d'Ivoire, s'améliorent, ce qui pèse sur les cours du cacao. Toutefois, l'approche de la saison sèche pourrait changer la donne. Sur la période sous revue, depuis vendredi dernier, le cacao s'est inscrit à la hausse à New York terminant mercredi soir à  $ 2 439 sur l'échéance mars contre $ 2 425 vendredi, mais en baisse à Londres à £ 2 007 la tonne contre £ 2013.

Dans son rapport sur les Perspectives 2017, Rabobank voit un excédent en 2017/18, et ce pour la deuxième campagne consécutive. La demande en chocolat, tant en Europe qu'aux Etats-Unis, se stabilise alors qu'en Asie, les ventes continuent à bien se porter.

En Côte d'Ivoire, le Conseil du café-cacao (CCC) a publié la liste des entreprises ayant des licences d'exportation pour la campagne 2016/17, soit un total de 105 entreprises, ivoiriennes et étrangères, dont 12 nouvelles (lire nos informations). 

Au 20 novembre et depuis le 1er octobre, les arrivages de fèves aux deux ports ivoiriens ont totalisé 387 000 t, en chute de 16% par rapport aux 463 000 t à la même période l'année dernière, estiment les exportateurs.

En Indonésie, l'industrie cacaoyère estime ne transformer que 360 000 t de fèves en 2016 comme en 2015, mais en baisse de 10% sur 2014. Deux raisons à cela : la baisse de la production locale de cacao qui ne serait que de 320 000 t en 2016, comme en 2015, et les restrictions à l'importation. En effet, en février, le gouvernement a notifié que les fèves de cacao devaient être vérifiées en laboratoires avant d'être expédiées en Indonésie pour s'assurer qu'elles ne sont pas contaminées. De ce fait, l'industrie n'a guère pu importer tout au long du premier semestre car nombre de laboratoires à l'étranger ne sont pas conformes aux standards indonésiens, a expliqué Sindra Widjaja, directeur exécutif de l'Association indonésienne de l'industrie du cacao. Il anticipe que ces importations baisseraient de 10% sur 2016 par rapport à 2015 lorsqu'elles totalisaient 50 000 t.

Le responsable estime cette nouvelle réglementation trop contraignante car la fève connait un processus important de transformation et de préparation et, par conséquent, le risque encouru par une contamination éventuelle est limité. D'autre part, les fèves de cacao sont imposées à hauteur de 17,5% à leur entrée en Indonésie, alors qu'elles ne le sont pas du tout en Malaisie ou à Singapour, rapporte Reuters.

Cette baisse de transformation locale de fèves à laquelle s'ajoute cette contrainte à l'importation de fèves ont pour conséquence la hausse des importations de poudre qui ont bondi de 40% de janvier à septembre, à 12 500 t, selon les données de l'agence gouvernementale de statistiques.

Rappelons que ces dernières années, le n°3 mondial du cacao a importé des fèves notamment d'Afrique de l'Ouest afin de ravitailler ces usines de transformation. Quant à l'exportation  de fèves, le gouvernement a annoncé mardi que la taxe d'exportation serait de 5% et non plus de 10% au mois de décembre.

Côté entreprise, le confiseur britannique Cadbury a conclu un partenariat avec Fairtrade pour lancer le  Cocoa Life Program. Objectif : s'assurer du bien-être à long terme des communautés de producteurs de cacao. Les produits obtenus auprès de ces communautés auront un label Cocoa Life Program. La mise en place de ce programme requiert de la maison mère de Cadbury, Mondelez, un investissement de $ 400 millions jusqu'en 2022. Cette initiative devrait toucher 200 000 agriculteurs, soit 1 million de personnes,  en Côte d'Ivoire, Ghana, Indonésie, République dominicaine, Inde et Brésil.

CAFÉ

Les prix de l'Arabica ont chuté, à la clôture des marchés à New York mercredi soir, à leurs plus faibles niveaux en 6 semaine, impactés par la chute du real face au dollar et par la vente des fonds de spéculations de leurs positions longues. En outre, il pleut au Brésil ce qui est de bon augure pour la prochaine campagne.

La livre d'Arabica a terminé à $ 1,577 contre $ 1,621 vendredi dernier. Le Robusta, sur l'échéance janvier, a terminé également en baisse, à $ 2 046 la tonne contre $ 2 152 vendredi. En effet, la récolte de café Robusta chez le n°1 mondial, le Vietnam, bat son plein, ce qui pèse sur le marché.

Ceci dit, rappelons que le prix du Robusta a grimpé de 35% environ depuis le début de l'année, face à une offre étroite car les récoltes en Indonésie et au Brésil ont été faibles ; les perspectives au Vietnam n'étaient pas très bonnes n'ont plus. En réalité, depuis le mois d'octobre, le Robusta oscille dans une fourchette de $ 200, entre $ 2000 et 2200 la tonne.

Le président de l'association brésilienne des exportateurs de café, Cecafe, Nelson Carvalhaes estime que les exportations de café en 2016 au Brésil seront de 33 à 34 millions de sacs de 60 kg, comprenant le café vert, le soluble et le torréfié, contre 37 Ms en 2015.

Le département américain de l'Agriculture (USDA) a révisé à la hausse ses estimations de production en Colombie, à 14 Ms contre 13,6 Ms antérieurement de café vert équivalent. En effet, ces deux dernières années, le pays n'a été que marginalement affecté par El Niño et l'Institut colombien de météorologie vient de réduire la probabilité que La Niña sévisse.

CAOUTCHOUC

Les cours  caoutchouc  sur Tokyo Commodity Exchange (Tocom)  ont atteint mardi  des sommets de 17 mois, étendant leurs gains dans une deuxième session, portés par une forte augmentation des contrats à terme sur Shanghai causée par  des achats spéculatifs alors que des prix du pétrole plus fermes ont également soutenu les cours.  Le contrat de caoutchouc livraison avril a gagné 5,4, yens à 229,5 yens ($2,07) le kilo. « Les contrat à termes du caoutchouc  à Shanghai ont attiré beaucoup de nouveaux fonds provenant de spéculateurs avec en toile de fonds des interrogations  sur le ralentissement de la  production en Thaïlande et une plus forte demande en Chine » indique,Jiong Gu,  analyste chez Yutaka Shoji Co.

Aidé par la reprise de certains marchés de matières premières, comme le charbon et de l'acier,  et des signaux encourageants du premier acheteur mondial  la Chine,  ainsi que nouvelles règles plus strictes de Pékin sur le camionnage  qui devraient stimuler à la  hausse la demande pour les camions, les prix du caoutchouc ont grimpé de plus de 50 % depuis la fin août.

Le contrat de caoutchouc pour la livraison janvier sur le marché à terme de Shanghai a bondi de 970 yuans pour terminer 17 575 yuans ($2 551,91).

« A court terme, la demande en aval pour le caoutchouc est assez bonne, comme la demande de pneus" » souligne Quan Shuwen, analyste à Okachi, ajoutant que le prix du caoutchouc devrait encore augmenter.

COTON

Début de semaine calme et plate pour les cours du coton qui ont peu évolué dans l’attente du premier jour de notification mercredi du contrat de décembre tandis que les marchés sont fermés jeudi pour Thanksgiving.

La Chine va fusionner la China National Cotton Reserves Corporation (CNCR), qui gère les réserves de coton, avec la China Grain Reserves Corporation (Sinograin). Cette fusion fait partie des efforts de réorganisation des entreprises d’Etat. La CNCR a vendu 2,5 millions de tonnes de coton cette année, et table sur un volume similaire pour 2017.

En Inde, la décision inattendue et sans précédent du gouvernement  le 8 novembre de supprimer les billets de banque de 500 à 1000 roupies de son système financier a provoqué une situation de panique générale dans le pays mais a eu aussi un impact sur le coton. En effet, la décision a retardé les exportations d’un million de balles de coton, les producteurs préférant être payés en espèces ont reporté leurs ventes. Le resserrement de l'offre a entraîné une hausse des prix en Inde à des niveaux plus élevés que sur le marché mondial. Cela pourrait conduire les acheteurs à se tourner vers d'autres producteurs comme les États-Unis, le Brésil et les pays africains. Cela pourrait également freiner les exportations totales de l'Inde pour la campagne de commercialisation 2016/17 qui a commencé le 1er octobre.

Projetant une récolte exceptionnelle de 35 millions de balles, les exportateurs indiens avaient contracté 2 millions de balles pour des expéditions sur novembre- janvier en Chine, au Vietnam, au Bangladesh et au Pakistan. Mais, ils n’ont jusqu’à présent réussi à n’exporter que 300 000 balles.

HUILE DE PALME

Semaine plutôt haussière, les cours de l’huile de palme étant soutenus par la faiblesse du ringgit et les gains enregistrés pour son rival, l’huile de soja sur le Chicago Board of Trade (CBOT) et le Dalian Commodity Exchange. Jeudi, les cours ont grimpé de 4% atteignant un plus haut de quatre ans, le contrat de février a clôturé à 3004 ringgits la tonne. Une hausse provoquée par l’annonce de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) de lever à 4,28 milliards de galons sa prévision d’utilisation du biodiesel  aux Etats-Unis en 2017, soit 280 millions  gallons de plus par rapport à son objectif de mai. Annonce inattendue qui a propulsé les cours de l’huile de soja à 36,85 cents la livre, en hausse de 6,9%.

La production d’huile de palme de Malaisie a chuté de 2,2% au mois d’octobre, par rapport à septembre. Quant aux exportations du 1er au 20 novembre, elles reculent de 8%.

RIZ

Les prix à l'exportation du riz en Thaïlande ont  progressé  cette semaine grâce aux négociations sur une éventuelle demande de la part des entreprises privées des Philippines, tandis que les prix au Vietnam ont touché un plus bas de sept semaines face à une faible demande.

Plus globalement les ventes tant de la Thaïlande que du Vietnam ont été faibles au mois d’octobre en partie parce que les pays importateurs étaient bien couverts avec des stocks suffisants.

Le Thaï 5% a augmenté à $350- $359 la tonne contre $342- $345 la tonne la semaine dernière.

Le Viet 5% est tombé à $340- $350 la tonne contre $347- $350 il y a une semaine.

Les exportations de riz du Vietnam entre  le 1er janvier et le 15 novembre ont chuté de 24,7% à 4,36 millions de tonnes,  selon les douanes.

BMI Research  déclare dans un rapport publié le 18 novembre que  « La demande d'importation diminuera en 2017,  car certains des plus grands importateurs traditionnels, y compris les Philippines et l'Indonésie, verront leur offre intérieure se redresser en 2016/17 ».  

Les Philippines espère limiter les importations de riz à 500 000 tonnes l'an prochain, selon une déclaration mardi du ministre de l'Agriculture.

SUCRE

Le sucre roux a terminé, mercredi soir, à son plus faible prix sur le marché à terme de New York depuis le 1er septembre, en dessous de la barre des 20 cents, à 19,58 cents la livre ; il était à 20,15 à la clôture vendredi dernier. Depuis son pic de 23,90 cents atteint début octobre, le prix du sucre roux a perdu 17%. Le sucre blanc lui a emboité le pas, perdant $ 4,10 à la clôture, à $ 522,40 la tonne contre $ 535,90 vendredi.

Euronext envisage de lancer son contrat à terme européen sucre au premier trimestre 2017 au lieu de fin 2016. Ainsi, l'introduction de ce nouveau contrat sera plus proche de la fin du système européen des quotas qui actuellement limite la production et offre des prix minimaux. Ce contrat portera sur du sucre blanc, en euros avec des livraisons physiques possible.

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