16 avril 2020 - 16:31 |

Etats-Unis, Europe, Chine à la rescousse de leurs agricultures ; l'Afrique et la FAO se concertent

Face aux répercussions de la pandémie du Covid-19 sur l'agriculture et l'alimentation, le Département américain de l'Agriculture (USDA) dépenserait $ 15,5 milliards dans la phase initiale de son plan pour booster la chaîne d'approvisionnement alimentaire du pays, expliquent à Reuters des sources avisées. Cette annonce -attendue pour cette semaine mais rien ne figure à ce jour sur le site de l'USDA- marquerait le premier gros coup de pouce donné par l'administration Trump à la chaîne alimentaire afin d'éviter des pénuries alors que les abattoirs ferment les uns après les autres, les producteurs laitiers déversent leur lait et les agriculteurs cherchent désespérément de la main d'œuvre pour aller dans les champs.

Ces $ 15,5 milliards font partie de l'enveloppe de $ 23,5 milliards approuvée le mois dernier par le Congrès dans le cadre du plan global  économique colossal de plus de $ 2 trillions -Coronavirus Aid, Relief and Economic Security (CARES) Act- entré en vigueur le 27 mars. Ces premiers $15,5 milliards viendront en soutien à l'agriculture et permettront, notamment, de payer directement les agriculteurs et éleveurs. Le reste de l'enveloppe sera décliné au fur et à mesure que les sommes seront rendues disponibles

Comment sont financés ces $ 23,5 milliards ? Tout d'abord, dans le CARES Act, $ 9,5 milliards ont été alloués directement à l'USDA -qui l'a déjà en caisse- pour soutenir de suite les éleveurs, les maraîchers et d'autres qui vendent par l'intermédiaire des marchés. Deuxièmement, toujours dans le CARES Act, $ 14 milliards ont été étiquetés pour abonder la Commodity Credit Corp (CCC) qui est une autorité de financement de l'USDA créée durant la Grande Dépression des années 1930 et dans laquelle l'administration Trump a régulièrement puisé ces derniers temps pour compenser les manques à gagner des agriculteurs liés à la guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine ces deux dernières années. Actuellement, le CCC a $ 6 milliards en caisse qui devraient être utilisés de suite par l'USDA pour soutenir cette première phase de soutien à l'agriculture.

Vers une hausse du budget agricole de l'UE

Côté européen, hier, la commission de l’agriculture a débattu avec son commissaire en charge de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, "de la manière d’aider les agriculteurs à fournir des aliments en pleine pandémie de Covid-19." Jusqu''ici, la Commission avait annoncé le 2 avril un certain nombre de mesures pour aider le secteur agro-alimentaire. Il s'agit essentiellement de mesures pour introduire une flexibilité "exceptionnelle" dans l’utilisation des fonds du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et d’autres instruments de la PAC pour aider les agriculteurs à faire face à la crise. Par exemple, l'octroi de prêts ou garanties à des conditions favorables pour couvrir les coûts opérationnels jusqu’à € 200 000 pour un agriculteur,  la réaffectation des fonds agricoles non utilisés afin de financer des actions liées au Covid-19 dans les zones rurales, le prolongement d'un mois du délai concernant les demandes de paiement au titre de la PAC, etc.

Hier aussi, le Parlement européen a adopté une proposition de résolution sur une action  coordonnée de l'UE face au Covid-19. Dans ce cadre, un chapitre est dédié à la sécurité alimentaire. Objectif : "protéger l'approvisionnement alimentaire sur le marché intérieur et garantir la libre circulation, y compris des intrants et des travailleurs nécessaires à la production de denrées alimentaires" et accorder "un soutien financier, une sécurité et une stabilité" au secteur agricole. A noter que le Parlement évoque "la nécessité d'augmenter le budget de l'agriculture dans la prochaine période de programmation".

La Chine oeuvre différemment

En Chine, entre autres mesures, le gouvernement a réduit le coût des garanties de crédit et a alloué $ 200 millions du fonds de soutien à la production agricole en cas de désastre pour des cultures majeures comme le riz, le blé, entre autres, ces crédits étant essentiellement orientés vers la province de Hubei. Par ailleurs, des mesures ont été prises comme la reprise différenciée du travail agricole en fonction des régions touchées ou non par le virus. Quant à la disponibilité en intrants, le gouvernement a organisé des flux d'intrants de régions excédentaires vers celles déficitaires et à alléger les procédures administratives ; les industries de fabrication ont repris le travail.  

Quid de l'Afrique ?

Quant à l'Afrique, l’Union africaine (UA) n'a pas encore annoncé de plan continental. Les ministres  de l’Agriculture des différents pays et la FAO organisent en ce moment même une réunion virtuelle avec du continent afin de discuter des implications de la pandémie du COVID-19 sur la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique.

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