20 juin 2019 - 16:54 |

Pêche : transformation ou sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, Greenpeace pose la question

Dans un nouveau rapport Poisson détourné – La sécurité alimentaire menacée par l’industrie de la farine et de l’huile de poisson en Afrique de l’Ouest , l’ONG Greenpeace estime que le développement de ces industries en Gambie, en Mauritanie et au Sénégal tournées vers l’exportation non seulement menace les stocks des poissons mais aussi affecte les moyens de subsistances et la sécurité alimentaire des populations locales.

Des décennies de surpêche et d’incurie gouvernementale ont entraîné la dégradation des réserves halieutiques régionales. Aujourd’hui, avec le développement de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson, le problème atteint un seuil critique : le poisson est détourné de l’assiette des populations au profit de fermes piscicoles, porcines ou avicoles dans des marchés lointains. Les produits de la pêche, qui autrefois bénéficiaient aux pêcheurs artisans et aux femmes transformatrices, permettaient de nourrir les familles les plus démunies ; ils sont désormais exportés pour alimenter des exploitations d’animaux d’élevage. Cela n’a pas de sens” déclare dans un communiqué Ibrahima Cissé, responsable de la campagne Océans de Greenpeace Afrique.

La situation est particulièrement critique en Mauritanie avec 33 industries en activité sur les 40 recensées dans les trois pays. Les exportations de farine et huile de poisson ont doublé entre 2014 et 2018 et Greenpeace estime que près de 500 000 tonnes de poissons pélagiques ont été pêchées pour approvisionner les usines de transformation mauritaniennes.

Greenpeace Afrique demande aux gouvernements des trois pays d’Afrique de l’Ouest et aux entreprises de faire face à leurs responsabilités en protégeant les précieuses réserves halieutiques de la région, et d’accorder la priorité au respect des droits fondamentaux, à la sécurité alimentaire et à une vie décente pour les pêcheurs artisans et les femmes transformatrices indique le communiqué. “L’assiette des Africaines et des Africains doit passer avant les intérêts des élevages industriels”, conclut Ibrahima Cissé.

En outre, le changement climatique impactera les stocks de petits poissons pélagiques. Ainsi une étude citée par Greenpeace montrerait que d’ici à 2050, les rendements au en Mauritanie, en Gambie et au Sénégal devraient chuter d’environ de 10 à 15% par rapport aux captures de l'an 2000 où les captures étaient moins nombreuses.

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