23 avril 2020 - 12:55 |

Les produits en coton en provenance de la région du Xinjiang en Chine sur la sellette

Au début du mois de mars, l’Institut australien de stratégie politique (ASPI) dénonçait le travail forcé de plus de 80 000 détenus de la minorité musulmane ouighour transférés vers des usines de la région du Xinjiang au nord-ouest de la Chine. Ces usines travaillent pour 83 des plus grandes marques internationales dans l’électronique (Apple, Sony, Samsung, Microsoft, Nokia…), dans le textile (Adidas, Lacoste, Gap, Nike, Puma, Uniqlo, H&M…) ou encore l’automobile (BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, Land Rover, Jaguar…). "Des usines recourent au travail forcé des Ouïghours dans le cadre d’un mécanisme de transfert encadré par l’État (chinois), ce qui entache les chaînes de production à l’échelle mondiale" affirme ASPI.

Aujourd’hui, Global Legal Action Network (Glan) et le World Uyghur Congress (Wuc) ont adressé une lettre au gouvernement britannique, plus précisément au HM Revenue and Customs (HMRC), pour l’exhorter à mener une enquête et à suspendre les importations de produits en coton de la région du Xinjiang où « des preuves accablantes » montrent le recours généralisé au travail forcé impliquant des Ouïghours de Chine dans son industrie cotonnière. La lettre cite un certain nombre de sociétés qui ont récemment acheté des produits en provenance de la région du Xinjiang, notamment Muji, Uniqlo, Ikea et H&M. « Nous soutenons que les importations actuelles impliquant du travail forcé à une telle échelle violent les principes britanniques interdisant l’importation de biens fabriqués en prison et doivent être interrompues par les autorités douanières britanniques » souligne l’ONG indépendante. « GLAN fait valoir que le gouvernement britannique a la responsabilité juridique de résoudre ce problème»,  a déclaré le Dr Eva Pils, conseiller juridique de Glan et professeur de droit à la Dickson Poon School of Law du King's College de Londres. Une action en justice est envisagée si le gouvernement britannique ne réagit pas. Aux États-Unis, les législateurs ont proposé une législation visant à empêcher l'importation de biens fabriqués par le travail forcé dans le Xinjiang.

Quant à la Chine, elle affirme que les camps sont conçus pour éradiquer le terrorisme et fournir des compétences professionnelles, et nie avoir recours aux Ouïghours pour le travail forcé. Plus de 80%  du coton produit en Chine provient du Xinjiang, région qui abrite environ onze millions d'Ouïghours.

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