23 juillet 2020 - 12:29 |

Les petits plats "Made in Togo" de plus en plus "tendance"

"Si nous sommes capables d’exporter vers le marché européen, très exigeant, c'est que nous avons atteint un très haut standard concernant les normes de qualité". Et donc, pourquoi les consommateurs togolais ne consommeraient-ils pas avant tout des produits togolais ? Tel est l'objectif affiché du ministre de l’Agriculture, Noël Bataka, en lançant hier une nouvelle campagne médias destiné à promouvoir la production locale auprès des consommateurs.

Les initiatives en tous genres se multiplient même si les volonté tant politiques qu'entrepreneuriales ne datent pas d'aujourd'hui. Ainsi, au niveau gouvernemental, début juillet, la ministre du développement à la base Victoire Tomégah-Dogbé rappelait les nombreux mécanismes qui accompagnent la production et la consommation des produits locaux par les jeunes entrepreneurs togolais : le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAEIJ), le Mécanisme inclusif de financement agricole fondé sur le partage de risques (MIFA SA), le Projet d’appui aux économiques des jeunes dans les secteurs porteurs (PAEIJ SP) ou encore l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA) et la Haute autorité pour la qualité et l’environnement (HAUQE) qui permet au consommateur togolais d'être rassuré sur la qualité.

Les produits locaux au Resto-U

En octobre dernier, l'Organisation pour l'alimentation et le développement local (OADEL), structure qui promeut le Salon International de l’agriculture et de l’alimentation de Lomé, a lancé une campagne pour promouvoir le "consommer local" au restaurant universitaire de Lomé. Car, depuis longtemps, l'OADEL déplore qu'"il existe plus de 500 produits locaux de toutes variétés qui ne sont pas bien connus et intégrés dans les mets et menus des hôtels et restaurants", rapporte TogoFirst. Rappelons que des jeunes Togolais membres de l'OADL avaient lancé en 2013 le fameux BoBaR, à la fois boutique, bar et restaurant avec un dénominateur commun : les produits locaux. Dans un article publié en février, Jeune Afrique écrivait : "À ses origines, la BoBaR collaborait avec une quarantaine de transformateurs. Sept ans plus tard, ils sont près de 200. Plus de 400 produits sont aujourd’hui disponibles dans les rayons."

Les start-ups gourmandes

Les initiatives privées ne manquent pas comme en janvier, Nadou Ahoéfa Agboké qui a ouvert à Lomé (carrefour GTA) le restaurant "La République" qui cuisine les produits des 5 régions du Togo. Côté services, on mise aussi sur la consommation locale de produits locaux. En sont pour exemple la plateforme togolaise « Bouge avec le 228 » qui promeut depuis début juillet le télé-achat ou encore le lancement il y a deux mois de l'application Kaba pour la livraison à domicile de restaurants.

Du circuit touristique à la vente d'oeufs

Des entreprises se sont adaptées aux contraintes liées au Covid pour se tourner, elles aussi, vers la production locale, parfois en marge de leur activité première. C'est le cas de Jeremies Atevei Pimizi, 30 ans, qui a lancé en 2018 l'agence de voyage Mowoki Tours. Mais avec la fermeture des frontières et l'arrêt de son activité touristique, il s'est diversifié en en faisant bénéficier les personnes et communautés rurales habituellement impliquées dans ses tours et circuits touristiques. Il a créé Pims Farm qui achète des poulets et des œufs à ces derniers pour les distribuer au Togo.

Des produits locaux, de qualité et souvent bio. Rappelons que le Togo est le premier fournisseur d’Afrique sub-saharienne en produits agroalimentaires biologiques sur le marché européen en 2019 et que cette filière est en plein essor puisque ces importations européennes en provenance du Togo ont fait un bond de 102% entre 2018 et 2019 pour s’établir à 44 983 tonnes (lire nos informations : Le Togo, premier fournisseur africain de produits alimentaires bio de l’Europe).

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